L’Odyssée — Christopher Nolan

Nous sommes allés voir un film de fantasy basé sur une duologie — deux romans qui se suivent — qui a connu un grand succès, signée par un certain Aède Homère.

Dans le premier tome, on voit une expédition militaire pleine de héros se mettre en place et attaquer une grande et noble cité au bord de la mer. Le deuxième tome est une sorte de spin-off qui se concentre sur l’un des héros les plus rusés de tous, Ulysse, alors qu’il rentre chez lui après la bataille.

Comme tous les films de fantasy contemporains, celui-ci est plutôt long — presque trois heures — avec des décors naturels incroyables, des effets spéciaux, des scènes de bagarre, et un casting all-stars. Bref, c’est assez classe.

Malgré l’histoire hyper connue, le réalisateur parvient à offrir des visions et des images originales : le cheval abandonné sur la plage, le cyclope, la paroi séparant le monde des hommes de celui des femmes dans le palais d’Ithaque…

Je sais bien que les décors et costumes sont un patchwork d’époques et d’influences, de l’âge du bronze à la Grèce classique en passant par l’imagerie hollywoodienne du péplum et la pop culture, mais ils parviennent à créer un monde auquel j’ai cru.

Il y a vraiment beaucoup de choses que j’ai aimées dans ce film : l’ambiance oppressante du palais envahi de prétendants, l’attitude et le sens politique de la reine, l’arc qui chante, les hommes qui meurent et se chient dessus entassés dans le ventre du cheval, la présence des dieux — Zeus, Poséidon ou Athéna —, la scène de la visite chez Ménélas…

J’ai aimé la manière dont les personnages sont écrits, et la façon dont le film mobilise quelques concepts d’histoire ancienne (la fin de l’âge du bronze, les peuples de la mer) pour nous parler d’un monde idéal et rêvé, celui des échanges et de l’hospitalité.

Backrooms — Kane Parsons

Nous avons eu la chance de recevoir l’incomparable Sabrina C à la maison ces derniers jours et elle nous a fait découvrir les backrooms : la série de vidéos originales, puis le film. Parler de tout ça avec elle était tout à fait passionnant et va donc connoter positivement cet objet culturel, qui m’a fait penser à la fondation SCP.

J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir les vidéos, certaines très effrayantes et d’autres carrément amusantes (le plan de A-Sync pour monétiser les lieux). Le film en propose une variante intéressante, même si réduisant un peu le mystère. Ca reste un film tout à fait bien écrit et amusant à suivre.

Je recommande l’ensemble: les vidéos YT + le film + avoir Sabrina comme guide.

Tumbbad — Rahi Anil Barve

Voilà une expérience vraiment spéciale, surtout pour nous qui n’y connaissons rien au cinéma indien. Ce film était présenté dans la sélection « Latenium » du NIFFF, qui montrait cette année de 25ème anniversaire des deux institutions (le NIFFF et le Latenium) des films fantastiques liés au thème de l’archéologie.

(Parenthèse: le Latenium est un musée vraiment excellent, allez-y absolument si vous passez à Neuchâtel)

Je vais essayer de pitcher ce récit improbable : ça commence par le récit d’une légende, avec une grande déesse primoriale et de son fils aîné, Hastar, avide d’or, qui aurait voulu tout dévorer jusqu’à ce que les autres dieux lui cassent la gueule et le renvoient dans le ventre maternel. Oui oui.

Puis une première séquence du film, ma préférée, montre un décor où il pleut tout le temps, de vieux murs, une veuve au crâne rasé et au sari rouge collé au corps par la pluie, et ses deux fils, crâne demi rasé et longue nattes. On est en 1900-quelque chose et dans ce coin perdu de l’Inde, la veuve sert (notamment sexuellement) un vieux seigneur mourant et s’occupe d’une mystérieuse vieille femme monstrueuse, qu’il faut nourrir pendant qu’elle dot pour qu’elle ne se réveille pas. Et un jour, la mère est en retard, et les gamins se sentent obligés d’aller nourrir l’ogresse enchaînée, d’autant que celle-ci sait, peut-être, où trouver un trésor… qu’on devine lié à la vieille légende ci-dessus.

Le film va ensuite s’étendre sur plusieurs années, jusqu’en 1947, montrant comment un des gamins (devenu un bel acteur à moustache et aux vêtements collés au corps par la pluie incessante) va se construire une fortune basée sur ses relations avec les puissances surnaturelles du coin.

L’histoire oscille entre aperçus historiques de l’inde du début du XXème siècle, histoire fantastique un peu lovecraftienne et conte des 1001 nuits avec morale à la fin. Plusieurs scènes sont graphiquement très réussies, l’ambiance est vraiment cool, notamment les scènes d’explorations souterraines, très lovecratiennes.

Par contre, les personnages de femmes ne sont pas très bien écrits, les hommes sont tous stupides et avides, on ne s’attache pas à grand monde dans cette histoire. J’ai passé un bon moment, j’ai même été surpris par les passages chantés, mais je ne suis pas sûr de regarder Tumbbad 2 (annoncé bruyamment à la fin).

La valle dei sorrisi — Paolo Strippoli

Quatrième film vu au NIFFF : La valle dei sorrisi, un film d’horreur italien réalisé par Paolo Strippoli.

On y découvre, à l’époque contemporaine, un homme un peu paumé qui arrive dans une vallée reculée du Frioul — ce coin d’Italie qui fait vraiment penser à la Suisse — pour y prendre un poste de prof de gymnastique dans le petit lycée local. La particularité de cette vallée, c’est que tout le monde y est heureux. Lui, pas : il arrive avec un gros traumatisme, ça se lit sur sa figure. Le type est totalement déplaisant, fait tout pour se faire détester. Mais comme la serveuse du bar local a envie de l’aider, il va finir par apprendre le secret de ce recoin du monde.

Je ne vais pas spoiler, mais le récit présente pas mal d’éléments vraiment intéressants, qui rejoignent même des univers sur lesquels nous avons travaillé. Il y a, dans cette vallée à la fois bienheureuse et traumatisée, un personnage extraordinaire, joué par un très bel acteur, autour duquel toute la population du coin à organisé sa vie. Certains décors sont tout à fait étonnants et très bien vus.

L’aspect religieux du récit marche très bien et le film travaille de manière intéressante les questions du traumatisme et du soulagement de la souffrance. Le personnage du « père », est vraiment très réussi, avec toutes ses ambiguités. Le film nous a beaucoup intéressées, jusqu’à la toute fin, dont la mise en scène présente quelques scènes puissantes, mais qui se sent obligée de faire une fin « film d’horreur », alors qu’on aurait pu dévier vers une fin SF (avec le personnage présenté devant le pape et passant à la télé ? Ca aurait eu de la gueule). Je fais la fine bouche, mais ce film a été une belle découverte, nous en avons aimé l’histoire, les personnages et l’atmosphère.

A prayer for the dying — Dara Van Dusen

Troisième film vu durant cette séquence du NIFFF 2026 : A Prayer for the Dying, réalisé par Dara Van Dusen.

Une sorte de western existentialiste norvégien. Le héros est à la fois le shérif et le pasteur d’une petite communauté du Wisconsin des années 1870. Il se déplace à vélo, pour une raison que l’on ne comprendra que vaguement par la suite (on découvrira plus tard qu’il porte un traumatisme lié aux chevaux). Le détail amusant : on sait qu’il est norvégien — et c’est en réalité un élément plutôt bien vu, puisque les Scandinaves étaient nombreux dans le Grand Ouest à cette époque. D’autant que cette origine joue un petit rôle dans l’histoire.

Le film est graphiquement très beau. Le world building est très réussi : on croit à cette petite communauté isolée, on croit même plutôt à ces personnages, notamment le médecin, joué par cet excellent acteur que nous avons souvent vu dans des films des frères Coen, John C. Reilly.

Le pauvre pasteur va se retrouver confronté à une situation vraiment pénible (understatement) : un incendie, puis une épidémie. À partir de ce moment-là, le film devient très lourdement démonstratif. Il ne raconte au fond pas grand-chose d’intéressant — on comprend où tu veux en venir, Dara.

Ce film est une belle occasion manquée : un cadre intéressant, des personnages bien posés et, finalement, une histoire qui ne s’intéresse pas assez à eux et transmet la vision déprimante de notre époque. Dommage.

Ghost in the cell – Joko Anwar

Ce film a un titre international idiot, avec jeu de mot absurde, même s’il y a, vraiment, un fantôme dans la cellule de la prison.

Mais bon, de quoi ça parle ?

Un jeune journaliste indonésien écrit un article sur des mineurs tués dans une mine de nickel ouverte par une mégacorpo dans une aire protégée. Son boss, très énervé, lui donne 20′ pour le réécrire. Et pendant ce temps, un esprit massacre le dit boss et le suspend tout sanglant au ventilateur. Le journaliste est envoyé en prison.

Problème… l’esprit l’a suivi.

On va avoir un film de prison avec une bande de types plus ou moins flippants ou crado, un gardien chef sadique, une scène de fouille à nu et une scène de douche… et des arts martiaux (plus au moins ratés), une scène de danse, de la politique, de la comédie burlesque, de la satire, des meurtres dégueulasses, des persos attachants…

Avant tout, ce film sur super jouissif à regarder. Il se passe tout le temps des trucs, les personnages sont traités avec attention et amour et le réalisateur jongle d’un registre à l’autre et on a peur, et on rigole, et on a peur encore… C’est écrit avec précision, c’est beau, et ça prend le temps de raconter une vraie histoire. Bref, Cecci et moi avons adoré. Si vous voyez passer ce film, n’hésitez pas !

(Je n’avais jamais vu de cinéma indonésien. Ca donne envie d’explorer !)

Light Pillar — Xu Zao

Je mets ici quelques chroniques rapides des films vus au NIFFF cette année. On a commencé par aller voir avec les descendantes Light Pillar, film d’animation chinois, qui mèle une imagerie très douce et mélancolique avec un peu de prises de vues live action.

Le héros bosse depuis vingt ans dans les décors d’un ancien studio de cinéma, avec des collègues plus ou moins sympas et un manager vaguement abusif. C’est doux, mélancolique, ça parle d’imaginaire, de solitude et de besoin d’affection. Il y a un personnage de chat vraiment super, une sorte de robot aspirateur, des piles de neige. Et le travail pour mêler le live action et l’animation est magnifique et très original.

Une super découverte, que nous recommandons de tout notre coeur. (Attention, ce n’est pas un film pour enfants – il n’y a rien de gore ni de gênant, ça risque surtout de les ennuyer !).

Fantômes contre fantômes – Peter Jackson

J’ai ete pris de l’envie de revoir celui-là, qui m’avait laissé un bon souvenir au cinéma, en 1996. Je me rappelais d’un univers plutôt marrant et d’un chouette Michael J. Fox.

Pour le résumé : Frank Bannister (MJF, donc) est un gars qui voit les esprits des morts, un médium. Comme il est en pleine dérive dans sa vie, il bosse comme psychic investigator pour chasser les fantômes des maisons des autres. En fait c’est un hoax : il demande à des potes esprits de hanter les maisons de ses clients puis il les chasse, trop facile pour lui. Jusqu’à ce qu’il se trouve embringué dans une séries de morts soudaines causées par un esprit bien maléfique qu’il est le seul à voir.

Il y a plein de trucs que j’aime bien dans ce film : le héros, l’héroïne (une jeune médecin jouée par Trini Alvarado), l’action qui plonge Bannister toujours plus loin dans les ennuis (c’est même assez brillant la manière dont ça rebondit sans cesse). Les hommages nombreux aux films de maisons hantée. La réal très vive. L’univers de ce looser qui voit les esprits est plutôt bien posé. L’ambiance de la petite ville, très burtonnesque, certains second rôles (l’ex mari de l’héroïne, le sheriff…), certaines scènes de comédie…

Il y a aussi quelques belles choses de cinéma, notamment la scène dans l’hôpital quand le personnage du méchant dans le présent se surimpose au personnage du méchant dans le passé. Deux mondes cohabitent, le héros ne sait plus où il est, c’est assez cool. Et le film semble évoquer tout un monde des années 60, cinéma d’horreur grand guignol et films en n&b. Je ne m’y connais pas assez pour avoir les refs précises mais je me suis dit que le couple mère-fille toxique avait quelque chose d’Hitchcock et que la maison hantée évoquait ce que j’appelle l’imaginaire « Hammer ».

J’en ressors quand même avec un gout de trop sucré et un peu bof dans la bouche. Le roller coaster était marrant, j’ai été accroché à mon siège, j’ai beaucoup ri, mais beaucoup des images et des gags étaient faciles (le sergent de full métal jacket pour jouer un sergent de full métal jacket). J’ai trouvé la photo assez moche. Les persos de femmes sont traités par dessus la jambe (je doute que le film passe le test de Bechdel). La jolie fille tombe amoureuse du héros parce que… parce que. Il y a des gags sexuels douteux (le fantôme qui baise la momie…)

Le truc qui m’a le plus gêné est le portrait de l’agent du FBI traumatisé, qui m’avait fait follement rire lors de la sortie du film, parce que c’était un anti-Mulder complet. L’acteur porte ce personnage guignolesque avec une belle intensité, mais je me suis rendu compte qu’une bonne partie des troubles mentaux du personnage sont en fait des troubles autistiques et qu’on rigole d’un autiste, et ça, en fait, c’est moyen.

Un dernier truc, j’ai l’impression que le scénario tient très vaguement debout. Je ne comprends pas le sens de la scène prégénérique en perspective avec l’explication finale. Mais sans doute qu’un truc m’a échappé.

Marguerite et moi avons bien rigolé, Cecci a détesté et je me suis dit, qu’au fond, Jackson n’était pas très fin.

Itinéraire d’un enfant gâté – Claude Lelouch

J’étais persuadé sans en avoir jamais vus que je n’aimais pas les films de Lelouch. Puis, cet hiver, on a regardé un homme et une femme, et on a eu la curiosité d’en regarder un autre.

Itinéraire a d’abord pour lui un pitch vraiment très improbable. « Alors, tu vois, le héros s’appelle Sam Lion, il a été abandonné dans un manège quand il avait trois ans, a grandi dans un cirque, est devenu balayeur puis patron multimilionaire d’une société qui vend des sanicrottes ». Déjà, WTF.

Et déjà, cet aspect là est cool : on va voir un film qui raconte une histoire, entre le conte de fées, Starmania, un spectacle de cirque et la vibe de la crise et de l’entrepreneuriat des années 80. Et c’est une vraie histoire, avec un univers personnel, très graphique, très visuel et très cinématographique, plein de couleurs et d’idées et, disons le, pas trop trop réaliste, mais on s’en fout.

Ensuite, Lelouch aime le cinéma et il fait du cinéma. Cette histoire de ce vieux type qui a tout connu et tout vécu et qui tente d’échapper à sa propre vie ne peut être qu’une histoire de cinéma. Par les décors, le rythme, l’élan musical, la manière dont ça s’enchaîne et dont ça danse… Cecci et moi étions fatigués le soir où on a commencé à regarder, du genre allez, on regarde une heure, et la suite demain. Moralité, on s’est couchés à minuit, ce qui, dans notre cas, est un acte assez punk.

Alors, oui, c’est exaspérant de voir Belmondo jouer ce personnage autour duquel tout tourne, qui est le centre et le moteur du monde. Mais, en même temps, c’est un peu le propos du film (voir le générique, où les personnages n’apparaissent pas par leur nom, mais par leur relation à Sam) et c’est un propos intéressant, un portrait un peu distancié d’un mec qui se perçoit en centre du monde (=Lelouch ? =Belmondo ?) qui est l’animateur de l’histoire, celui qui dirige tous les personnages (ce ne serait pas un réalisateur ?) . Le film montre les images, le récit, mais ne force pas l’interprétation, et ça s’est bien aussi.

Et Anconina est très bien, en clone et grouillot.

Bon, à part ça, le test de Bechdel ne passe pas. Les personnages féminins ne sont que ça, « des femmes ». La fille de Sam n’est pas publiée grâce à son talent mais grâce à l’entregent de papa et elle ne rêve que de papa. Un cauchemar de relation de parentalité, selon moi, mais d’une certaine manière cette relation malaisante abonde aux discours du film.

Daniel Gélin est un super second rôle, « à la française »

Donc je ne sais pas si j’aime tout là-dedans, mais c’est un film intéressant et surtout, c’est du cinéma. (la veille on avait tenté de regarder une série netflix et le manque de densité narrative associée au manque d’intérêt de l’image nous ont fait décrocher très vite, de bleu, c’était de la soupe et de la soupe pas très dense).

En cherchant des trucs sur le film, je suis tombé sur cet article que je colle là-dessous parce qu’il contient des idées qui m’intéresse et que je suis, en gros, d’accord avec lui. (et ça me permet de tester cette fonction d’insertion de lien de wordpress)

Deux films d’animation de Wes Anderson

On avait vu Fantastic Mr Fox il y a douze ans et Isle of Dogs à sa sortie. Marguerite ayant développé une passion pour le cinéma d’animation, elle et moi avons regardé les deux ces derniers mois. Plutôt que de réécrire un billet sur des trucs que j’ai déjà chroniqués plus tôt (oui, c’est ma vibe rétro, je revois et rechronique des trucs, ça doit être ça de vieillir), je vais parler des deux films côte à côte car ma perception des deux a évolué.
Celleusses interessé.e.s par la formation du goût cinéphilique (comment et pourquoi est-ce qu’on « aime » un film ?) se reporteront à l’excellent épisode de Une invention sans avenir consacré à ce sujet.

Dans les deux cas, donc, ce sont des films d’animation de Wes Anderson mettant en scène des animaux. Ca veut dire des films mis en scène avec des boîtes dans des boîtes, des personnages qui parlent face caméra en gros plan, une perception détachée et caustique de l’histoire, une attention maniaco maniaque à la construction du décor et de l’univers… (si vous n’aimez pas ce délire, passez votre chemin)

Marguerite a trouvé Isle of Dogs étrange parce qu’elle n’est jamais parvenue à entrer dans l’histoire, à y accrocher, à y croire, tant la mise en scène la mettait à distance avec ce regard détaché, un peu entomologiste épinglant des insectes, du créateur sur ses créature. Les personnages sont tellement méta qu’ils ne sont plus dedans. Et je suis d’accord, même si j’aime plein d’idées dans ce récit (la scène des sushis, la dent explosive, la quête post-apo…). Le film m’a donné le même feeling que le tout dernier film du même Wes, the Phoenician Scheme, que j’ai oublié de chroniquer ici : un truc malin, plein de belles idées graphiques, mais un peu trop malin et oubliant de se mouiller dans son récit.

Quant à Fantastic Mr Fox, Marguerite l’a trouvé génial, et le film lui a tiré des larmes, et je la rejoints alors que j’avais été plus mitigé la première fois. Par la beauté de ses images et de ses créations, les émotions dégagées (notamment par le personnage de Ash, dont on a découvert qu’il était queer et neuroA et que c’était OK), la manière dont les personnages traversent leurs épreuves, et bien sûr la magnifique scène de la rencontre avec canis lupus. « Il paraît que l’hiver sera rude… »

Je ne vais en tirer aucune analyse sur le travail de ce réalisateur (et des centaines de gens avec qui il a fabriqué ses films, je suis bien convaincu que tout coller derrière un seul nom revient à invisibiliser leur travail. Qu’ils et elles sachent qu’on n’oublie pas leur présence !). Les deux films sont des créations graphiques et thématiques riches et complexes. Je trouve simplement touchant de voir mon regard se modifier en fonction du moment, des circonstances et des gens assis à côté de moi pendant le visionnage.

Peut-être que la présence de Marguerite me ramène à des fondamentaux plus sincères quant à ma perception des histoires. Qu’est-ce que ça me raconte, quels sentiments premier degré est-ce que ça amène ?