Métamorphoses — au Rijskmuseum

Toujours à Amsterdam, et sur recommendation de Rosa, nous sommes allés voir l’expo temporaire du Rijskmuseum inspirée par les métamorphoses d’Ovide.

Les métamorphoses, donc, une collection de récits courts par la fameux poète latin (merveilleusement revisités par Nina Mac Laughlin dans son Sirène, debout, traduit dans la langue de chez-nous par l’excellente luvan).

L’expo du Rijsk rassemble des oeuvres d’époques multiples mettant en scène certains de ces récits, les reliant à notre époque de corps fluides et d’identités floues. Je vais en partager certaines.

Comme j’ai stupidement oublié de noter les auteurs des oeuvres (sauf quand ils sont hyperconnus), je vais vous les présenter comme ça, en vrac.

Appolon et Daphné, extrait d’une tapisserie. Notez la transformation en cours.
Autre transformation en cours, vous la voyez ? (ref: les paysans de Lycie et la déesse Latone)
Super mise en scène par un de mes peintres vénitiens préférés, Jacques Robuste, « le petit teinturier ».
Titre proposé : weawing challenge, Minerva vs Arachné
(mais en vrai, pourquoi voit-on les seins de cette dernière ? Alors, Jacques, pourquoi ?)
A propos d’Arachné… Celle-ci rappelle Shelob
« Zeus », par Nandipha Mntambo, une sculptrice contemporaine. Je suis super fan de ce travail : les cornes, la matière, le regard, le fait d’avoir donné sa propre poitrine à un dieu macho-macho pour rappeler combien il est plastique. C’est magnifique.
Une autre super variante sur Zeus, avec cette tête de taureau sur un corps d’Aphrodite
Danaé et la pluie d’or, par le Titien. Un des mythes les plus chelous, selon moi.
Variante autour de Danaé. Le pluie d’or devient bien moins abstraite (= c’est du POGNON) et il est assez clair qu’on vend là l’innocence de la demoiselle posée au milieu.
Plusieurs oeuvres montrent Leda et le cygne. Ici, on danse et le cygne pas très cygne pince la tunique pour la tirer bas. Bizarre accouplement zoophile à suivre.
Vidéo avec un visage calme et plein plein de serpents
Persée a chopé un objet magique et se débarrasse de ses ennemis. Paf, paf, paf !
Un narcisse médiéval, ambiance dame à la licorne.
Et le Narcisse du Caravage. Ca donne envie d’imaginer l’histoire qui pousse ce jeune napolitain du 17ème jusqu’à un étang enchanté
L’hermaphrodite Borghese, exposé dans la pénombre. Il aurait fallu filmer les rires un peu gênés que cette oeuvre provoque encore.
Pygmalion, par Gérôme. Le Larry Elmore du 19ème siècle français.
J’aime beaucoup ce paysage fantastique et anthropomorphe. On dirait une illus de livre pour enfants contemporain (et un peu flippant)
Une femme sortant d’une pièce de tilleul (sculpture contemporaine)
Une magnifique créature argent et corail, époque renaissance je crois
Et enfin, une image NSFW, complètement idiote, mais j’avous que j’ai ri. (Renaissance aussi)

Musée Van Gogh — Amsterdam

Un peu de peinture sur ce blog, pour changer. De visite à Amsterdam pour raisons familiales, nous avons pensé cette fois-ci à réserver, très en avance, une visite au musée Van Gogh.

Le musée lui-même est un bâiment moderne (un double bâtiment, en fait, connecté par un souterrain) situé sur la Museumplein d’Amsterdam, entre le Rijsk et le Stedelijk. Plein de touristes s’y pressent parce que VVG est une star mondiale. Ca m’a amené à la première question de ma visite : comment passe-t-on de peintre fauché, mentalement instable, qui produit des centaines de tableaux entre 1880 et 1890, et gros musée-forteresse avec des billets à 25 euros qui attire visiteuses et visiteurs du monde entier (us included).

L’expo permanente est très bien : d’abord une série d’autoportraits de VVG, très rapprochés dans le temps, par lesquels on voit notre héros essayer plein de techniques pour rendre sa pipe, son chapeau, sa barbe rousse…

Puis les première peintures : des scènes paysannes (parce que la paysannerie, il n’y a que ça de vrai) dont sa première « grande oeuvre », les mangeurs de pomme de terre. Un tableau sombre avec des figures qui ressemblent à des caricatures, très frappantes. Je ne sais pas si j’aime mais j’admets que ça secoue.

Dans les salles suivantes, on verra l’influence parisienne. Les impressionnistes et pointillistes, et la manière dont ils transforment le travail de notre héros. Là, on rentre dans l’oeuvre de Van Gogh telle que je le connaissais. Dans ces salles, outre quelques paysages et arbres en fleurs super réussis, j’ai aimé un petit tableau de Rosa Bonheur (je me suis rendu compte que je ne savais rien de cette peinteresse) et quelques imitations de tableaux japonais, parce que la France venait de découvrir les estampes et que Vincent, comme tant d’autres, a adoré ça.

Les salles suivantes nous emmènent à Arles, dans la fameuse maison jaune, puis à l’asile de Saint-Rémy de Provence et enfin à Auvers sur Oise. Les panneaux sont clairs et explicites sur les troubles mentaux de Vincent, le panneau final, qui parle de son suicide, contient même (ce que j’ai apprécié), une petite note fournissant ressources et numéros de téléphone à l’intention des gens nourrissant des pensées sombres.

A la base, je ne suis pas un fan particulier de Van Gogh, même si, je l’admets sans discuter, c’est un peintre très important et très puissant. Par contre, j’aime beaucoup la peinture hollandaise du XVIIème siècle, Van Goyen, Ruysdael, Rembrandt, Vermeer… L’expo du musée d’Amsterdam nous montre un Van Gogh qui peint le ciel, les arbres, la terre et ceux qui la travaillent, des natures mortes… Tout comme les Hollandais que j’aime. Et sentir cette connexion entre eux m’a touché. En voyant les autoportraits je n’ai pas pu m’empêcher à la grande série d’autoportraits de Rembrandt, même si, bien sûr, les projets et les carrières des deux peintres sont différents.

Et, pour revenir à la question d’origine, comment relier l’artiste tourmenté et la superstar mondiale, le musée y répond très bien. D’abord, il y a Théo, le frère très aimant, le « meilleur ami » de Vincent, le soutien de tous les moments. Mais surtout, Théo mourant peu de temps après Vincent, il y a Jo (Johanna Van Gogh-Bonger), l’épouse de Théo et la mère de Vincent Jr., qui hérite, à la mort des deux frangins, de centaines de toiles et des correspondances entre les deux. Entre deux boulots de traduction, et tout en élevant Vincent Jr., elle bosse pour faire reconnaître le travail de son beau-frère. A la fois en organisant des expos, mais aussi en faisant traduire et publier leur correspondance. En fait, c’est elle qui crée ce personnage d’artiste, et c’est sa collection qui constitue le fond de base du musée Van Gogh. La boucle est bouclée, de l’artiste incompris jusqu’au musée d’envergure mondiale.

Jo. Elle a l’air d’avoir du caractère.

PS : l’expo temporaire était consacrée à la couleur jaune. Elle a présenté, bien sûr, les tournesols, mais aussi un superbe Turner et ces petits livres, qui vous feront sans doute penser à certaines de mes obsessions récentes.

Exposition Soulages — au musée Fabre

L’exposition Soulages (nommée la rencontre) au musée Fabre de Montpellier est très bien. Elle a été mon premier contact avec l’oeuvre de ce peintre. J’ai mis des repros ci-dessous, pour mémoire, mais des tas de pixels pour représenter ces peintures, celles-ci en particulier, ça ne rend rien du tout. C’est d’ailleurs peut-être la première révélation de cette visite (évidente pour moi) : ces peintures ne peuvent se comprendre que lors d’une rencontre en présence, physique, avec les objets. Cadres, aplats de noir, coups de pinceaux, reflets du lumière sur la matière… 

Soulages a expérimenté toute sa vie avec la lumière, celle qui jaillit du blanc de la toile, celle des transparences à travers le broux de noix, celle entre les grilles de ces calligraphies de lettres qui n’existent pas. Pouvoir parcourir ce travail, ces recherches, est passionnant. Juqu’à cette découverte de la « la lumière secrète du noir », encore une très belle idée, très vraie.

J’ai été enfin touché par la découverte de la relation entre l’oeuvre et l’espace (les toiles suspendues, disposées dans des espaces plus grand), qui rejoignent ce que j’ai compris de l’oeuvre de Richard Serra à travers le chef d’oeuvre de Juan Tallon. (super bouquin que je n’ai pas chroniqué ici, tiens, dommage). Les oeuvres ne sont pas seulement des objets, mais des objets qui s’inscrivent dans un espace où entrent le regard et le corps du visiteur, de la visiteuse. Cette relation du corps à l’oeuvre me parle beaucoup.

Je l’ai découverte il y a des années avec le plaisir de rendre visite à certains de mes tableaux favoris (le concert champêtre, au Louvre, les pélerins d’Emmaus de Rembrandt… et plein d’autres). Quelque chose se passe, une émotion particulière, une joie, quand on entre en présence de ces oeuvres avec lesquelles notre coeur s’accorde.

L’exposition du musée Fabre (dont je livre donc quelques images ci-dessous) est très intelligente et très bien, rassemblant aussi bien un parcours thématique de l’oeuvre que d’autres oeuvres avec lesquelles PS est en dialogue (dont quelques oeuvres de femmes, oooh), et parmi ces quelques oeuvres, tiens tiens, les mêmes pélerins dont j’ai parlé plus haut, je vous le mets tout en bas.

Calligraphies zarbi – ça a fait écho pour moi avec les recherches d’Aberlour pour la bombe iconique

PS a été inspiré par l’art pariétal et les oeuvres préhistoriques en général, comme cette pierre gravée. Est-ce que ce lien entre préhistoires et art aux limites de la perception me fait kiffer et se relie pour moi aux délires lovecraftiens ? Je ne sais pas si je vous permet de le dire.
Un outrenoir avec des slashs de blanc et un de mes préférés.
L’exemple typique du tableau fait d’acrylique brillant qui ne rend, mais alors, pas du tout en repro, alors qu’il est trop bien en vrai.
Un Mondrian qui j’aime vraiment bien. Arbre vitrail de brume.
Des lumières bizarres passant à travers des colonnes noires. 
Un des tableaux de mon best of perso de le monde. Tout le doute et l’espérance et le secret et la lumière et l’évidence dans une seule image

Kunsthistorischesmuseum (Vienne)

Voici quelqiues souvenirs de notre visite au KHM de Vienne. Nous y étions déjà allés il y a quatre ans et je n’en avais pas gardé de souvenirs marquants. Cette année, Cecci et moi nous sommes concentrés d’abord sur l’aile contenant les peintures d’Europe du nord.

Voici quelques souvenirs de nos rencontres marquantes.

Tout d’abord, un marché aux poissons (Snyders & Van Dick) qui m’a fasciné par son délire de chairs et de bêtes (certaines vivantes) 

Je ne suis pas fan des chairs excessives de Rubens, mais j’ai appris à apprécier un peu plus sa peinture. Ici, une sainte famille, et aussi des bêtes, encore, autour des fleuves du Paradis. (ne laissez pas des Putti jouer avec un alligator)

Ze tableau montré sur les pubs pour vendre la visite au musée. Et oui, il est magnifique, avec la douceur du visage du modèle, les images dans l’image, les tissus, et cette lumière, et les carreaux au sol. Ce tableau est un monde délicat et merveilleux.

Mon autre tableau préféré de la visite, et le seul peint par une femme, Maria van Oosterwijck. Les natures mortes hollandaise du 17ème me touchent beaucoup, je volerais volontiers celui-ci pour me mettre chez moi. Un tableau plein de secrets.

Deux autoportraits de Rembrandt. Un peu comme des selfies d’influenceur. Sur l’un des portraits, R est plus jeune que moi de trois ans, sur l’autre juste un peu plus vieux.

 (un défi : essayer de voir tous les autoportraits de Rembrandt durant ma vie !)

Ruisdael, un peintre que j’aime aussi beaucoup, parce qu’il peint de très beaux arbres et parfois de petits personnages. L’image ci-dessous ne rend pas compte de l’aspect sombre et mélancolique du tableau (peut-être dû au vieillissement de l’image ?)

 

Judith et Holopherne, de ce vieux cabotin de Cranach – mais quelle force !

J’aime aussi ce portrait d’une jeune vénitienne vers 1505, par Dürer : une italienne élégante vue par un Allemand au trait fin.

 

Enfin, le KHM a plein de tableaux de Brueghel l’ancien. Le tableau qu’on voit dans Asterix chez les Belges (pas copié ici) et de magnifiques scènes d’armées et de montagnes…

Et enfin, la tour de Babel, qui inspire l’ingénieur en moi.

Puis, un petit tour dans la galerie des latins

Caravage, David et Goliath (quel style !)

Caravage, le couronnement d’épines. Harcèlement en meute autour d’un corps presque intact, cou offert au sacrifice.

Titien, Ecce homo (on dirait un peu une de ces mises en scène théâtrales du Tintoret)

Giorgione, trois philosophes. Pas mon Giorgione préféré (Giorgine est aussi un de mes peintres favoris de coeur), mais cool quand même.

Et de terrifiants portraits de gamines royales par Velasquez. Très dérangeants. Je crois que Velasquez est un continent que je n’ai pas encore abordé vraiment.

Tableaux (Berlin, #2)

A la Gemäldegalerie, on trouve le même genre de collection européenne 15ème – 18ème siècle qu’on trouve dans plein d’autre pays d’Europe. Gothique tardif, Italiens , Hollandais, Flamands et Allemands.

Voici quelques uns que nous avons aimés.

On commence par cette Vierge au milieu du choeur céleste de Botticelli. Je ne suis pas fan du sujet, mais ce rendu des visages, j’imagine que les spécialistes savent le nommer, personnellement je le trouve surtout d’une extraordinaire délicatesse.

Puis un amour vainqueur, du Caravage. Pour l’insolence du corps et du visage (je ne peux pas m’empêcher d’imaginer le peintre parlant avec son modèle et lui racontant des blagues)

Et tenez, celui-ci. Vermeer ne me touche pas tellement non plus par ses sujets (des gens riches dans leur intérieur, so what) mais par l’art vertigineux de la lumière, la manière de multiplier les difficultés picturales, comme si pour lui l’art, la lumière (divine ?) transcendait le monde entier.

Akseli Gallen-Kallela à Orsay

Akseli Gallen fait partie de ces peintres nationaux comme la fin du XIXème siècle en a produit dans des pays qui se cherchaient une identité. Je trouve étonnant de voir combien son style graphique et ses traitements le rapprochent de ses contemporains russes qu’on avait pu admirer dans cette magnifique exposition. Scènes de genre, vie paysanne, portraits, on a d’abord à faire avec un peintre professionnel assez classique de son temps. Il commence à devenir frappant dans ses paysages, parfois aux limites de l’abstrait (et oui, ça faisait écho à des expériences personnelles).

L’exposition devient magnifique quand elle aborde le versant symbolique et mythologique de l’oeuvre de Gallen : mise en images du Kalevala, épopée finlandaise, tendant parfois même vers une forme très belle de ligne claire, aussi élégante et moins lourde que celle de Mucha.

Une excellente exposition et un beau choc graphique !

Résurrection
Ceci n’est pas une piéta
Le très beau triptyque de la légende d’Aino
La défense du Sampo (Kalevala)
Le peintre et son fils

Les nus de Degas au musée d’Orsay

Profitant d’une expédition à Paris, nos héros ont décidé de renouer avec les grandes-expo-de-peinture. Ce jour là, toutefois, malgré leur affection pour le musée d’Orsay et sa programmation, ils ont été un peu déçus. Ici, le prétexte est de montrer l’évolution du travail de Degas à travers son travail sur le nu féminin.

On y découvre quelques tableaux, des académies, puis les premiers dessins de Degas de corps féminins réalistes, avec notamment des monotypes (technique particulière de gravure / ci-dessus) réalisés à partir de scènes de bordel, un peu distantes et ridicules.

Manquant sans doute de culture graphique, je n’ai pas été frappé par l’importance du sujet. Degas m’y est apparu comme un bourgeois bien de son temps dont on invoquait les petites manies (les dessins exposés n’avaient pas vocation à être montrés) pour faire une expo au titre un peu racoleur. A part un tableau remarquable (intérieur, ci-dessous) aucune oeuvre ne m’a frappé. 

Par contre, si on prend la peine de monter quelques étages, on trouvera ailleurs dans le musée une autre exposition bien plus intéressante… (teasing du prochain billet)

Exposition Gérôme au Musée d’Orsay

Je ne suis a priori pas trop fan de ce genre de peinture: Gérôme, c’est le réalisateur hollywoodien racoleur de son temps. De beaux décors, des sujets historiques, des filles nues, des gladiateurs, des sujets vendeurs… Une image impeccable, une réalisation léchée, une mise en scène magistrale. L’envie véritable de plaire au public et de vendre.

Là où l’exposition de son oeuvre au musée d’Orsay est excellente, c’est qu’elle permet de plonger dans la carrière de ce notable doué, de comprendre la mécanique de l’oeuvre, ce jeu entre érudition, érotisme soft, goût pour le drame et envie de faire plaisir au public sans trop de scrupules.

Quelques aperçus :

L’affiche de l’expo, une scène classique de péplum… Avant les peplums

Le duel après le bal masqué… Ca donne envie d’inventer l’histoire qui va avec

Une crucifixion intéressante, par un homme qui avait peu de religion

Et c’est parti pour les fantasmes… le marché aux esclaves…

…et les bains. 

Les peintures sont magnifiquement exposées, les couleurs éclatent, le discours est clair. Je reste fasciné par l’orientalisme, cette projection en Europe d’un Orient fantasmé, par la manière dont la photo vient nourrir la peinture et par la filiation assumée de certains peplums avec la peinture de Gérôme. Tout ça était excellent.

Mantegna – exposition au Louvre

Nous connaissions déjà ce peintre du début de la Renaissance pour ses tableaux exposés au Louvre, notamment son Saint Sébastien saisissant, avec son torse de statue antique, les ruines improbables auxquelles il s’adosse et les archers qui passent en bavardant. Mantegna a un style minéral, assez froid, très hiératique…

L’exposition vaut surtout pour la reconstitution qu’elle donne à voir de la vie d’un peintre considéré alors comme le « meilleur au monde », jeune portraitiste adulé, maître respecté, puis vieil homme un peu dépassé à la cour des Gonzague.

Elle vaut aussi pour les documents étonnants qui y sont exposés : livres d’antiquités (la documentation de Mantegna) et le book – pur parchemin – de Giovanni Bellini, pour lui permettre de frimer auprès des commanditaires…

Elle vaut enfin pour le magnifique triptyque, prédelle d’un retable exposé à Mantoue, représentant la prière au jardin des oliviers, la crucifixion et la résurrection. Influencé par les paysages flamands aussi bien que par la douceur des Vénitiens, Mantegna y trouve un très bel équilibre. (repro assez moche ci-dessous)

Gustav-Adolf Mossa – exposition au palais lumière d’Evian

J’ai découvert Mossa, peintre symboliste de la belle époque, par un article paru dans Elegy, et j’avais été très frappé de trouver dans son tableau Pierrot s’en va le portrait parfait de Relio, personnage d’une de mes toutes premières nouvelles, auquel j’étais très attaché.

Pierrot s’en va

Et j’ai recroisé Relio/Pierrot dans les rues de Lausanne, sur une belle affiche annonçant une exposition Mossa à Evian, juste de l’autre côté du lac.
Cecci, Lady A et moi avons donc profité d’une belle journée pour embarquer à bord du Vevey (superbe bateau à aubes datant de 1907, un des fleurons de la CGN) et nous rendre dans la petite ville thermale. Le palais lumière, où se tient l’expo jusqu’au 18 mai, est un ancien établissement thermal 1900, très joliment réhabilité.
L’exposition elle-même est très belle, présentant les différents aspects de l’oeuvre de Mossa, peintre symboliste dans la veine de Moreau, aux inspirations littéraires et musicales très fortes (de la bible à Beaudelaire, en passant par Ovide, Huysmans… Schumann et Wagner pour la musique). Mossa a un dessin très touchant, souvent hésitant, utilisant les empattements, les dorures, le pointillisme, l’art nouveau, parfois dans le même tableau. Ses peintures et ses aquarelles paraissent être chacune l’écho d’une émotion, la manière d’exprimer un sentiment complexe et instantané. Certaines évoquent d’étranges récits et un monde imaginaire tenant tournant autour d’une étrange Venise minérale et luxurieuse…

lui

Nous avons particulièrement aimé ses variations hallucinées autour de Salomé (pourquoi ces mains coupées, partout?), son Pierrot, la Rose et le scarabée, son portait du serpent d’Eden ou bien de Salomon, ses illustrations de légendes allemandes.

Salomon

Etrangement, après 15 ans de création intense, Mossa a arrêté la peinture en 1918 et est devenu un notable niçois (sa ville de naissance) dont l’oeuvre n’a été redécouverte qu’à sa mort, en 1971.
J’encourage quoi qu’il en soit tous ceux qu’intéresserait cette oeuvre singulière et rare et de la découvrir dans la très belle exposition d’Evian !

Elle