Tumbbad — Rahi Anil Barve

Voilà une expérience vraiment spéciale, surtout pour nous qui n’y connaissons rien au cinéma indien. Ce film était présenté dans la sélection « Latenium » du NIFFF, qui montrait cette année de 25ème anniversaire des deux institutions (le NIFFF et le Latenium) des films fantastiques liés au thème de l’archéologie.

(Parenthèse: le Latenium est un musée vraiment excellent, allez-y absolument si vous passez à Neuchâtel)

Je vais essayer de pitcher ce récit improbable : ça commence par le récit d’une légende, avec une grande déesse primoriale et de son fils aîné, Hastar, avide d’or, qui aurait voulu tout dévorer jusqu’à ce que les autres dieux lui cassent la gueule et le renvoient dans le ventre maternel. Oui oui.

Puis une première séquence du film, ma préférée, montre un décor où il pleut tout le temps, de vieux murs, une veuve au crâne rasé et au sari rouge collé au corps par la pluie, et ses deux fils, crâne demi rasé et longue nattes. On est en 1900-quelque chose et dans ce coin perdu de l’Inde, la veuve sert (notamment sexuellement) un vieux seigneur mourant et s’occupe d’une mystérieuse vieille femme monstrueuse, qu’il faut nourrir pendant qu’elle dot pour qu’elle ne se réveille pas. Et un jour, la mère est en retard, et les gamins se sentent obligés d’aller nourrir l’ogresse enchaînée, d’autant que celle-ci sait, peut-être, où trouver un trésor… qu’on devine lié à la vieille légende ci-dessus.

Le film va ensuite s’étendre sur plusieurs années, jusqu’en 1947, montrant comment un des gamins (devenu un bel acteur à moustache et aux vêtements collés au corps par la pluie incessante) va se construire une fortune basée sur ses relations avec les puissances surnaturelles du coin.

L’histoire oscille entre aperçus historiques de l’inde du début du XXème siècle, histoire fantastique un peu lovecraftienne et conte des 1001 nuits avec morale à la fin. Plusieurs scènes sont graphiquement très réussies, l’ambiance est vraiment cool, notamment les scènes d’explorations souterraines, très lovecratiennes.

Par contre, les personnages de femmes ne sont pas très bien écrits, les hommes sont tous stupides et avides, on ne s’attache pas à grand monde dans cette histoire. J’ai passé un bon moment, j’ai même été surpris par les passages chantés, mais je ne suis pas sûr de regarder Tumbbad 2 (annoncé bruyamment à la fin).

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