Ils ont mené les alliés à la victoire – Daniel Feldmann

Qu’est-ce qui permet de dire qu’un général est un bon général ?

Ce livre d’histoire militaire s’intéresse au métier de général de corps d’armée ou d’armée du côté allié durant la Seconde Guerre mondiale. Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas très au fait des choses militaires, il s’agit d’officiers qui commandent de 50 000 à 300 000 hommes (quand même) sur des théâtres d’opérations grands d’une centaine de kilomètres. En livrant cinq biographies de généraux dans cette position (les Américains Patch, Hodges et Patton, le Canadien Crerar et le français de Lattre de Tassigny) le livre tente d’identifier ce qui fait et ce que fait un « bon » général : un général capable de mettre ses troupes en mouvement vers un objectif et de commander efficacement son armée, d’atteindre des objectifs à forte valeur militaire tout en épargnant l’outil que lui a confié son gouvernement (la vie de ses hommes, en fait, rien que ça).

Je ne suis ni un grand lecteur d’histoire ni d’histoire militaire et encore moins amateur de panzer porn, mais j’ai vraiment beaucoup aimé lire ce livre : une fois ouvert, je ne l’ai pas lâché.

Bien sûr, Daniel Feldmann est un bon ami et je n’avais pas eu l’occasion jusque récemment de lire ses productions dans le domaine de l’histoire militaire. Lire les livres d’un ami est une bonne manière de rester proche et de le connaître mieux. De plus je lis en ce moment toutes sortes de choses sur les années 40, pour des raisons rôlistiques (mais ma campagne n’a rien de mili).

Ça n’explique pas tout.

Le livre approche le métier de général sous un angle analytique de consultant ; les biographies sous lues et analysées avec deux axes principaux : comment le général établit-il son autorité ? est-il efficace ? Si cette analyse est sans doute pertinente pour les théoriciens de la chose militaire, et si elle forme le point d’entrée du livre, elle n’est pas ce qui m’a le plus intéressé.

J’ai avant tout aimé le drôle d’objet littéraire formé par les biographies de ces cinq hommes, faisant le même métier et se retrouvant tous à combattre sur le même théâtre d’opérations (en gros, France et Allemagne) fin 44 et début 45. Ces lignes narratives montrant cinq hommes aux caractères différents, parcourant la même période de l’histoire donnent une vision synoptique de l’époque et de la guerre, sous un angle original et passionnant. Le style précis du livre, toujours plaisant, permet de connaître ces personnages en quelques dizaines de pages chacun et parvient à les rendre présents et vivants. On se prend à apprécier la modestie efficace de Patch, à s’énerver contre de Lattre, à avoir envie de donner des baffes à quelques autres. Le récit laisse percevoir les drames, aussi bien personnels (presque tous ont perdu un fils dans la guerre, l’un d’entre eux s’est effondré sous la pression) qu’historiques : les combats inutiles, les offensives où se perdent des milliers d’hommes, les hivers misérables de la troupe…

La guerre est grand et puissant récit. Quoi qu’on pense de l’armée ou de la chose militaire (l’auteur de ces lignes n’est pas un grand admirateur de l’uniforme), ces centaines de milliers d’hommes se battant à l’aide de machines terrifiantes durant des mois et des années sont les héros d’un récit vertigineux, dans toute son absurdité meurtrière, et on peut penser qu’il y a peu de métiers plus fascinants (dans l’horreur ou dans la technicité) que de devoir diriger ces opérations. L’objet du livre y trouve toute sa justification.

Je ne sais pas dire ce que vaut Ils ont mené les alliés… en tant que livre d’histoire militaire ou en tant qu’analyse du leadership d’officiers alliés. Mais par son objet, par son écriture, par sa capacité à rendre vivants ses personnages, il forme une intéressante réussite littéraire. À quand le tome 2 décrivant de la même manière les généraux allemands, italiens ou japonais ?

Bifrost 99 — les nouvelles

J’ai lu les nouvelles du Bifrost 99. Quelques notes pour ne pas oublier.

La souris et un jour comme les autres, de Shirley Jackson : je dois être un peu bouché parce que je n’ai pas compris la chute de ces deux textes. J’en pense exactement la même chose que ce que je pense de la loterie. Intéressant, bien écrit, mais daté.

Noir vaisseaux apparus au sud du paradis, Caitlin R Kiernan : que se passe-t-il sur Terre une fois que R’lyeh est sortie des flots ? Rien de très réjouissant, mais tout dépend ensuite de la manière dont on le raconte. Ce texte est une apocalypse, au sens du genre de récit biblique. Un récit de fin des temps chargé en images extraordinaires. J’ai bien aimé, ça témoigne de la richesse et de l’intérêt du courant néo-lovecraftien de nos jours.

Guide sorcier de l’évasion : atlas pratique des contrées réelles et imaginaires, par Alix. E. Harrow, est un texte charmant sur la lecture d’évasion et sa nécessité. Rien de plus à en dire.

Par les visages, d’Olivier Caruso, est un post-apo bobo parisien, avec de belles images, des personnages bien plantés et de jolis éléments (les recettes de cuisine, la soeur en reflet spatial). Je n’ai toutefois pas vraiment réussi à y croire.

Sauveur et fils — Marie-Aude Murrail

 

Sauveur et fils est de ces bouquins que tout le monde a lu, à la maison. Rosa, Marguerite, Cecci et finalement moi. Cette série est basée sur une narration un peu soap et nous raconte les consultations du beau Sauveur Saint-Yves, un psychologue d’origine antillaise installé à Nantes. A travers le défilé des patients on a plein de petites histoires, drames humains, situations comiques et catastrophes annoncées, habilement tressées ensemble et liés aux aventures personnelles de Sauveur et son fils. C’est très drôle, bien vu, plutôt gentil (en tous cas dans le premier tome) et très dur à lâcher une fois commencé. J’ai bien aimé, mais me suis arrêté au tome (saison) 1.

Twilight I (fascination) – Stephenie Meyer

Une jeune femme quitte la ville de Phoenix pour s’installer chez son père dans un bled pluvieux a quelques heures de route de Seattle. Elle est douée en classe, hyper sensible et inadaptée… Et elle tombe amoureuse du plus beau garçon du lycée qui n’est autre… qu’un vampire.

Cette romance vampirique est devenue un tel classique qu’elle a fondé un genre en elle-même. C’est un must-read pour les amies de ma fille (celles qui lisent), elles adorent tout autant qu’elles en rient et s’en moquent.

Littérairement parlant, c’est très mauvais. Des dialogues insipides, les sentiments autocentrés de la jeune femme, le côté beau-ténébreux-mystérieux du vampire… Pas beaucoup de finesse là-dedans, mais somme toutes, ce n’est pas grave, j’ai déjà aimé des livres mal écrits.

Toutefois… Que raconte Twilight – fascination, une fois qu’on a enlevé la déco fantastique ?

Une jeune femme de la petite classe moyenne essentiellement préoccupée de son nombril (et un tout petit peu, de ses parents) arrive dans un nouveau lycée et tombe amoureuse du fils du richard du coin. Il lui bat le chaud et le froid et lui fait comprendre qu’elle n’est capable de rien sinon se causer des ennuis à elle-même et aux autres (notamment par sa beauté), et la jeune femme reprend joyeusement ce discours : oui, je suis nulle, je ne suis capable de rien sans toi. D’ailleurs, le récit lui donne raison, et quand les méchants concurrents de la famille arrivent la jeune femme prend une seule initiative… qui est de tomber dans le piège des méchants.

Je ne sais pas quel fantasme ça exprime, ni pourquoi ce récit a accroché tant de lecteurs et de lectrices. Vers l’âge de quinze ans j’avais découvert les romans vampiriques de Ann Rice (que j’avais aimé, du moins les deux premiers, après stop) et je me demande ce qu’ils valent vraiment lus à l’aune de Twilight.

Et, autre question fondamentale pour laquelle j’appelle le soutien des rôlistes du monde entier : est-ce que S. Meyer est une ancienne joueuse de Vampire, the Masquerade(tm) ?

Hôtel Castellana — Ruta Sepetys

Madrid, 1957. L’Espagne de Franco s’efforce de faire oublier la guerre civile et accueille ses premiers touristes et hommes d’affaire américains. Dan est un jeune homme de dix-huit ans, espagnol par sa mère, descendu avec ses parents au luxueux hôtel Castellana. Mais là où son père veut faire des affaires dans le pétrole, et où sa mère veut renouer avec ses origines, Dan, doté d’un vrai talent pour la photographie, espère découvrir l’Espagne véritable, derrière la façade souriante du personnel de l’hôtel.

C’est à l’hôtel que travaille Ana, dont les parents républicains ont été tués par le régime et dont la famille entière paye cher d’être associée à des gauchistes. Le salaire d’Ana va tout entier pour soutenir sa famille (sa sœur, son frère, son beau-frère et sa nièce) entassés dans deux pièces dans le quartier populaire de Vallecas. Rafa, le frère, cumule deux boulots, à la boucherie et comme fossoyeur dans un cimetière, en compagnie de son ami d’enfance, de persécutions et d’errance, Fuga, qui rêve de devenir un torero célèbre et s’entraîne la nuit dans les champs des éleveurs. Puri, la cousine d’Ana, est bonne-sœur dans une institution accueillant et plaçant des bébés orphelins, institution aux pratiques douteuses…

Hôtel Castellana est un roman ados/jeunes adultes américain, choisissant comme cadre l’Espagne franquiste de 1957, ses pesanteurs, ses oppressions, sa culture du silence. On sent que l’autrice a été fascinée par son sujet et a tenté de faire passer à son public quelque chose de ce monde à la fois tout proche et très différent, très lointain. La romancière a sur ce point une approche très honnête et très documentée (avec, notamment, de nombreux extraits d’archives mis en contrepoints des chapitres) choisissant comme véhicule narratif un jeune homme américain découvrant l’Espagne, image de l’autrice explorant son sujet. Cette humilité dans la création et la longue postface détaillant dans quel contexte le livre est né m’ont rendu sympathique et le livre et sa créatrice.

Le récit n’évite pas quelques facilités narratives modernes (chapitres courts terminés par des suspenses/surprises parfois artificiels) mais l’histoire en est très intense et prenante, avec de nombreux sujets habilement entremêlés : le silence d’après la guerre civile, le poids de la société conservatrice, les adoptions d’enfants républicains, la photographie, le rêve des toreros… et bien sûr une romance entre deux jeunes gens attachants.

Bien que vendu comme roman ados, Hôtel Castellana est aussi une très bonne lecture pour adultes. Une belle découverte. Merci Rosa !

Alias Caracalla – Daniel Cordier

Alias Caracalla est un livre de souvenir du résistant Daniel Cordier, qui vient de nous quitter à l’âge de cent ans. J’avais découvert le personnage dans la chouette émission de arrêt sur images dont il était l’invité. J’avais aimé sa légèreté, son esprit, son humilité. Un type étonnant.

Caracalla, c’est son pseudonyme de résistant. Pas le vrai, en fait, mais celui que l’écrivain Roger Vailland lui a donné dans son très bon roman sur la résistance écrit pendant la résistance. Le passage évoquant Cordier/Caracalla, la scène des gateaux dans le restaurant, est un de plus touchants du livre et, d’après Cordier, il est vrai.

Alias Caracalla est un étonnant livre de mémoires, écrit très longtemps après les faits mais appuyé sur de nombreuses recherches, racontant l’engagement du jeune Daniel dans la résistance. Depuis la capitulation de juin 40 jusqu’à l’arrestation de Jean Moulin.

On y verra l’évolution idéologique du jeune homme, de jeune camelot du roi antisémite à quasi socialiste, on découvrira les rencontres avec De Gaulle, l’entraînement en Angleterre, l’énergie, la frustration, puis toute une étonnante vie de fonctionnaire de la résistance quand Cordier devient à Lyon le secrétaire de celui qu’il admire, Jean Moulin. Ce n’est pas la même vision de la résistance que celle de Lucie Aubrac (même si ça se passe dans la même ville). Cordier se planque, transmet des messages, coordonne, distribue de l’argent… On découvre une vie de stress et d’ennui, au coeur des réseaux, là où se décide la politique des mouvements de résistance, quand Moulin, envoyé de De Gaulle, tente de fonder le mythique CNR.

Le livre est facile à lire, précis, souvent intéressant, parfois ennuyeux dans sa méticulosité et sa précision. Cordier parle de lui quasi comme d’un étranger, un homme d’avant d’où naîtra l’homme de maintenant. Le plus étonnant dans cet étonnant destin est la manière dont quelques mois de collaboration avec un homme qu’il admire forgeront le parcours de toute une vie.

Détestant l’ambiance « ancien combattants », Cordier se détachera de la résistance et des honneurs dans la fin des années 40, deviendra marchand d’art (suite à sa découverte de l’art moderne avec Moulin), puis consacrera la fin de sa vie à défendre un internationalisme dans lequel je me reconnais, et la mémoire de son mentor.

Le problème à trois corps — Liu Cixin

De la SF chinoise chez Actes Sud, dont mon patron me parlait dans les couloirs au bureau, ça valait le coup d’y jeter un coup d’oeil !

Le livre aborde, en grand, le thème du premier contact et de l’invasion extra-terrestre. On y retrouvera aussi jeux vidéos immersifs, nano matériaux et les conséquences de la révolution culturelle.

Les personnages sont assez plats et peu sympathiques, mais le sense of wonder de certaines scènes est si puissant qu’on brûle d’envie de découvrir le chapitre suivant, et le suivant encore.

Le livre m’a fait penser à Spin, de Robert Charles Wilson, en moins humaniste et encore plus allumé.

Paul à Québec — Michel Rabagliati

Lu cette bédé sur le conseil de Titiou : une chronique familiale (je ne sais pas à quel point c’est la fiction), assez douce, d’une vie qui se met à dérailler quand le grand-père tombe gravement malade. J’ai aimé le talent de l’auteur pour rendre sensibles des décors urbains moches d’Amérique du Nord et sa manière de faire passer la langue de ses personnages. La chronique de la maladie est bien sûr émouvante. Le moment le plus fort et le plus juste du livre est celui où le vieil homme, au détour d’une balade, raconte à son gendre les peines et douleurs d’une enfance pauvre dans le Québec des années 40. On a le sentiment que c’est sur cette rencontre que le livre est construit.

Pour le reste, c’est de la bédé contemporaine réaliste bien sage. Dessins clairs en N&B, récit tout doux, un peu d’ennui, pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Rommel — Cédric Mas et Daniel Feldmann

 Je lis surtout de la fiction, parfois quelques essais ou livres historiques, et jamais de bouquins d’histoire militaire (même si je m’achetais guerre et histoire avant les longs trajets en TGV, du temps où il y avait de longs trajets en TGV). Mais bon, on vieillit, on change, et en ce moment je fais jouer du jeu de rôle deuxième guerre mondiale, et, disclaimer, je connais un des deux auteurs de cette biographie de Rommel. J’ai donc lu mon premier livre d’histoire mili, avec des cartes, des noms de généraux allemands, un dictateur à petite moustache (et quelques officiers étrangers en guest-stars).

Pour être entièrement honnête, j’avais seulement l’intention de lire les premières pages, « pour voir comment c’était fait », puis je me suis retrouvé à tout lire en quelques jours tant j’ai apprécié le livre. Il n’est pas très long, écrit de manière synthétique mais très facile d’accès et j’ai trouvé son approche intéressante, sachant qu’au départ je n’avais aucune opinion (ni fascination, ni détestation, rien) pour Erwin Rommel, le général allemand le plus fameux de la deuxième guerre mondiale.

Le livre n’est pas une biographie. Il s’attache plutôt à retracer une carrière militaire, en cherchant à comprendre quel officier était Rommel. Quelles étaient ses compétences, ses atouts, sa vision de la guerre, comment ces éléments ont évolué à travers le temps. Entré dans l’armée par opportunité, Rommel s’est battu héroïquement et plutôt efficacement durant la 1ère guerre mondiale dans les rares opérations de mouvement de ce conflit plutôt statique (en Roumanie et en Italie, je n’avais jamais entendu parler des opérations roumaines), a stagné entre les deux guerres avant de devenir un instructeur très apprécié et sans doute très doué. En 1940, il se retrouve à la tête d’une division de chars qui va participer (entre coups de génie, coups de bluff et grosses foirades) à l’écrasante victoire allemande dans la campagne de France. 

Le livre consacre ensuite de longues pages aux campagnes d’Afrique (là aussi, je connaissais très mal). Mélange de coups de génie, de défaites humiliantes et de réussites brillantes… Rommel manque de réussir à prendre l’Egypte, puis ne cesse de prendre des coups quand la situation se retourne fin 42. On le voit enfin en semi-disgrâce, puis devenant un des architectes du mur de l’Atlantique, et enfin tenant efficacement face aux Anglo-Saxons pendant quelques semaines en Normandie après le débarquement. La situation était alors très dure et même l’excellent commandant qu’il était devenu n’a pu la retourner. Le livre se termine par une évocation de sa chute politique, quand il est contraint au suicide après avoir été associé à la conspiration qui a échoué à faire tuer Hitler en juillet 44.

Les éléments biographiques (sa vie de famille, sa trajectoire sociale) et politiques (sa relation au nazisme et à Hitler, sa participation aux atrocités allemandes en Italie fin 43) ne sont pas éludés, mais vus essentiellement pour l’éclairage qu’ils apportent à sa carrière et à ses opérations militaires. Le livre tente un éclairage psychologique et une exploration des ressorts humains du personnage (son goût des honneurs, son égoïsme, mais aussi la manière dont il apprend à écouter, à collaborer, et son étrange fascination pour Hitler). Les auteurs traitent leur sujet sans complaisance ni détestation, leur texte n’est ni du panzer porn, ni une évaluation politique à l’aune des passions de notre temps.

Sans avoir aucune connaissance de ce domaine, j’ai trouvé le livre facile à lire et à comprendre. J’ai été souvent passionné par les développements consacrés à cet étrange métier de la guerre, illustré à travers le cas pratique d’un officier particulier, dans son humanité. 

Portrait de la jeune fille en feu – Céline Sciamma

En 1770, Marianne, jeune femme peintre est appelée sur une île pour peindre le portrait d’Héloïse, une jeune femme destinée à être mariée en Italie. Petit problème, Héloïse n’a pas envie d’être peinte. Marianne va donc passer pour sa dame de compagnie.

Dans ce film, on trouvera des scènes de peinture, de portrait et de fabrication de la peinture très réussie. Une ambiance d’île bretonne isolée (mais où personne ne parle breton).  Très peu de lignes de dialogues masculines (c’est quasiment un film en non mixité, et ça marche plutôt bien). Un jeu très beau sur le regard, le souvenir, le sens d’une histoire d’amour (vaut-il mieux la vivre maintenant ou bien s’en rappeler ?) avec un écho intéressant du conte d’Orphée. Cinq jours de grâce en pleine égalité entre la demoiselle noble, l’artiste et la servante. Une scène d’avortement (la première que je vois au cinéma). Quelques dialogues trop sérieux. Quelques images surprenantes et parfois comiques. Une image et des lumières très belles.

C’est un beau film qui reste dans la tête, dont les perspectives tournent et se retournent, qui fait qu’on essaie, encore après, de comprendre les gestes des personnages.