Münchhausen ? – au petit théâtre

Une chambre d’hôpital, toute blanche. Un vieux hirsute, à moitié dingue, sur le lit. Dans le coin, un étrange mannequin. On sent presque l’odeur des médicaments, et les exhalaisons corporelles pas très nettes du vieux, à qui son fils, qui fête ses trente ans aujourd’hui, vient rendre visite à contrecoeur.

Une pièce pour enfants qui commence comme ça, ça m’a rendu méfiant. J’avais tort.

Le vieux, c’est le baron de Münchhausen, 296 ans, qui a séduit toutes les infirmières, délire sur son lit, saute, rit, pète, fait des jeux de mots et fait fuser les paradoxes comme des feux d’artifice. Au bout de quinze minutes de représentation, le vieux est mort, le fils rentre dans son studio tout pourri sous les toits et l’histoire commence à exploser, avec l’aide soignante qui rêve d’astrophysique, le meilleur pote qui ne rêve de rien, le fils qui ne comprend rien, le cheval Bucéphale dans le cimetière, le voyage à Gibraltar, en passant par la lune et le Vésuve. Münchhausen ?, ce n’est pas une adaptation des aventures du célèbre baron, c’est une rêverie dans tous les sens, une histoire de joie, de deuil, de vie et de mort, une ode à l’illimité. C’est du théâtre moderne, explosif, à l’écriture speedée (la série Bref de Canal n’est pas loin, c’est peut-être la seule petite limite du truc), qui ose les effets spéciaux délirants, les blagues étranges, le surréalisme. Les acteurs sont tous formidables. C’est du théâtre pour enfants. C’est du grand théâtre. 

From Gibraltar, with love

(spectacle visible jusqu’à la fin de l’année. Allez-y !)

 

Photos de scène : (c) Elisabeth Carecchio

Quai numéro 1 – à la Tournelle

La gare de Vallorbe est une ancienne gare frontière, un grand bâtiment majestueux et décrépit, tout au bout de la ligne de train se rendant du lac jusqu’aux montagnes du Jura. Au bout du quai numéro 1, un baraquement : celui où les bénévoles de l’ARAVOH offrent depuis seize ans café et écoute aux requérants d’asiles et autres migrants accueillis au centre d’enregistrement.

De leur expérience, de scènes vécues, ils ont tiré ce spectacle, fruit d’une écriture et d’une création collective.




Ce soir, on ne va pas parler d’immigration

Le résultat est très réussi, un assemblage faussement hétéroclite de saynètes qui vont du monologue humoristico-amer (le monologue du banc, très beau texte), en passant les chansons, les mimes, les scènes de comédie et d’émotions.

Les auteurs ne cherchent à nous tirer les larmes, plutôt à faire état, témoigner, poser des questions.

 

Que peut-on faire ? Que peut-on dire ?




La pièce dépasse les particularités locales, que ce soient celles de Vallorbe ou celles de la Suisse, elle mériterait d’être relue, reprise ailleurs, d’évoluer encore.

Entre l’immigration de masse, effrayante, et la rencontre individuelle, il y a un vide. L’action de l’Aravoh, et de tous ces groupes locaux interpellés par les grandes migrations, est de tenter d’avancer dans ce vide.

La pièce sera jouée encore le 18 mars 2016 à Chavornay, et le 16 avril 2016 à Vallorbe.

Schumann

La musique de Schumann est/a été/aurait pu être/aurait voulu être. Il faut accepter d’imaginer, accepter l’inaccompli. Les promesses, les esquisses, les suggestions. L’esprit a à peine le temps de se construire une aventure qu’on est passé à autre chose. On hésite, on s’engage, juste assez pour tout voir, tout entendre, puis on glisse pour partir ailleurs. Des symphonies entières sont repliées dans quelques phrases pour piano.

L’orchestre construit pourtant une belle façade, avec feu et souffle, un concerto romantique en trois mouvements, et un moment on peut y croire, quelques minutes durant (la musique, c’est du temps). Mais déjà, à l’intérieur, derrière les belles images, les pensées et les doutes reprennent, et si… et si… Faisons beau, faisons clair, soyons dans le genre, et que tout sonne joyeusement, mais pendant ce temps, à l’intérieur, le piano se recroqueville, se replie et cherche, cherche encore, tous ces chemins qu’on aurait pu parcourir, tous ces chemins qu’on prendra peut-être, un jour, ensemble.

Notes prises après le concert du 16 novembre 2015 de l’orchestre de chambre de Lausanne, direction Joshua Weilerstein, Cédric Pescia au piano. Concerto pour piano op 54 de Robert Schumann.

L’écran de login brille avec insolence. Mot de passe ?
Elle renverse la tête en arrière, geste dérisoire pour détendre son dos et sa
nuque durcis. Yeux clos. Des ronds de lumière grandissent puis disparaissent
sur l’écran noir de ses paupières. Tout est là. En elle. Elle n’a même pas
besoin de se reconnecter, les synapses ont rétabli les liens, elle navigue dans
les rapports, sentiments, les émotions, les données numériques. Elle peut voir
Bronner. Elle le voit. Avec une précision parfaite. Ses fines lunettes, ses
mains de jardinier, la légère palpitation des tendons de son cou pendant qu’il
parle. Elle entend sa voix, la ressent vibrer dans ses os tandis qu’elle est
appuyée contre lui, sous la pluie, entre les orangers en pot. Les mains de
Charlotte se posent sur le clavier comme des oiseaux. Elle sent Bronner, tout
proche. Artificiel. Une marionnette dans son esprit. Un costume dans lequel
elle se glisse. Il faut faire bouger les mains de la marionnette. En accord
parfait avec le personnage. En accord avec celui qu’ils appellent
« José ». Elle entend de la musique. Des notes de piano qui tombent
sur la surface de l’eau. Un ciel d’outre Rhin, rayé de nuages… Images d’un
voyage ancien, souvenirs d’une musique entendue en un temps heureux. Il est
heureux/elle est heureuse, la vibration des accords se prolonge jusque
maintenant, dans ses poignets. Robert Schumann. Bronner/Charlotte a appris à
jouer ces morceaux. Une musique rêveuse, difficile, ça ne coule pas sous les
doigts, tu sais ? Il/elle reconnaît les accords, ils lui sont toujours
à l’esprit au moment d’insuffler le mot de passe, une pensée, un instant de
bonheur : Les scènes d’enfance du pianiste à neuf doigts, sixième partie.

(c) Sébastien Maloron

Répétition — à Vidy

Nous n’étions pas retournés à Vidy depuis longtemps, mais Cecci avait repéré dans le nouveau programme une pièce avec Denis Podalydès. Oui, certes, la présentation ne nous disait rien, mais Denis Podalydès, quand même… On l’avait vu plusieurs fois à la Comédie Française, c’est un excellent acteur de théâtre et il l’a prouvé brillamment ce soir dans Répétition, de Pascal Rambert.

Malheureusement, ce n’était pas suffisant.

Répétition: quatre acteurs sur scène, quatre monologues de quarante minute dans un décor moche et sans intérêt. Les quatre personnages, qui portent les prénoms des acteurs (clin d’œil !), travaillaient à une répétition d’un vague objet théâtral (clin d’œil ! Théâtre dans le théâtre, mise en abyme, tu vois ?) et puis il y a eu une histoire de coucherie, et chacun pendant quarante minute donne sa vision du théâtre, de l’art, de la vie, du langage (en disant des gros mots de temps en temps).

Ça a l’air pénible, dit comme ça ? Et bien en fait, ça l’est. 

Cecci dit : « l’ennui était tellement grand qu’il anesthésiait la pensée avant même que le texte s’en charge. »

Ça pontifie, c’est très mal écrit (chacun des personnages parle comme l’auteur et file d’interminables métaphores bancales), les quelques rares idées amusantes flottent dans cette bouillasse comme les lentilles dans une soupe sans lentilles. Malgré les efforts méritoires des acteurs, la pièce reste narcissique, sentencieuse et bavarde.

On pourra me dire que Thomas Bernhard aussi fait des pièces avec des monologues au kilomètre et des phrases qui tournent en rond. Et dans cette maison, on aime bien Thomas Bernhard. Répétition, c’est du Thomas Bernhard du pauvre. Les mêmes trucs, sans le génie.

Cecci dit : « une seule lueur de grâce dans tout cela: la capacité de Denis Podalydès à rendre presque crédible un texte qui ne l’est fondamentalement pas. »

A la fin, tout le monde se couche et une gymnaste vient sur scène. Bon.

Cecci dit : « Après deux heures écart d’ennui mortel, ma patience est trop entamée pour pouvoir supporter un numéro de GRS. »

Un spectacle à fuir.

Knie – 2015

C’est un des indices qui disent que l’automne est proche, le cirque Knie revient vers la Suisse romande (autres indices : le retour des courges et des vacherins Mont d’Or). Pour rappel, Knie c’est le grand cirque de Suisse, pro, bien réglé, quasiment la sortie familiale obligée. La grande question chaque année c’est toujours de savoir s’ils parviendront à dépasser le côté show bien huilé pour trouver de l’émotion et de l’âme. 2015 est pour ça une année moyenne (contrairement à 2013, par exemple). Le numéro de jonglage était réussi, mais très mécanique. Le numéro de portés et de main à main techniquement impeccable, mais d’assez mauvais goût quant aux tenues des artistes (je suis pourtant assez tolérant à la paillette et aux déshabillés). Le clown était Rob Torres, que nous avions déjà vu il y a quelque temps et qui a refait des numéros (très chouettes) que nous connaissions déjà.

Il y a eu une curieuse démonstration de dressage en réponse aux accusations des associations de défense des animaux.

Restent trois moments magnifiques, qui justifient à eux seuls le prix des places. D’abord, un numéro de barre russe, cette sorte de poutre élastique portée à l’épaule par deux costauds, de laquelle une ravissante demoiselle aux longues jambes s’envole et tourbillonne (Trio Stoian). Puis un numéro de chevaux extraordinaire, qui commence avec douze chevaux noirs et blancs formant un carrousel autour de Maycol Errani, auquel se rajoutent bientôt d’autres chevaux jusqu’à remplir toute la piste, le numéro se finissant sur une image merveilleuse, de la grande classe et le rappel de ce fait que j’aime bien : ces grandes familles de cirque sont surtout des familles d’écuyers.

Enfin, la troupe Sokolov (en clôture) monte un numéro de bascule (avec échasses !) dans un esprit XVIIIème siècle punk, façon Amadeus survolté. Très, très, très fort et incroyablement bien mis en scène.

(à noter cette année une affiche magnifique)

Photos presse Knie.

 

La Mouette – Chiten

 

Konstantin « Kostia » Treplev est le fils d’une actrice célèbre acoquinée avec Grigorine, un écrivain à succès, et il ne le vit pas très bien. Au point d’avoir tenté de se suicider. Sa tentative de monter une pièce expérimentale avec la belle Nina ne sera pas non plus un succès, on peut dire que Kostia ne va pas très bien.
Le lecteur attentif reconnaîtra ici l’argument de la Mouette, de Tchekov, que nous avons donc vue, mise en scène par la troupe Chiten (« le point »), venue du Japon jusqu’à Romainmôtier dans le cadre de l’excellent festival des Scènes du chapiteau. Une pièce russe,  jouée en japonais surtitré dans un village perdu du Nord-Vaudois, pour un moment pleinement dépaysant.
Le jeu des Japonais est une expérience sensorielle forte, un engagement de tout le corps et de toute la voix, le flux de mots et de paroles devenant comme une expulsion de l’âme, une grande pulsion psychique nous jetant, par la matière sonore même (cris, syncopes, halètements) jusque dans l’état interne des personnages. L’expérience est intense, pas facile, renforcée par la petitesse de la salle et la proximité des acteurs, et le résultat est exceptionnel. On n’assiste plus aux évènements mais à quelque chose de beaucoup plus étrange – la mise en scène de Chiten semble nous plonger dans l’esprit même de Treplev, au cœur de ses tourments. On n’en sort pas indemne.

PS: je sais que le temps du blog n’est pas celui de l’actualité, mais il reste paraît-il quelques places pour l’unique représentation de samedi 22 août, 18h30. Informations de réservation sur le programme du festival.

[Mise à jour] une autre représentation serait prévue ce dimanche, 15h. Se renseigner auprès de la direction du festival. 

Je parle de la scène. Maintenant, je ne suis déjà plus… Je suis déjà
une véritable actrice, je joue avec bonheur, avec exaltation, la scène
m’enivre et je me sens éblouissante. Et maintenant, depuis que je suis
ici, je sors tout le temps marcher, je marche et je réfléchis, je
réfléchis et je sens que, de jour en jour, mes forces spirituelles
grandissent…

Panique dans le métro – école de cirque de Lausanne

J’ai été tout a fait séduit par le spectacle de fin d’année de l’école de cirque de Lausanne. Intitulé panique dans le métro, il a été présenté en deux versions, celle des classes pré-professionnelles et celle des classes loisir, ces dernières représentant surtout les enfants qui font du cirque comme activité après l’école et qui ont l’occasion, ainsi, de montrer le travail accompli.

Le cirque est pour moi une affaire de corps, d’exploits et de lumières. J’aime y voir des mouvements extraordinaires, mis en scène sans tricherie, exécutés avec l’illusion de la facilité. Je suis heureux de voir les artistes y arriver, dépasser leurs limites, marcher sur une boule, jongler, agir parfaitement coordonnés, tenir des postures au trapèze assis, tourbillonner et s’arrêter au ras du sol accrochés par le ruban. Ça sent la sueur et les paillettes, la lumière est crue et colorée, la musique marque les mouvements. Et le spectacle des classes loisirs de l’école de cirque m’a offert tout ça, avec l’humilité des moyens des jeunes artistes. Oui, ils sont parfois tombés et tout n’a pas marché comme on voulait, mais au cirque on a le droit de se planter, ça donne la mesure des exploits qu’on y accomplit. Les numéros étaient très joliment arrangés et mis en scène, rendant beaux les jeunes gens engagés sur la piste.

Et un spectacle réussi contient ses moments de grâce, quand quelques chose d’étrange se produit et nous transporte. Le très jeune contorsionniste aux allures d’extraterrestre ou les jeunes hommes bondissant sur la bascule, si prêt et si fort qu’on avait l’impression que les corps allaient voler vers les spectateurs.

Un grand bravo aux professeurs, aux entraîneurs, aux élèves pour ces moments de dépassement et de rêve !

PS: l’ensemble du travail autour du spectacle était très pro, du maquillage aux garçons de piste.

Le dératiseur de Hamelin – au petit théâtre de Lausanne

Des notables s’en mettent plein les poches, tout roule, ils banquettent joyeusement, profitent de la situation, jusqu’à ce que survienne une catastrophe écologique, comme on dirait maintenant : prolifération de rats dans la ville. Le maire commence par ignorer la situation jusqu’à ce ses propres entrepôts soient atteints… Et les plus grands scientifiques ne peuvent trouver de solution… Alors arrive l’homme miraculeux, le joueur de flûte, étranger un peu diabolique, venu de loin, qui réclamera son dû pour son « travail ».

La compagnie Pied de biche ose tout, dans cette adaptation du fameux conte des frères Grimm. En premier lieu, ne rien édulcorer, respecter le récit, son contexte, sa morale cruelle. Y ajouter des chansons, de la musique (genre métal épique des années 70 plein de guitares électriques !), jouer sur les changements d’échelle entre vrais acteurs et marionnettes, transformer les décors sous vos yeux, glisser dans la mise en scène des morceaux « pour adultes », sans jamais perdre les enfants. Le tout avec énergie et bonne humeur. 

Marguerite et sa copine ont beaucoup aimé, les parents aussi. On se situe la dans une mouvance à laquelle je rattacherai le travail des Artpenteurs sur le Révizor ou celui de Christian Denisart pour l’arche part à huit heures : un théâtre pour enfants de très grande qualité, qui allie invention, énergie, sérieux et folie, pour le plus grand plaisir de tous.

Bref, du grand art. 

PS: le spectacle joue encore cette semaine, et je crois qu’il reste des places. Foncez-y, ça vaut vraiment le coup ! Le site du petit théâtre.

Un ennemi du peuple – Ostermeier à Kléber-Méleau

Dans une année à l’emploi du temps un peu agité, avec peu de temps disponible pour les sorties, ça peut paraître drôle d’idée d’aller voir une pièce en allemand sur-titré dans une ancienne zone industrielle de Lausanne.

Nous avions adoré les revenants d’Ibsen, adaptés par le même Thomas Ostermeier, et c’est purement sur son nom que nous sommes allé voir cette pièce. Et alors ? se demande le lecteur impatient. Qu’en est-il ?

Dans une petite ville thermale, le docteur Stockmann découvre que les eaux avec lesquelles on soigne les curistes sont empoisonnées par divers polluants, expliquant les maladies constatées dans l’établissement la saison précédente. Il s’en ouvre au directeur des bains et maire de la ville, son propre frère, ainsi qu’à des amis journalistes, qui se montrent tous très concernés, avant de comprendre qu’une publicité déraisonnable sur cette affaire (ou même la simple conduite des deux ans de travaux d’aménagements nécessaires pour les conduites d’eau…) sera très nuisible à la vie de la ville dont les bains sont la principale source de revenus. Et au fur et à mesure que le récit évolue, Stockmann se retrouve de plus en plus isolé…

L’action de la pièce se déroule à l’origine dans la Norvège conservatrice de la fin du XIXème siècle, mettant en scène un clairvoyant ayant raison au milieu des aveugles qui veulent le faire taire (peut-être la façon même dont l’auteur se voyait ?). Ostermeier l’a transposée dans l’Europe moderne. Stockmann est une sorte de bobo idéaliste, qu’on devine bien marqué à gauche, un type moderne sorti des milieux alternatifs, qui s’occupe de son bébé quand sa femme le lui refile. Le récit et ses enjeux sont tout à fait pertinents, la vérité face à la sécurité économique ou la survie des medias…

La mise en scène n’hésite pas à pousser Stockmann dans ses retranchements, son absolutisme irréductible et son manque de goût pour le compromis (mais peut-il y avoir de compromis dans cette situation ?) lui donnant des airs dictatoriaux… Jusqu’à une scène – un peu gadget à notre goût, même si très bien menée – de réunion publique durant laquelle les spectateurs incarnent la population de la ville.

J’ai été tout d’abord très sceptique face à cette « modernisation » de l’action, avant d’admettre qu’elle fonctionnait très bien et parvenait à tirer de la pièce déjà forte de belles résonances. D’autant que la mise en scène est impeccable, les jeux de décors très astucieux (l’usage malin de l’ambiance squat de l’appartement de Stockman, par exemple), la troupe vraiment très en forme et très intense, tous les acteurs étant excellents (et le fonctionnement parfait des sous-titre associé à mes restes scolaires d’allemand permettant de ne pas perdre le fil). Bref, si nous voyons passer une nouvelle mise en scène du même, ou une autre pièce avec les acteurs de la Schaubühne de Berlin, nous irons la voir !

PS sous forme de politique locale: sans méjuger les qualités de la salle du théâtre Kléber-Meleau, n’est-ce pas un signe de la nouvelle direction du théâtre de Vidy que de ne pas présenter ce spectacle dans la salle Charles Apotheloz ?

Géant – au cirque d’hiver

Quelques mots sur ce blog au sujet de nos sorties de la semaine des fêtes, avant que les dingues à fusils-mitrailleurs viennent nous rappeler quelques vérités bien senties sur la vie, la mort et la liberté d’expression.

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Nous sommes donc allés voir Géant, le dernier spectacle du cirque d’hiver. Le cirque d’hiver Bouglione, c’est comme Knie : ça roule, c’est pro, ça brille, dans le magnifique chapiteau en dur sur les bancs duquel les grands comme moi ont du mal à replier leurs jambes.

Le spectacle présentait le mélange classique (et apprécié) du cirque d’hiver : cirque classique (éléphants, chevaux, ruban, acrobaties) et numéros proches du music-hall (danseuses, grande illusion).

Parmi les réussites mémorables de cette année, un formidable numéro d’acrobaties sur éléphants (des éléphants d’Afrique ?), les flying Mendoza, un beau groupe de trapèze volant brésilien, très frime et très stylés. Un beau numéro de mât chinois par Loesvel et Dismani. J’ai été plus sceptique quant au main à main Momento di passione : deux belles filles soutenaient pour les figures un petit costaud. On voyait bien ici une tentative d’inverser certains stéréotypes sexistes (le cirque n’en est pas dépourvu…), mais le résultat n’était pas très heureux avec deux femmes servant de faire-valoir et portant en force un bonhomme.

Cela ne gâchait en rien le spectacle, rythmé par les numéros délicats du clown Rob Torres. Le numéro le plus surprenant ayant été, en première partie, le numéro de Daniel Golla avec son avion radiocommandé – rythmé, épatant, poétique, une grande réussite.

Ce sont d’ailleurs ceux deux là, Daniel Golla et Rob Torres qui apparaissaient dans le magnifique tableau final du spectacle, dans un jeu de lumières extraordinaire. Bref, un très bon cru 2014-2015 pour le cirque d’hiver !