IOD – Norn

Hier soir, concert des Norn au Clédar.
La musique des Norn est une expérience bizarre, une plongée dans un monde mal délimité, plein d’impressions et de rêves. Elles chantent dans une langue inventée, portent des costumes archétypaux, dansent comme des sorcières, comme une créature à trois têtes. Serpents, chimères, enfants, magiciennes. Souffles de sable et reflets d’eau. Voix puissantes, en contrepoint, rythmes brisés, le coeur saute des battements, l’esprit décolle et rêve. J’ai retrouvé dans leur musique ce que j’aimais dans le Dead Can Dance des débuts, avec qu’ils ne deviennent pompeux et lourds. J’imaginais des histoires pas très rassurantes de femmes possédées par des voix qui ne leur appartiennent pas, de créatures ayant une apparence humaine mais révélant dans la danse une nature bien plus singulière. Ambiance de déserts, tissus noirs chatoyants, le percussionniste me faisait l’effet d’être le jeune homme des contes, égaré de l’autre côté du mur du sommeil. Pas sûr qu’il en revienne entier.
Pas une musique facile, mais il n’y a besoin d’aucune clé pour la comprendre, la clé est en moi, en vous.

Pour les écouter (en CD)

  • Le disque FRIDJ : premier disque des Norn, ambiance de vent, neige et gel, une merveille a capella sous une pochette d’Eikazia
  • Le disque IOD : disque du spectacle vu hier (désert et eau, et quelques percussions), à paraître cet automne…
  • Plus médiéval, avec une énergie étonnante, les disques d’Espantar , notamment le disque « la Manticore » (rien à voir avec le groupe français du même nom), que réécoute sans me lasser.

Pour les écouter (sur le net)
Quelques extraits de FRIDJ sont dispos sur le site… Je tente de les embedder ci-dessous.



Pour les voir (c’est encore mieux !)
Agenda sur le site www.norn.ch

Photos venues du même site, (c) Norn.

Electre, à la colline

Esprit critique a aimé la mise en scène de Electre au théâtre de la colline.
Moi pas.
Non que la pièce soit sans intérêt, loin de là. Cette histoire de vengeance à la cour des Atrides, cette mère écrasante, cette fille traitée comme un chien (littéralement)… Cette famille enfermée, bouclée dans ses pensées, sans ses folies… Ca avait tout pour me plaire.
Non que les acteurs manquent de présence. Clytemnestre fait une reine saisissante, la jeune femme qui joue Electre a de la voix et de la présence… autant du moins que le lui permet la mise en scène. (Oreste est assez bof, par contre. Un mou. Mal habillé.)
Non d’ailleurs que le décor soit inintéressant, avec cette pluie de sang, ces chaises vides, la terre sous la scène, ces lumières qui créent des ombres terribles…
Mais la mise en scène arrive à gâcher toutes ces qualités. Pourquoi ce hiératisme, ces personnages qui
se disent « lâche-moi, ne me touche pas ! », quand ils sont à vingt
mètres l’un de l’autre? Et ces poses ridicules, les bras levés comme des sémaphores de Chappe… Et surtout, cette horrible diction : les phrases coupées n’importe quand, avec des pauses
solennelles au petit bonheur la chance. Tenez, comme si on
écrivait une critique de théâtre en mettant de sauts
de ligne n’importe où.
Je veux bien que le but soit de composer des images fortes, mais que d’efforts, que de peines, pour trois images intéressantes pour 1h40 dans le noir. Le spectacle est figé, toute vie arrachée aux personnages, toute envie d’en savoir plus à leur sujet arrachée au spectateur.
Tant pis pour eux.

Les barbares / Gorki – Lacascade

Je fixe quelques mots pour garder une trace de l’excellente pièce que nous avons vue dimanche après-midi, au théâtre de la colline. Les barbares, pièce adaptée d’après Gorki. C’était la dernière. Du théâtre russe comme j’aime : une petite ville de province, pourrie et misérable, avec son lot de petites histoires d’amour, de rancoeurs et de haines. Deux ingénieurs arrivent (avec famille) pour travailler sur l’installation du chemin de fer. Deux mondes se rencontrent, se percutent, s’usent l’un l’autre, se mêlent…
La pièce fait fortement penser à Platonov – pour le côté histoire chorale/sociale à intrigues multiples, ainsi qu’au fabuleux Révizor de Gogol, pour l’affaire de l’étranger qui arrive dans une petite ville et qui bouleverse tout (et aussi à la Forêt et à la Cerisaie…),. Mais la pièce de Gorki est plus tardive, et bien qu’elle reprenne ces thématiques, on voit qu’elles sont traitées à l’aube de la Révolution…

Au coeur de l’action, de fabuleux dialogues, âpres, vrais, enchâssés les uns dans les autres, entre des personnages tous en tension, souffrant et cherchant, qui se rencontrent et se perdent. Tout le monde parle en même temps, la tête tourne, on gagne une sorte d’ivresse à voir se déployer et se briser toutes ces vies. Dans l’ensemble des intrigues individuelles, j’aime tout particulièrement l’histoire de Igor Tcherkoum, l’ingénieur idéaliste et violent, qui cherche à ouvrir des routes de fer dans une société qu’il voit comme un cadavre pourrissant. Et son enthousiasme ira s’usant, s’usant, confronté à la ville, au monde, à des gens qu’il déteste, qu’il comprend…

Sur un plateau immense, dans un décor plein de lumières rasantes, le corps des acteurs est mis en valeur, souligné – muscles, bras et jambes… Corps collectif (quand le groupe d’habitants de la ville, véritable masse humaine, accueille les ingénieurs), corps individuels (le gros Gricha, la fine et souple Pavline, le mendiant tout sec, la délicatesse absente de Nadejda…). C’est un théâtre vivant, vibrant, avec de la musique, une fanfare, des danses, des gestes théâtraux superbes (quand Lydia plante les fleurs devant Anna…), des images fantastiques (la petite sauvageonne sur les épaules de Gricha, le maire posant le pied sur la main de son subordonné, le mendiant perché en haut de sa barrière…). De nombreux moments m’ont bouleversé, jusqu’à me serrer la gorge. Moments de déchirure, de solitude, d’abandon, d’ivresse. Toute la vie y passe, y bouillonne, dans une grande douleur. Est-ce que Gorki déteste l’humanité, pour montrer des personnages aussi bêtes, aussi souffrants? Ou bien est-ce que, au contraire, il éprouve pour elle un amour infini?
Aucune prétention, aucune tendance à l’intellectualisme : les barbares est une pièce qui se comprend immédiatement, qui saute à la gorge, dans toute sa violence. Et la troupe l’a merveilleusement rendue.

Sei personaggi in cerca d’autore

Nous avons eu l’occasion de retourner hier au joli théâtre de l’Athénée, avec sa belle façade art-nouveau. Il est situé dans un curieux quartier près de l’Opéra: des rues piétonnes avec seulement des magasins chics qui, sous les réverbères de la nuit d’hiver prend des airs de décor… de théâtre justement.
Je ne connaissais pas la pièce de Pirandello, sinon son titre qui m’avait toujours intrigué. Le pitch en est simple : pendant une répétition, six personnages (aux rôles dramatiques assez tranchés : le Père, la Mère, la jeune fille, le jeune homme, le jeune fils, la petite fille…) apparaissent sur scène réclamant qu’on raconte leur histoire. Et le metteur en scène, un peu malgré lui, se laisse entraîner avec ses acteurs dans une tentative de représentation de ce que ces personnages ont à dire. La pièce était représentée en italien, surtitrée.
Le propos méta-théâtral est évident et me paraît maintenant un peu daté. Ce qui marche, par contre, ce sont les interactions entre les « acteurs » et les « personnages », très habilement illustrées par les costumes, le jeu des acteurs, le jeu scénique. En cela, la mise en scène est très ludique. Les « personnages » ne sont pas pleinement des êtres humains (ils n’ont pas de noms, par ex.), ils sont des idées, du « matériau dramaturgique ». Et les acteurs jouant les personnages arrivent à incarner cela, non sans talent ni sans humour.

Quant au propos psychologisant de la pièce (le drame familial et social des « personnages ») il est ce qui me paraît le plus vieilli, le plus artificiel, contrairement par exemple à celui exposé dans Filumena Marturano, dont j’ai parlé il y a quelques mois. Mais cette dernière pièce est aussi plus récente.
Notre plus grand plaisir durant cette pièce a bien été en vérité de pouvoir comprendre les acteurs (qui parlaient nettement et clairement) sans quasiment s’aider des sous-titres. Que c’est beau, l’italien…

Moi, Feuerbach, au Sudden Théâtre


Au petit théâtre derrière chez nous, ils jouent en ce moment « Moi, Feuerbach », de Tankred Dorst, pièce pour trois acteurs (et un chien), d’un auteur allemand contemporain.

Argument de la pièce (comme on dit): »Sur scène, un comédien, Feuerbach, convoqué pour passer une audition, ignore pour quelle pièce et quel rôle. En un laps de temps très court il devra convaincre. Vertigineux plongeon dans l’inconnu. Situation d’autant plus difficile, qu’il n’a pas travaillé depuis sept ans, et qu’un acteur sans rôle croit n’être personne. En attendant le metteur en scène, Feuerbach se retrouve face à un assistant qui ne le connaît pas, jeune homme sans complexes et sans états d’âme, sans références passéistes et pour qui le théâtre n’est qu’une occupation comme une autre. Face à cette agression, Feuerbach se battra pour son identité, son équilibre, pour sa vie même. »

Mes goûts en matière de théâtre me portent plutôt vers les classiques. Et le sujet de la pièce, le côté un peu expérimental du truc, n’avaient pas grand chose pour me séduire.
Bien à tort !
La pièce est en vérité très intéressante, souvent drôle, la mise en scène utilise habilement le petit espace du « Sudden Théâtre » (petit, mais avec un grande scène, très profonde), les acteurs (notamment Yann Bonny) ont beaucoup de pêche et de talent. Cette pièce, un quasi monologue, est un tour de force, avec des passages tristes, drôles, ridicules, souvent très physiques.
Un grand bravo en particulier pour les éclairages, particulièrement réussi, notamment dans le magnifique épisode de la danse.

Il campiello à la Comédie Francaise

Dimanche après-midi, nous sommes allé profiter des billets de dernière minute de la comédie-francaise, une bonne occasion pour aller voir de l’excellent théâtre pour moins cher qu’une place de cinéma.

photos (c) Comédie Française

La pièce était Il campiello, de Goldoni. J’ai adoré. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été bouleversé par des visions, des images. Le théâtre ouvre pour moi des portes vers des mondes de rêve extraordinaires et là encore, ça a été le cas.
Pourtant, Il campiello n’invite de prime abord pas à rêver. Il y est question d’une petite place (le campiello du titre) à Venise, autour de laquelle vivent de pauvres gens, essentiellement des femmes, des vieilles et laides, des jeunes et jolies. Viennent aussi les fiancés de ces dames, un gamin qui vit de débrouille et un marchand de rubans macho. C’est carnaval, il fait froid – aucun masque sur scène, les gens sont trop pauvres pour jouer à ça.. Petites intrigues entre voisins. On bavarde, on crie (ils sont italiens, quand même!), on se chamaille, on s’insulte, on se bat, pour les plus meilleures et les plus mauvaises raisons du monde.
Le Chevalier, un homme (apparemment) riche et élégant s’installe à l’auberge voisine et observe tout ce petit monde, se mêle de leurs affaires, tente de plaire à tout le monde et de séduire toutes les dames… Il aime l’allégresse, c’est son mot. Il aime quand les gens sont heureux, quand on joue de la musique et quand on danse.
Voilà, c’est tout. Il n’y a pas vraiment d’intrigue, on va voir vivre tous ces gens, ces gens pauvres, bêtes, plus ou moins honnêtes. On crie, on joue, on se chamaille. On se fiance, on se marie, on se dispute. Il y aura de la musique et des danses, et la neige qui tombe sur le campiello. Et à la fin, le carnaval se finit, le Chevalier quitte Venise pour retourner en son pays. Adieu Venise, adieu.

photos (c) Comédie Française

Pas de rêve dans cette histoire, non. Pas d’histoire, d’ailleurs. Mais tout un monde qui naît, qui vit sous nos yeux, la Venise des petites gens, aimée de Goldoni, le souvenir, le rêve de cette Venise, un ailleurs, un autrefois enchanté qui nous aide à vivre. Des lumières dans l’auberge, le bruit d’un bon repas, un instant de danse, un instant de musique, comme dans des tableaux de Brueghel.
La vie, tragique, absurde, heureuse parfois. Et belle.

Merci aux acteurs, décorateurs, musiciens, techniciens, qui ont permis ces instants miraculeux. Merci à Jacques Lassalle, qui fait de si belles mises en scène. Merci, merci.

L’illusion comique – au théâtre de poche Montparnasse

« C’était bien l’illusion comique hier… Léger et juste comme un rêve… C’est le songe d’une nuit d’été de Corneille.  »
Voilà ce que tu as dit ce matin, après avoir vu la pièce mise en scène par Marion Bierry. Je ne connaissais pas la pièce, ni ce minuscule théâtre de poche (Montparnasse), ni cette troupe.
Alors dans une toute petite salle, avec de petits moyens, le décorateur a reconstitué la grotte du magicien Alcandre, que vient visiter une mère éplorée : son fils a disparu, elle en veut avoir des nouvelles.
Alcandre, fin et élégant, un masque vénitien tenu sur la visage, va dévoiler le destin de Clindor à sa mère inquiète :

Sous une illusion vous pourriez voir sa vie,
Et tous ses accidents devant vous exprimés

Par des spectres pareils à des corps animés :Il ne leur manquera ni geste ni parole.
Et quel destin ! On aura des intrigues, une troublante Isabelle, une espiègle Lyse, un Matamore, capitaine prétentieux prétendant avoir vaincu tous les princes de la terre. Il y aura aussi des meurtres, des trahisons, une évasion, des retournements et des rebondissements dans tous les sens, et même de jolis passages chantés.
Le texte est magnifique, plein de poésie et de bons mots, en digne ancêtre de Cyrano. Corneille s’y montre virtuose, à la fois drôle et sérieux, loin de l’austère tragédien qu’on présente parfois à l’école.
La troupe donnait l’impression d’un grand bonheur de jeu, d’une grande complicité. La pièce a été adaptée intelligemment, tordant un (petit) peu le texte et respectant bien l’esprit.

On en est sortis très heureux, très légers.

… A présent le théâtre
Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,
Et ce que votre temps voyait avec mépris
Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits, PS : tous les acteurs sont bons, les costumes sont beaux et la mise en scène très légère. Seule l’affiche est vraiment moche. Mais qu’elle ne décourage pas d’aller voir la pièce !
PPS : la pièce m’avait été recommandée par Le masque et la plume. Merci à Jérôme Garcin et ses chroniqueurs !

Filumena Marturano

Rappelle-toi, on est allés au théâtre, pour voir cette pièce italienne.
C’était à l’Athénée, le petit théâtre art nouveau tout mignon, derrière l’opéra.
J’avais un peu peur, suite à La Locandiera, avec Cristina Reali :
peut-on bien jouer en français du théâtre italien?
Mais là, la metteuse en scène était italienne. Et ça changeait tout.

D’abord, la pièce est géniale. Un sujet de mélo, ou de drame social.
Et un traitement très humain, donc une comédie. Une mère qui se bat pour ses enfants, des hommes lâches et bêtes, des gens qui crient, la société qui oppresse. Et c’est noir, et c’est drôle…
Les acteurs sont exceptionnels, particulièrement les deux personnages principaux, Filumena (Christine Gagnieux) et Don Domenico (Alain Liebolt). Les personnages secondaires sont parfaitement campés, avec
chacun sa scène savoureuse, Alfredo, la petite Lucia, Rosaria… La mise en scène évoque une grande maison du sud de l’Italie avec ses couloirs frais, et le vin et le café…

La traduction et l’adaptation et le jeu des comédiens arrivent à nous faire croire, en français, qu’on se trouve à Naples, en Italie. Ca nous a fait penser aux histoires du grand-père de Carlo…
C’était vif, enlevé, brillant. On a dit qu’on conseillerait à tout le monde d’y aller, d’autant qu’ils jouent jusqu’au 1er avril.

Photos (c) théâtre de l’Athénée

http://www.athenee-theatre.com/

Le Cid à la comédie Française


Mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman.
Nous y sommes allés mercredi 15.

Je vois jouer cette pièce pour la deuxième fois. Une des meilleures du théâtre classique français selon moi. L’histoire est géniale, les personnages sont très bons et les répliques plutôt bien écrites. Je rêve une version « heroic fantasy » écrite par Robert Howard, avec le vent âpre de l’Andalousie, les combats sauvages contre les Maures et la beauté de Chimène comme une flamme noire. Ca en jetterait, non ?

La mise en scène est sobre et met bien en avant la pièce, permettant de bien en comprendre les mécanismes et les enjeux. Elle met en avant le côté tragique de la pièce (qui a, rappelons-le, ses instants héroïques… et ses instants comiques)
La distribution est bonne.
Je n’aime pas tellement Alexandre Pavloff, qui joue un « Cid » shooté aux médicaments, vraiment pas sûr de lui ni de sa virilité (où est le héros solaire ?).
Chimène (Audrey Bonnet) est très belle, très ardente. Une silhouette en noir sur fond de flammes, une femme méditerranéenne au regard immémorial. Qui hurle vengeance et qui ne cède jamais. La pièce pourrait presque porter son nom.
Les autres acteurs sont bien, mention particulière pour le roi (le rôle le plus drôle) et la princesse, très belle, très sage, très jalouse.

Ca reste du très beau théâtre.

Photos (c) Comédie Française

Percé jusques au fond du coeurD’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,Misérable vengeur d’une juste querelle,
Et malheureux objet d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,

O Dieu, l’étrange peine!
En cet affront mon père est l’offensé,
Et l’offenseur le père de Chimène!

Que je sens de rudes combats!
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse:
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse:
L’un m’anime le coeur, l’autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme.
Des deux côtés mon mal est infini.
O Dieu, l’étrange peine!
Faut-il laisser un affront impuni?
Faut-il punir le père de Chimène?

Mémoires d’un tricheur


…de Sacha Guitry, avec Francis Huster dans le (mono)rôle éponyme.
Nous avons assisté à la 150ème, dans le classieux théâtre Edouard VII.
Ce n’est pas du grand théâtre. Pas de morale profonde, pas de remise en cause de l’existence. Une petite pièce (un quasi monologue), dite par un bon acteur. Beaucoup de mots d’esprit, un esprit souvent méchant, jamais vulgaire, avec une vraie joie de vivre. Pas de cynisme, juste une moquerie un peu caustique.
La pièce est une aimable plaisanterie, un peu comme une anecdote un peu longue et savoureuse, à déguster au salon avec un verre de whisky (ou de champagne, pour être dans l’esprit du narrateur). Si on n’en attend pas plus, alors on sera bien servi.