Romeo und Julia — au théâtre de marionnettes de Salzbourg

Cecci et moi aimons les spectacles de marionnettes, même si nous n’avons pas souvent l’occasion d’en voir. Nous pensons qu’il s’agit d’un mode de spectacle vivant très riche, pour traiter des sujets enfantins ou adultes.

Le théâtre de marionnettes à fils de Salzbourg est très réputé. Cette institution a été fondée au début du XXe siècle par des gens qui voulaient créer des spectacles de qualité à la hauteur de la réputation culturelle de la ville. Le théâtre est connu depuis longtemps pour ses adaptations d’opéras de Mozart en marionnettes.

Comme nous étions de passage à Salzbourg pour nos vacances, nous avons pris des billets pour le spectacle qui jouait un des soirs de notre séjour : une adaptation pour marionnettes de Roméo et Juliette du grand William.

La technique pour laquelle ce théâtre est célèbre est celle de la marionnette à fils. Des marionnettes « réalistes » d’environ 40 cm de haut avec une douzaine de fils pour contrôler jambes, bras, tête, posture. L’accueil du théâtre présentait certaines des centaines de marionnettes fabriquées sur place, qui sont vraiment magnifiques.

Les manipulateurs et manipulatrices sont excellent(e)s, c’est très beau de voir bouger ces silhouettes avec leur vie propre sur scène. Le manipulateur ou la manipulatrice se montrait parfois, en avant-scène, avec leur personnage. Celui-ci se retrouvait à s’appuyer sur la jambe de son humain, ou bien à échanger quelques mots avec lui ou avec elle, et c’est fascinant à voir. Le spectacle comprenait des combats à l’épée, des scènes avec des personnages masqués, d’autres scènes où des personnages étaient portés par d’autres, de jolis tours de force techniques.

Malheureusement le spectacle lui-même n’était pas très intéressant. La mise en scène reprenait certaines des idées du film de Baz Luhrmann (que j’adore, ce n’est pas le point) mais n’offrait pas un point de vue très original sur le récit. Le jeu vocal était assez terne. La plupart du temps, les marionnettes dans leurs décors ne semblaient que dérouler un livre d’images un peu ennuyeux du récit shakespearien.

Rien de honteux dans tout cela. Certaines scènes et situations étaient jolies et bien vues (Paris entre les parents Capulet, Juliette à qui sa mère dit sans cesse de mettre des chaussures – la marionnette est pieds nus) mais l’ensemble manquait réellement d’un point de vue et d’une utilisation pertinente du médium.

Je ne sais pas comment sont les autres spectacles de cette troupe permanente du théâtre. Est-ce une institution capable d’originalité ou bien est-elle obligée de servir des spectacles livres d’images pour le public de la ville-bijou, enfermée dans son cadre magnifique ?

Les plus beaux moments étaient ceux permis par la présence des marionnettes : Roméo se reposant contre son manipulateur, s’envolant et dansant dans les airs avec Juliette. Ou encore la très belle image finale, après le sinistre dernier tableau (tout le monde meurt…) quand l’ensemble des créatures se relève pour venir saluer le public.

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