Question 6 – jeu fantasy française

Et voici la dernière question. Je laisse le jeu ouvert jusqu’à lundi 17 août, je donnerai les réponses cette semaine là, vous pourrez me faire remarquer que j’ai un peu tiré sur la notion de fantasy (mais elle est élastique, non ?), que j’ai abusé dans mes choix et que mes résumés étaient tendancieux. Vous aurez raison. Nous procéderons aussi cette semaine là à la remise des prix, tous extraits de ma bibliothèque surchargée.

Bravo aux rapides qui ont trouvé la réponse à la question 5!

Présentation
Cette dernière question est, je pense, la plus dure. Ce roman est un mystère, un secret d’initiés que l’on se passe sous le manteau depuis quarante ans. Je ne l’ai lu qu’une fois, en une nuit, le cœur noué par l’angoisse, alors que pour d’autres il s’agit d’un texte extrêmement drôle. J’ai eu la joie et séjourner et de travailler dans la pièce voisine de celle où l’auteur travaille (parfois – il est à la retraite).

Résumé
Un village de montagne, dans une vallée tellement perdue qu’on se demande comment quelqu’un peut connaître son existence. Un climat exécrable, des hivers interminables (vraiment. Combien durent-ils? Quarante semaines ? Quarante mois ?). Quand il ne pleut pas, il neige ou il gèle. Les habitants sont des brutes ivrognes et imbéciles, qui ne se nourrissent que de lentilles et se retrouvent dans la taverne pour boire de l’alcool de lentilles… L’hiver, il fait si froid qu’on se colle des petits animaux contre le ventre pour tenir le coup.
Un pauvre homme arrive, un écrivain au cœur noble et aux grandes ambitions, qui fuit on ne sait quel cauchemar, on ne sait quel totalitarisme et espère trouver ici les conditions propres à la naissance de son œuvre. Il ne possède rien, sinon une rame de beau papier blanc.
Et il a un ongle du gros orteil fendu.
On aura dans ce roman de rêve et de cauchemar le récit de sa confrontation avec le village, avec ses souffrances et ses incompréhensions… Jusqu’au grand voyage du peuple entier vers l’au-delà des montagnes…

Rappelez-vous que les indices généraux s’appliquent à ce roman, comme aux autres. Il n’a pas été publié dans une collection de genre.
En raison d’un départ en vacances, je vais publier les indices sur d’autres pages. Lisez-les dans l’ordre (les indices). Quand vous postez votre réponse, donnez-moi le nombre d’indices que vous avez lus (je vous fais confiance).

Indice 1, ici.

Indice 2, ici.

Indice 3, ici.

Quel est le titre de ce roman ?

Des indices pour les questions 1 à 4 pourront toujours être fournis sur demande à l’adresse:

lk2012+jff@gmail.com (temps de réponse aléatoire)
Scores et règles peuvent être vus/revus ici.

Laissez vos réponses dans les commentaires, pour voir vos points comptabilisés !

Question 5 – jeu fantasy française

Je plaide coupable, un débordement d’activités (c’est l’été) m’a tenu éloigné du JFF. Afin de mener cette petite expérience à sa conclusion, je vais publier aujourd’hui et demain les deux dernières questions.

La question 5, pas évidente, va parler du livre pour lequel j’ai eu envie de faire ce jeu. Un livre un peu curieux, qui aurait pu trouver sa place dans la cartographie du merveilleux d’André-François Ruaud, mais qui a le défaut de ne pas avoir été reconnu pour ce qu’il était, une œuvre de l’ImagInaire, comme dirait la (parfois drôle) Ligue Deu.

Présentation :
Un pays, dans l’est de l’Europe, au dix-neuvième siècle… Un royaume un peu austro-hongrois, un peu ukrainien, un peu on ne sait pas trop. On y trouve un souverain, au titre sonnant bon les vieilles dynasties, des fiers cavaliers, de vieux châteaux forts, une cathédrale…
Le souverain est presque seul dans son palais. Le gens sont partis. Le peuple, les prêtre, les soldats, tout le monde a disparu. Il s’est passé quelque chose, une crise, une panique, une explosion de violence… On ne sait pas vraiment. Resté maître d’un royaume absurde, désert, le souverain envoie en quête sept hommes, sept soldats nobles et fidèles, pour comprendre ce qui s’est passé, retrouver le peuple disparu. Quittant la ville par la porte de l’Ouest, dont les gardes sont partis, ces hommes vont traverser un pays crépusculaire, ravagé, rencontrer des survivants isolés, mettre à l’épreuve l’amitié, l’amour, la pureté. Pour comprendre, peut-être ? Pour ne jamais revenir, sans doute…

Rappelez-vous que les indices généraux s’appliquent à ce roman, comme aux autres. Il n’a pas été publié dans une collection de genre.
En raison d’un départ en vacances, je vais publier les indices sur d’autres pages. Lisez-les dans l’ordre (les indices). Quand vous postez votre réponse, donnez-moi le nombre d’indices que vous avez lus (je vous fais confiance).

Indice 1, ici.

Indice 2, ici.

Indice 3, ici.

Quel est le titre de ce roman ?

Des indices pour les questions 1 à 4 pourront toujours être fournis sur demande à l’adresse:

lk2012+jff@gmail.com (temps de réponse aléatoire)
Scores et règles peuvent être vus/revus ici.

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Question 4 – jeu fantasy française

Et nous voic déjà à la question 4…

Après une question 3 ardue, mais dont trois lecteurs cultivés, habiles et débrouillards ont trouvé la réponse, nous revoici face à une question facile. Ouf. Parce que la 5 et la 6 ne vont pas être marrantes, croyez-moi.

Scores et règles peuvent être vus/revus ici.

Présentation

Ce roman est un véritable classique moderne : le héros est en un jeune sorcier (en tous cas, il a l’air jeune) doté de pouvoirs importants de part sa naissance, pouvoirs mis au service de la bonne cause, de ses amis et de l’amour. On y retrouve aussi d’autres ingrédients qui seraient approuvés par Bob, l’éditeur des stars : une quête interminable, de nombreux chapitres, des aventures, des royaumes fantastiques (un château sous l’eau, notamment, si mes souvenirs ne me trahissent pas). Bob reprochera toutefois au roman de n’être qu’un one shot, alors qu’on avait matière à de nombreux tomes… De plus, l’auteur se permet de sortir de la fantasy bien balisée en plaçant dans son histoire de nombreux anachronismes et détours par le 20ème siècle. Enfin, ce qui rendra Bob méfiant (les questions de droit le préoccuppent), certains prétendraient que ce joli roman n’est qu’un remake…

Quel est le titre de ce roman ?

Des indices pour les questions 1 à 4 pourront être fournis sur demande à l’adresse:

lk2012+jff@gmail.com

Laissez vos réponses dans les commentaires, pour voir vos points comptabilisés !

Question 3 – jeu fantasy française

J’augmente (un peu) la difficulté…

Bravo à ceux qui ont répondu aux questions 1 et 2. Je rappelle que ces dernières restent ouvertes, même si elles « rapportent » moins maintenant…

Scores et règles peuvent être vus/revus ici.

Résumé :

Quelque part à la frontière est de la France, au XIXème siècle, se trouve un petit pays entièrement régi par la chose militaire, un vrai royaume de soldats de plombs. La population n’aime rien tant que le défilé de ses chers soldats et chaque garçon rêve de faire carrière dans la noble institution.

Le pays vit ainsi, dans une paix vigilante face à ses voisins et potentiels ennemis…

Survient un drame étrange. Des soldats disparaissent, sans laisser aucune trace. Des déserteurs ? Impossible ! Des espions ? Comment le croire ? Mais qui ? Quoi ? Comment ?

L’enquête impliquera des officiers scrupuleux, un poète hugolien et une belle femme brune aux troublants appâts… Et l’explication du mystère défiera toute raison.

En bref, un roman d’une fantasy humoristique, délicate, poétique et élégante.

Quel est le titre de ce roman ?

Des indices pour les questions 1 à 3 pourront être fournis sur demande à l’adresse:

lk2012+jff@gmail.com

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Question 2 – jeu fantasy française

Jeu fantasy française

question 2

la question 2 arrive vite, les suivantes viendront un peu plus tard. Je rappelle que les propositions de réponses doivent être laissées dans les commentaires sous les billets.

Résumé

Ce roman aux multiples niveaux symboliques met en scène un homme malheureux dans son époque (les années 1930), car notre héros n’est rien d’autre que la réincarnation d’une créature mythique très ancienne, dont les goûts en matière de chair fraîche sont mal acceptés dans la province française…

Heureusement, notre héros dispose de la plus étrange des facultés : celle de tordre l’Histoire, afin que les évènements (impactant tout le monde) lui permettent d’accomplir sa propre destinée. Ainsi, le fleuve de fer, de folie et de feu de la deuxième guerre mondiale lui permettra de reprendre sa place… Celle de cet homme à la silhouette immense, montant un grand cheval noir, enveloppée d’un grand manteau, parcourant les plaines brumeuses et les forêts, entrant dans les villages et emmenant sans un mot les petits enfants…

Quel est le titre de ce roman ?

Des indices pour les questions 1 & 2 pourront être fournis sur demande à l’adresse:

lk2012+jff@gmail.com

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Question 1 – Jeu fantasy française

Jeu Fantasy Française (JFF)

Question 1

Et donc, voici la première question de notre jeu, que je qualifierai de « facile ».

Voir ici la présentation et les règles du jeu.

Résumé

Dans ce roman au style puissant, un petit voleur et un grand barbare, anciens mercenaires, prennent la tête d’une armée de pillards menaçant une cité puissante et décadente. Ils accomplissent nombre d’exploits, allant jusqu’à dérober lors d’une expédition épique le voile sacré de la déesse protégeant la cité… Le barbare, ultime exploit, séduira la fille de son pire ennemi, une princesse noble, sensuelle et peu vêtue. Mais les civilisés sont retors, et à force de ruses et de batailles (aussi bien racontées que par Robert Howard), ils épuisent l’armée de nos héros, ces derniers étant tout autant confrontés au fracas des armes qu’aux affres de la passion.

Le roman se termine dans une apothéose sanglante et crépusculaire, dans une extraordinaire scène de sacrifices humains.

Pour ajouter à sa séduction, ce roman est un one-shot (mais contient assez de matière pour remplir une trilogie, selon moi…)

Donnez vos réponses dans les commentaires !

Jeu de l’été – fantasy francaise

fantasy…

…française

Afin de se mettre au diapason des média de vacances, ce blog vous propose, dans les jours et les semaines à venir, un petit jeu de l’été.

Il s’agit de deviner, à partir d’un résumé un peu orienté, le titre et l’auteur de grands romans de fantasy française, tous publiés avant la naissance des éditions Mnémos, évènement souvent considéré comme une (re)naissance du genre en France. Le but avoué est naturellement de permettre de découvrir ces romans.

Le jeu comprendra une demi-douzaine de questions, selon mon inspiration…

Utilisez les commentaires pour donner vos réponses. Ces derniers seront modérés a priori et ceux qui contiennent la réponse juste ne seront publiés qu’à la fin du concours. Je pourrai donner des indices, sur demande et si nécessaire.

Le gagnant/la gagnante (désigné par mes soins) recevra un livre en cadeau de ma part. Peut-être même que je publierai sa photo sur le blog, tiens !

Indices généraux:

  • tous les romans utilisés pour le jeu ont été écrits avant 1990.
  • Ils ont été publiés dans des collections de littérature générale
  • Ils ont reçu un bon (voire très bon) accueil critique
  • Certains se sont même très bien vendus (ce qui n’est pas tout à fait normal pour de la fantasy française)
  • Ils pourraient de nos jours être publiés dans la collection Lunes d’Encres (quoi que je ne sois pas sûr que Gilles Dumay les aime tous….) voire même chez Bragelonne pour certains d’entre eux.
  • aucun des romans utilisés pour le jeu n’a été maltraité, ni soumis à des traitements dégradants.

Index des questions (sera mis à jour progressivement)

Etre le premier à donner la réponse juste à une question rapporte 7 points.
Répondre juste dans la première journée après publication donne 5 points.
4 points le jour suivant.
3 points ensuite.
Chaque indice envoyé baisse le score de un point.

Tableau des scores

Notre dame aux écailles – Mélanie Fazi

Voici un petit livre, douze nouvelles courtes, douze histoires de musique, de rites, de mort. Mélanie Fazi a une écriture délicate, très fine, apte à donner au lecteur une vision du monde un peu décalée, celle des paumés et paumées qui peuplent et vivent ses textes. C’est agréable de lire un auteur chez qui chaque phrase, chaque mot à se place, qui ne cherche pas à dire ce que chacun sait mais à faire surgir du monde ce que nous n’en voyons pas.
Parmi ces textes, pour donner envie au lecteur de ce blog, je dirai qu’on trouve une visite bien malsaine de Venise, une chanson rock qui tourne en boucle, un train de nuit transportant ceux qui veulent fuir la vie sans aller jusqu’à la mort, des vacances en Espagne dont on ne revient pas, des statues dans un jardin gothique, une curieuse poupée vaudou, une villa où les habitants se fondent dans les murs, une fin de grossesse difficile dans le vieux Sud des Etats-Unis, une femme qui tente d’arracher son homme à la mer et qui vit d’étranges surprises.
Malgré les différents thèmes abordé, le recueil a sa cohérence, les textes sont les chansons d’un disque que Mélanie fredonne sans doute à l’orée du sommeil. Ce ne sont pas des histoires d’horreur, cherchant l’épate et le choc. Si on y trouve du fantastique, c’est parce que les déviances de la réalité sont sans doute le seul moyen d’aborder certains sentiments. Les héroïnes de ces textes sont des créatures mal sorties de l’enfance, qui traînent leurs blessures et leur incapacité d’y faire fasse. Beaucoup de ces personnages sont lâches, préférant pleurer et fuir que d’affronter leurs monstres – mais les monstres les rattrapent le plus souvent (le train de nuit, la danse au bord du fleuve). Parfois, comme dans la vie, le choc aide à faire face, à réapprendre à faire face au monde ( fantômes d’épingles, le train de nuit, encore). Les images fantastiques sont des clefs permettant de remonter à sa propre nature (cinq soirs du lion, en forme de dragon, notre dame aux écailles), à comprendre celui/celle que l’on est vraiment.
Je parle de « textes » en évoquant les nouvelles de ce recueil : comme dans Serpentine, plusieurs d’entre eux ne sont pas des histoires à proprement parler, mais des introspections, des méditations sur la situation étrange d’un personnage. Des instants suspendus plutôt que des chemins parcourus. Les personnages de Mélanie Fazi sont saisis le plus souvent à un tournant de leur vie, à un moment où l’ont peut penser, méditer, rêver, se perdre avant de mourir – le train de nuit de la nouvelle homonyme en est une belle image (la nouvelle le noeud cajun est aussi la fuite d’un personnage dans un instant suspendu, de leur d’affronter une vérité refusée).
Ce sont pourtant les nouvelles offrant une narration (une histoire) qui sont pour moi les meilleures. La danse au bord du fleuve, noces d’écume, les fantômes d’épingles, la cité travestie. J’aime moins son hommage à la nouvelle Orléans (Mardis Gras), dont le style cadre mal avec le propos. Mais c’est bien là ma seule réserve.
Parmi les nombreux talents de l’auteure, j’ajouterai qu’elle sait parler de musique, donner à entendre chansons et mélodies dans ses textes. Ceux qui suivent son blog ne seront pas surpris, la musique et la passion pour la musique y occupent une grande place. Elle nous donne à entendre, dans le silence des textes, les chansons rock ou les danses espagnoles, sans citer de paroles et dans battre des mains. Parce que, tout autant qu’à la musique, elle s’intéresse à ce que la musique nous fait, à la façon dont une chanson peut nous travailler, nous obséder, nous soutenir dans nos déprimes – ou nous y enfoncer.
Douze nouvelles, douze ambiances, douze parfums, dans un petit livre beau comme un coffret. Ne vous en privez pas !

L’icône – Gary Van Haas

Un ami proche (appelons-le Mitch), écrivain, a eu l’occasion de discuter littérature avec Bob, le fameux éditeur. Pour être exact, Bob entendait donner à Mitch des conseils bien sentis concernant la rédaction de romans à succès. Quand Mitch arrive dans le bureau de Bob, il voit un livre posé bien en vue.

« L’Icône » (The Ikon), roman de Gary Van Haas, publié aux éditions First, collection Thriller. Apparemment, Bob veut s’en servir comme exempla pour sa discussion.

Je leur laisse la parole.

– Bon, mon petit Mitch, il y a dans ces 359 pages toutes les leçons dont tu as besoin pour sortir de ton ornière littéraire, tes bouquins de fantasy expérimentaux avec des fleurs que personne ne lit.

– Je n’écris pas de…

– Sssht. Première leçon, le petit Gary sait planter un héros. Un baraqué, beau gosse, quarante ans bien conservés, la classe. Californien. Artiste. Musclé. Avec des cheveux longs « signes de son passé rebelle ». Il peut être joué par Brad Pitt avec des cheveux longs. Ou Russel Crowe avec des cheveux longs.

– Heu… Le 4 de couv dit que c’est Pierce Brosnan, qui va le jouer.

– OK. Pierce Brosnan avec des cheveux longs. Ensuite, on raffine le héros avec des petites touches super cool. Il se bat à l’épée… Ça fournit une belle scène d’ouverture et une baston finale. Ensuite, il est peintre.

– Mais c’est super dur d’avoir un héros peintre. Je connais rien à la peinture, moi.

– On s’en fout, Gary non plus n’y connait rien. Tu asperges de noms de peintres connus, Goya, Titien, tout ça. Et quand le héros peint pour un moment clef de l’intrigue, tu fais comme lui. Dix lignes, pas plus. Il plonge son pinceau dans la couleur, et tout et tout, et à la fin « il se sentait comme s’il avait fait l’amour à la plus belle des femmes. Son oeuvre était parfaite ».

– Mais c’est n’imp…

– Ssht. Enfin, accroche toi, notre héros est un ancien prêtre.

– Ah, cool. On le voit prier ? On parle de sa foi ?

– Oh la non, faut pas s’embêter avec ça. Ancien prêtre, ça servira dans l’intrigue, pour dire que la religion est mauvaise et qu’il s’est fait violer par un curé pédophile quand il était petit.

– Tu blagues, là…

– Oui. Non. On s’en fout. Ça fait classe. J’imagine que Pierce Brosnan mettra une soutane. Bref, ce mec, il est romantique, les gonzesses aiment les curés défroqués. Parlons de l’histoire, maintenant. Une intrigue de la mort. Elle tourne autour d’une icône, d’un parchemin essénien, d’antiquités maléfiques… Il y a un gros mystère sur la nature même de la religion, tu vois…

– Jésus couchait avec Marie Madeleine?

– Ah, tiens, je croyais que tu ne l’avais pas lu ? Mais non je blague. Enfin non, disons qu’il y a plusieurs gros mystères, tu vois…

– Du genre, le Christ n’est pas mort sur la croix ? Les manuscrits gnostiques, tous ces trucs là ?

– Écoute, si tu l’as lu, on peut s’arrêter là. Disons qu’il y a de bons gros mystère des familles, voilà. Autre point important, le décor. De l’exotisme attirant. L’histoire va se dérouler en Grèce, à Mykonos.

– Moi, je voyage rarement. C’est dur d’écrire des romans qui se passent à l’étranger…

– Fais comme Gary. Il a tout pigé. Tu passes une semaine là-bas. Tu ne décris que des endroits pour touristes : les bars à touristes, le port à touristes, les boutiques à touristes, les villas qu’on voit par les grilles, les yachts qu’on voit de loin, les églises pour touristes. Quand tu veux faire culturel, tu recopies deux paragraphes de ton guide. Ou alors, Wikipedia. Les Grecs, tu les gardes pour les seconds rôles, tu en parles, mais seulement avec des clichés : soit des sortes de Turcs bien suants, bavards, menteurs et sympathiques. Soit de beaux jeunes pédés avec des noms en -os. Plus une mama qui fait bien la cuisine. N’oublie pas de ponctuer les répliques de mots grecs, tu les trouveras dans le guide de conversation du lonely planet. A la fin, le lecteur aura l’impression de savoir parler grec. « Entaxi ? »

– Mais c’est complètement déb…

– Shhht. N’oublie pas le placement de marques. Gucci, Mercedes, Armani… Nomme les boutiques, les fringues. Les boîtes finiront par payer, pour ça. Et, attends un peu, il faut des méchants. Là, il a eu une idée incroyable…

– … un ancien nazi ?

– Tu l’as lu ! Je le savais. Merde.

– Mais non.

– Dur de te croire. En plus, tu rajoutes des meurtres avec du sang, deux scènes de sexe (un peu explicites. Il faut parler du clitoris et des nichons de la fille, ce genre de choses), des agents secrets du Mossad, du Vatican, un bossu qui ressemble au gentil Quasimodo…

– Quasimodo n’est pas gentil. Sauf chez Disney.

– T’es sûr ? Gary dit le contraire. Bon, je crois que j’oublie rien… Si, des scènes de bateau, de la plongée, des antiquités, des visions de templiers en grande robe (elles servent juste à faire joli, pas la peine de faire de la psychologie) et une grosse baston finale avec trois retournements, quatre révélations, tout le monde qui meurt et tout qui explose. Happy End. Voilà. Ça, c’est un livre. Puissant. Fort. Vendable. Écris-moi ça, je te signe, j’en place 200 000, je déforeste la forêt des Landes pour faire de toi le nouveau Dan Brown.

– Le héros embrasse la nana dans la scène finale, au moins ?

– Euh, je crois, je ne sais plus. Dans le film, il le fera, c’est sûr… Elle sera jouée par Catherine Zeta Jones. Au boulot, mon petit ! Bottes-toi le cul !