Au Service Secret De Sa Majesté – Peter Hunt

Le pendu et Cecci ont vu : Au Service Secret De Sa Majesté, de Peter Hunt

Dans ce film, on trouve : un beau gars viril, une garce insupportable, une base secrète dans la montagne, une horde de dindes gloussantes, des paysages suisses typisch, une scène prégénérique en nuit américaine plutôt potable, un méchant qui ressemble vraiment trop à l’affreux Dr. Evil (on me souffle que c’est l’inverse…).

En fait, ce James Bond un peu mythique est surtout un peu mauvais. Le film n’a aucun rythme, George Lazenby ne joue pas très bien (et moi je n’aime que Sean Connery, en fait), les gags sont idiots et nombre de passages sont ratés. J’ai bien aimé toutefois le cambriolage du coffre-fort.

Renaissance – Christian Volckman

Le pendu et Cecci ont vu : Renaissance, de Christian Volckman

Dans ce film on trouve : du noir très noir et du blanc très blanc (comme dans Sin City) ; un flic bourru et une belle femme, comme dans Blade Runner ; une vision du futur insolite et grandiose ; de belles idées graphiques ; des journées pluvieuses, une intrigue de science fiction qui traite de grands-thèmes-qui-font-réfléchir et des personnages animés qui jouent et parlent comme dans un film français ™. Ça reste tout à fait regardable et sympathique.

La mort aux trousses – Alfred Hitchcock

Le pendu et Cecci ont vu : La mort aux trousses, d’Alfred Hitchcock

Eva Marie Saint dans La Mort aux trousses

Dans ce film classique, palpitant et drôle on trouve : des gens qui ne mentent pas mais qui exagèrent la vérité, un homme mûr qui s’excuse d’avance face à sa maman de boire du Martini, une femme blonde fatale qu’on aimerait croiser dans un train, une vente aux enchères palpitante, un avion qui saupoudre des récoltes qui n’existent pas, des plans fabuleux, des images du sièges des nations unies qui ressemblent à des peintures de SF des années 50, des paysans qu’on croirait sortis d’un tableau de Hopper, le nez de George Washington en vraiment gros plan, un M. Leonard assez inquiétant, une statue remplie de microfilms dont tout le monde se préoccupe mais dont on se moque.

Je le vois pour la troisième fois et je le reverrai encore volontiers.

Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason dans La Mort aux trousses

Millenium – le film

Le pendu et Cecci ont vu : Millenium, le film de Niels Arden Oplev

Dans ce film, on trouve : une geekette avec un macbook, un journaliste un peu empâté, des vieux nazis, un tueur en série, deux viols, une île suédoise, des malversations maléfiques, une enquête avec des ordinateurs et de vieilles photos.

Bon, j’étais curieux de connaître l’histoire pour savoir si je lirais le livre. Au final, la réponse est non. Le film est par ailleurs plutôt moche et lourdaud et on ne comprend pas comment cette jeune fille tellement rebelle peut-être attirée par un vieux beau tellement vieux beau. Pour un voyage en Suède, j’ai préféré Morse.

Moon – Duncan Jones

Le pendu et Cecci ont vu : Moon, de Duncan Jones

Dans ce film, on trouve : une base lunaire, un homme seul, pas si seul mais seul quand même. La voix chaude et rassurante de Kevin Spacey. Des drôles de voitures qui roulent à la surface de la lune. Un héros touchant. Une histoire astucieuse.

Bref, c’est ce qu’on appelle un sympathique petit film, réjouissant et malin, plein d’idées amusantes. Une digression solipsiste, un geek qui parle dans le vide et une fin optimiste. Pas mal, quand même !

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon – Elio Petri

Le pendu et Cecci ont vu : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, de Elio Petri

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

Dans ce film (excellent) on trouve : des mouvements de menton (comme dans Vincere), tout ce qu’on n’aime pas en Italie : des hommes qui parlent fort, qui se donnent des tapes dans le dos, qui se tirent l’oreille, une horrible patriarco-gérontocratie, des vieux contents d’eux mêmes, des menteurs, des lâches, des types habitués à se coucher devant l’autorité et d’affreux étudiants de gauche. Un film assez fascinant, désagréable, qui force à adopter un point de vue dérangeant. Mais qu’on ne s’inquiète pas, les méchants et les imbéciles gagnent à la fin.

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

La Grande Attaque du Train d’Or – Michael Crichton

Le pendu et Cecci ont regardé : La Grande Attaque du Train d’Or, de Michael Crichton

Sean Connery, Lesley-Anne Down dans La grande attaque du train d'or

Ce film était recommandé dans les inspirations du jeu de rôle Castle Falkenstein, que je viens de découvrir. On y trouve : des victoriens avec des chapeaux hauts de forme, une femme qui rit fort, un plan compliqué, un excellent pickpocket, des gros banquiers prétentieux, une scène hilarante dans un bordel, une pendaison impressionnante, une évasion audacieuse. Un casse irréalisable ! Des lingôts d’or ! De l’aventure ! De l’audace ! Sean Connery ! (J’ai un a-priori positif pour tous les films avec Sean Connery, il faut s’y faire.)

Tout cela était bien amusant.

Sean Connery dans La grande attaque du train d'or

Vincere – Marco Bellocchio

Le pendu et Cecci ont vu : Vincere, de Marco Bellocchio

Ce film raconte le destin étonnant d’Ida Dalser, maîtresse puis épouse (enfin, on n’en est pas sûr, et tout est là) d’un séduisant agitateur socialiste et politicien ambitieux, un certain Benito M., qui dirigera la nation italienne pendant une vingtaine d’années. Mais l’homme en épousa une autre et fit enfermer Ida et son fils dans des asiles d’aliénés. On découvre dans Vincere le  fascisme vue par ses petites et grandes méchancetés, et un Mussolini fascinant et exaspérant, par des bravades, ses lâchetés et ses affreux mouvements de menton.

Le film est surtout le portrait d’une femme amoureuse, dont la volonté ne plie jamais, jamais, jamais. L’image de quelqu’un qui ne cède pas sur les principes et qui le paie.

 

L’Empire des sens – Nagisha Oshima

Le pendu et Cecci ont vu : l’Empire des sens, de Nagisha Oshima

Voilà un film que dont j’avais entendu parler depuis bien longtemps, parce que je l’apercevais régulièrement à l’affiche de certains cinémas du quartier latin. Il y est question d’un homme et de sa servante, dans le japon des années 30, pris par une passion violente de l’un pour l’autre. Le film a un rythme étrange, enchaînant scène de sexe sur scène de sexe, lui et elle en kimonos magnifiques dont les couleurs éclatent sur décor de maisons de thé, pendant que les geisha jouent de manière exaspérante de leur petite guitare. Les âmes sensibles seront un peu secouées, les âmes pudibondes un peu ébranlées. C’est un film qui parle de l’amour et de la chair, d’une passion qui réjouit, vrille, tord et détruit. Sur les lèvres de Sada, l’héroïne et amante, flotte un sourire de folie. Sur celles de Kichizo, l’amant, un sourire d’abandon, celui d’un homme qui lâche prise et glisse avec délectation vers la destruction.

Le septième sceau – Ingmar Bergman

Le pendu et Cecci ont vu : Le septième sceau d’Ingmar Bergman

Ce film est un memento mori. L’ombre de la mort plane sur ses personnages : un chevalier, son écuyer, un acteur, sa femme et leur fils, un forgeron idiot, une femme toujours silencieuse… Ils voyagent dans la campagne médiévale alors que la peste rode. Ils jouent de la musique, boivent, spéculent, s’amusent, puis passe une procession de flagellants chantant le Dies Irae et le Lacrimosa et tous de s’agenouiller et de se signer car on ne sait pas ou et quand la peste va frapper… L’écuyer joue son cynique, le chevalier croit qu’il ne croit pas et essaie de tenir la faucheuse à distance en jouant aux échecs avec elle, mais elle triche… C’est un film magnifique, drôle et effrayant à la fois, peuplé d’être humains inquiets et amusants, de femmes à la beauté lumineuse à vous transpercer le coeur, de moments de peur et de grâce. La vie humaine y apparaît telle qu’en elle-même, fragile, inquiète et infiniment plaisante.

Ne soyez pas intimidés par son aura de classique et de film suédois, c’est une oeuvre belle, vraie, évidente.