
Un peu à reculons, incité par Cecci, j’ai projeté la semaine dernière ce classique des années 30. J’avoue que j’appréhendais un peu de regarder ce film très célèbre, tourné avec toutes sortes de monstres de cirque authentiques : nains, siamoises, microcéphales, homme-tronc, femme à barbe… Les déformations et mutilations font partie de mes cauchemars personnels et il y a toujours un cirque de monstre qui rode dans mes bas-fonds les plus ténébreux. Je n’avais pas tellement envie d’y être confronté directement.
L’histoire est très simple : mépris et et trahison : une belle blonde sans scrupule, après avoir tenté d’arnaquer méchamment un nain élégant, finira cernée sous la pluie par une bande de mafieux minuscules armés de couteaux… Non sans être passée par le plus horrible des repas de noces. (horrible pour qui, c’est à voir…)
Le film montre surtout une suite de saynettes de la vie du cirque, différentes situations comiques ou absurdes liées aux difformités de protagonistes – les siamoises épousant toutes deux des hommes différents, l’homme tronc allumant une cigarette…
Malgré tout ce que l’idée de ce film peut avoir d’effrayant et de racoleur, Freaks est un beau moment. L’image est magnifique et les monstres sont filmés avec une grande tendresse. j’ai eu l’impression que le film posait un regard très intéressant sur les corps : corps des freaks, corps des artistes de cirque, hercule, clown, acrobate… Même le corps des « normaux » m’a paru soudain étrange et singulier, attirant et repoussant, donnant un sentiment très fort de fraternité entre tous ces humains, tous bizarres à leur façon.
Freaks nous offre à voir le monde en vérité, beau et bizarre. Ce n’est pas rien.























