Moon – Duncan Jones

Le pendu et Cecci ont vu : Moon, de Duncan Jones

Dans ce film, on trouve : une base lunaire, un homme seul, pas si seul mais seul quand même. La voix chaude et rassurante de Kevin Spacey. Des drôles de voitures qui roulent à la surface de la lune. Un héros touchant. Une histoire astucieuse.

Bref, c’est ce qu’on appelle un sympathique petit film, réjouissant et malin, plein d’idées amusantes. Une digression solipsiste, un geek qui parle dans le vide et une fin optimiste. Pas mal, quand même !

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon – Elio Petri

Le pendu et Cecci ont vu : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, de Elio Petri

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

Dans ce film (excellent) on trouve : des mouvements de menton (comme dans Vincere), tout ce qu’on n’aime pas en Italie : des hommes qui parlent fort, qui se donnent des tapes dans le dos, qui se tirent l’oreille, une horrible patriarco-gérontocratie, des vieux contents d’eux mêmes, des menteurs, des lâches, des types habitués à se coucher devant l’autorité et d’affreux étudiants de gauche. Un film assez fascinant, désagréable, qui force à adopter un point de vue dérangeant. Mais qu’on ne s’inquiète pas, les méchants et les imbéciles gagnent à la fin.

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

La Grande Attaque du Train d’Or – Michael Crichton

Le pendu et Cecci ont regardé : La Grande Attaque du Train d’Or, de Michael Crichton

Sean Connery, Lesley-Anne Down dans La grande attaque du train d'or

Ce film était recommandé dans les inspirations du jeu de rôle Castle Falkenstein, que je viens de découvrir. On y trouve : des victoriens avec des chapeaux hauts de forme, une femme qui rit fort, un plan compliqué, un excellent pickpocket, des gros banquiers prétentieux, une scène hilarante dans un bordel, une pendaison impressionnante, une évasion audacieuse. Un casse irréalisable ! Des lingôts d’or ! De l’aventure ! De l’audace ! Sean Connery ! (J’ai un a-priori positif pour tous les films avec Sean Connery, il faut s’y faire.)

Tout cela était bien amusant.

Sean Connery dans La grande attaque du train d'or

Vincere – Marco Bellocchio

Le pendu et Cecci ont vu : Vincere, de Marco Bellocchio

Ce film raconte le destin étonnant d’Ida Dalser, maîtresse puis épouse (enfin, on n’en est pas sûr, et tout est là) d’un séduisant agitateur socialiste et politicien ambitieux, un certain Benito M., qui dirigera la nation italienne pendant une vingtaine d’années. Mais l’homme en épousa une autre et fit enfermer Ida et son fils dans des asiles d’aliénés. On découvre dans Vincere le  fascisme vue par ses petites et grandes méchancetés, et un Mussolini fascinant et exaspérant, par des bravades, ses lâchetés et ses affreux mouvements de menton.

Le film est surtout le portrait d’une femme amoureuse, dont la volonté ne plie jamais, jamais, jamais. L’image de quelqu’un qui ne cède pas sur les principes et qui le paie.

 

L’usage du monde à Vidy

Le pendu et Cecci ont vu à Vidy une pièce adaptée du livre de Nicolas Bouvier, l’usage du monde.

Avec Dorian Rossel, le texte devient rhapsodie. MARIO DEL CURTO

Ecrit dans les années 50, le livre relate le voyage (en voiture) de plusieurs mois vers l’orient du jeune Nicolas, qui fuit le vide et l’étouffement de la vie dans sa Suisse natale. Voyage aller (qui connaîtra un retour) plein de rencontres dans les Balkans, en Anatolie ou en Perse, jusqu’à l’Afghanistan. Le livre est une méditation rêveuse et poétique sur le voyage, sur la façon dont il fait les hommes. Il parle surtout de la recherche du bonheur, de ces instants uniques qui forment l’échine d’une existence.

La seule chose positive que je puisse dire du spectacle est qu’il m’a donné à entendre le texte, merci pour ça. Six comédiens, pas manchots pourtant, se sont passés la parole comme on se passe la balle, pour relater les rencontres et les voyages de Bouvier. Le décor était composé d’un assemblage bizarre de tables, de caisses, de machins, de tissus. Je n’ai rien compris à la logique de la mise en scène, aux différentes incarnations du narrateur, aux jeux de ceci ou de cela. Malheureusement, ce spectacle était plus agréable à voir en fermant les yeux, pour ne pas gâcher les images de Bouvier par les clowneries bizarres des acteurs. Tout me paraissait mis à distance, maltraité, désossé plutôt qu’évoqué. On se serait volontiers endormi dans son fauteuil.

Une remarque perfide : le succès de ce (mauvais) spectacle s’expliquerait-il à cause de l’aspect helvetico-suisse de son sujet ?

L’Empire des sens – Nagisha Oshima

Le pendu et Cecci ont vu : l’Empire des sens, de Nagisha Oshima

Voilà un film que dont j’avais entendu parler depuis bien longtemps, parce que je l’apercevais régulièrement à l’affiche de certains cinémas du quartier latin. Il y est question d’un homme et de sa servante, dans le japon des années 30, pris par une passion violente de l’un pour l’autre. Le film a un rythme étrange, enchaînant scène de sexe sur scène de sexe, lui et elle en kimonos magnifiques dont les couleurs éclatent sur décor de maisons de thé, pendant que les geisha jouent de manière exaspérante de leur petite guitare. Les âmes sensibles seront un peu secouées, les âmes pudibondes un peu ébranlées. C’est un film qui parle de l’amour et de la chair, d’une passion qui réjouit, vrille, tord et détruit. Sur les lèvres de Sada, l’héroïne et amante, flotte un sourire de folie. Sur celles de Kichizo, l’amant, un sourire d’abandon, celui d’un homme qui lâche prise et glisse avec délectation vers la destruction.

Le septième sceau – Ingmar Bergman

Le pendu et Cecci ont vu : Le septième sceau d’Ingmar Bergman

Ce film est un memento mori. L’ombre de la mort plane sur ses personnages : un chevalier, son écuyer, un acteur, sa femme et leur fils, un forgeron idiot, une femme toujours silencieuse… Ils voyagent dans la campagne médiévale alors que la peste rode. Ils jouent de la musique, boivent, spéculent, s’amusent, puis passe une procession de flagellants chantant le Dies Irae et le Lacrimosa et tous de s’agenouiller et de se signer car on ne sait pas ou et quand la peste va frapper… L’écuyer joue son cynique, le chevalier croit qu’il ne croit pas et essaie de tenir la faucheuse à distance en jouant aux échecs avec elle, mais elle triche… C’est un film magnifique, drôle et effrayant à la fois, peuplé d’être humains inquiets et amusants, de femmes à la beauté lumineuse à vous transpercer le coeur, de moments de peur et de grâce. La vie humaine y apparaît telle qu’en elle-même, fragile, inquiète et infiniment plaisante.

Ne soyez pas intimidés par son aura de classique et de film suédois, c’est une oeuvre belle, vraie, évidente.

The Abyss – James Cameron

Le pendu et Cecci ont vu : The Abyss, de James Cameron

Dans ce film, on trouve : des prospecteurs durs à cuire, une station sous-marine ultra-moderne, un sous-marin nucléaire couché au bord d’une fosse, des militaires très nerveux à la gâchette facile, une femme de caractère (mais féminine quand même), Ed Harris en costaud, des effets spéciaux lumineux bien marqués par le goût des années 80, un message bien lourdingue sur le mariage.

On a trouvé les ficelles narratives tellement grosses et tellement lourdes que ça a gâché le bon souvenir que j’avais du film, vu il y a plus de dix ans. Bon.

La nuit du chasseur – Charles Laughton

Le pendu et Cecci ont vu : la nuit du chasseur, de Charles Laughton

Dans ce film, on trouve : les années 50 dans le Sud profond, des enfants en fuite, des rêveries au bord de l’eau, une poursuite sans répit, un poivrot inefficace, un pasteur si aimable, si sympathique, si meurtrier… On apprend l’histoire de la main droite et de la main gauche et du bien contre le mal. On voit que Robert Mitchum est un gendre parfait. On append qu’il faut toujours garder le méchant sous ses yeux, sinon, pfffuit, ils disparaît.

Un très grand film et un thriller palpitant.