Anatomie d’une chute

On est allés voir la palme d’or hier soir avec Rosa. C’était très bien. Je ne vais pas raconter le pitch de ce film super primé et dans l’air du temps (ce n’est pas une spécialement une critique – juste un constat).

Quelques remarques en vrac :

C’est un film d’auteur (écrit et réalisé par…) dans la tradition française des films avec  un n’auteur (autrice, ici, bien sûr).

J’ai trouvé la scène d’ouvertur très déplaisante à regarder et à suivre – à l’image du malaise du moment. Collection de gros plans, sur les visages, les verres, le chien, musique qui envahit tout. Une sorte de mise en image de l’entregistrement sur le téléphone de la thésarde. En y repensant, l’effet est très cool.

L’image est souvent de type « télé », avec la crudité et le piqué des images TV contemporaines. Là aussi, c’est intéressant.

Le jeu sur la langue et les langues, la capacité de s’exprimer ou pas, est très fin.

Les scènes clé forcent à avoir une lecture genrée. Un spécialiste homme, une spécialiste femme. Une dispute avec un homme et une femme. Que lisez-vous ? Que voyez-vous ? Qu’entendez-vous ?

Plein de super actrices et acteurs, notamment dans les seconds rôles (L’avocate – maître Boudaoud, Marge, la thésarde, le procureur…).

Le chien joue très bien.

L’enfant aussi. 

Maître Renzi (Swann Arlaud) est très, très beau. Vraiment très beau.

Rosa (16 ans) a aimé.

Poor Things — Yorgos Lanthimos

Comme nous sommes sur un blog, je vais accrocher ce billet par une note personnelle sur ma vie. Ce blog a commencé avant la naissance de nos filles, à une époque où Cecci et moi vivions à Paris et allions souvent au cinéma. Deux bébés et un déménagement dans la campagne suisse plus tard ont fortement réduit notre consommation de films sur grand écran. Nos goûts aussi ont changé : les sorties cinéma étant devenues plus rares, nous avons tenté de ne voir que de bons films, démarche qui a un peu réduit notre prise de risques. Le temps passant, les filles devenant plus grandes, nous avons retrouvé une plus grande liberté et, même si notre coin helvétique n’offre pas le choix que nous avions à Paris, nous avons recommencé à aller de temps en temps au cinéma, à même aller voir des trucs forts moyens (comme les trois mousquetaires – je ne crois pas avoir chroniqué ce truc) ou bien excellents. Aller au cinéma permet de plus de voir des bandes annonces, comme celle de Poor Things, dont on va parler ici. 

En voyant la bande annonce, je me suis convaincu que le film serait une sorte de Tim Burton un peu excité et renouvelé. Univers visuel chatoyant et références à Frankenstein. J’ai même pensé qu’on irait le voir avec Marguerite (15 ans). Dont acte.

Certains films sont des distractions calibrées. Pas celui-ci. J’ai vécu en le voyant une sorte de roller-coaster d’impressions : émerveillements, dégoûts, dégoût accentué, joie, peur et encore plus de joie. Se faire surprendre et balloter comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps et j’ai adoré. 

Au bout d’une vingtaine de minutes passées à suivre les aventures de cette jeune créature, puisque Bella en est une, j’ai senti venir le moment où il la jeune femme allait découvrir la sexualité. Avec ses doigts, avec des trucs, avec un homme, avec toutes sortes de gens. Le film parle de conventions sociales, de conventions explosées à la masse : ce qui se dit, ce qui ne se dit pas mais qu’on dit quand même, ce qui ne se fait pas, mais qu’on fait quand même, comme enfourner en quantité des pastel de nata, recracher ce qu’on a dans les bouche et faire toutes sortes de trucs sexuels. Donc, warning, si vous voulez y emmener votre descendance, ne faites pas comme moi : vérifiez l’âge limite (je l’ai loupé) et sachez que on y parle de sexe en quantité, avec des scènes assez visuelles (rien de totalement explicite non plus, mais parfois pas loin). Certaines conversations, certaines scènes sont même assez dérangeantes et peuvent faire se sentir inconfortable (TW inceste, enfants, voyeurisme…) même si, à titre personnel, j’ai trouvé cet inconfort stimulant. Je ne sais pas comment les spectatrices ont ressenti ce film.

Le cinéma, c’est entre autres cette forme d’art où des types plus vieux (comme Lanthimos, 50 ans), filment sous toutes les coutures des femmes plus jeunes (Emma Stone, 35 ans). Avec toutes les horreurs qui ressortent en ce moment, j’avais ça à l’esprit tout le long du film, d’autant qu’Emma Stone est quasiment tout le temps à l’écran, en grande tenue, en tenue plus courte, en toute petite tenue et en pas de tenue du tout. Au fur de l’histoire, Bella (en fait, on ne voit que Bella, pas tellement l’actrice) passe du statut de créature, enfermée, limitée, droguée, à celui de protagoniste, actrice de sa vie qui s’empare comme elle peut des milieux qu’elle traverse. Sa force et sa joie m’ont emporté. Alors que le monde est montré de plus en plus noir, elle devient de plus en plus puissante. Et si on la voit tout le temps à l’écran, je n’ai jamais trouvé le film voyeur, elle n’est pas objectifiée. Le film est l’histoire de Bella et Bella emporte tout. J’ai adoré la suivre.

Les autres personnages importants sont également très enthousiasmants. Godwin Baxter, incarné par Willem Dafoe, devient de plus en plus émouvant. Max McCandless est à la fois touchant, mignon et lâche. Et j’ai adoré le « méchant », Duncan, joué par Mark Ruffalo qui incarne une sorte de personnage au croisement de Chaplin et Casanova, intéressant tout du long. Les seconds rôles sont aussi tous à la hauteur.

J’adore aussi les films avec un univers. Poor Things se déroule à l’époque victorienne, dans une ambiance steampunk (genre que je n’aime pas, normalement) proprement incroyable. Les décors de studio et les décors peints sont magnifiques, j’en ai pris plein les yeux. Tout est grand, tout est faux, tout est vrai. C’est un bonheur d’images et de sensations.

Le film, très bien écrit, est bien sûr un récit initiatique, qui va nous emmener de surprise en surprise comme Bella découvre le monde. Surprise des lieux, surprise des gens et des situations. Les dialogues sont riches en punchlines et en blagues, on se les répétait en sortant de la salle avec Marguerite. Bella a la qualité (qu’elle partage avec son « père ») de tout dire et tout verbaliser, dévoilant les hypocrisies et les implicites de sa belle voix distinguée et profonde. Ca fait un bien fou.

Au fond, malgré la noirceur de certains sujets, malgré les scalpels, les cadavres, les corps malheureux, Poor Things est un film très joyeux, empli du désir de vivre. Et c’est cette joie que j’ai gardée en moi en sortant.

 

Guardians of the Galaxy – James Gunn

 La descendante 2 et moi-même avons regardé hier soir « les gardiens de la Galaxie ». On n’est pas trop marvel, mais pas hostiles non plus et ce film avait une bonne réputation. On s’est globalement ennuyés sans jamais s’attacher, ni elle ni moi, à aucun perso.

Visuellement ça m’a rappelé les couleurs criardes et les décors moches de ce genre d’histoires dans les comics (c’est une qualité du film). Pour le reste: scènes d’actions pas lisibles, écriture cahotante, persos mal tenus. Bof.

Le walkman, la musique, le trauma d’enfance, on dirait une tentative de souffler une vision personnelle dans un gros machin très cher. Mais, 1) c’est une vision perso un peu pauvre. 2) ça se voit.

On a ensuite discuté des échos, pour le type d’histoire et les personnages, avec le film Donjons & Dragons qu’on a tous les deux beaucoup aimés. Et pour nous faire plaisir, on en a revu le premier quart d’heure. 

La Chimera – Alice Rohrwacher

Sur le conseil de l’excellent podcast une invention sans avenir, nous avions regardé Lazaro Felice, d’Alice Rohrwacher, et c’était un très cool film vraiment très bizarre.

La Chimera c’est aussi très cool et aussi très bien. C’est un film qui ne ressemble pas à ce que vous connaissez et ça fait du bien d’être un peu dépaysé. Je vais tenter de le pitcher pour faire envie.

On est en Toscane, dans les années 70/80. Pas la Toscane de la riche ville de Florence, mais la Toscane des vieux villages miteux, des paysans auxquels il manque des dents et d’une industrialisation encore récente. Arthur (dit « Artù », dit « Il Maestro ») est Anglais, c’est un beau jeune homme perdu qui sort de prison et retourne au pays. Il a aimé l’archéologie et il a fait de la prison pour trafic d’antiquités. Parce qu’il faut dire que ce charmant garçon a un pouvoir étonnant : il peut sentir la présence de tombes souterraines. Et là, après la prison, il renoue sans renouer avec la bande de pilleurs de tombes auxquels il est associé, les tombaroli, et il va peut-être continuer, peut-être pas, de toute façon il n’a plus un rond, un seul costume élimé, un regard rêveur et plein de souvenirs qui le hantent.

Le film flotte entre le réalisme un peu crado et la magie, une magie quasiment toute entière dans le regard, la manière dont on regarde les tronches des personnages, les visages, les corps, les maisons, les vieux murs. Certains passages sont d’un onirisme magnifique (le défilé des Streghe pour l’épiphanie) et parfois on sent le froid, l’humidité, et le mauvais vin rouge âpre dans la gorge. L’histoire nous présente des personnages merveilleux, comme Italia, la jeune femme illettrée, Spartaco, le trafiquant, Flora la vieille cantatrice (jouée par Isabella Rossellini !). Il y a une attention aux pauvres, aux femmes, aux enfants, sans regard miséreux, avec la beauté qui ressort tout le temps, dans la voix, dans les scènes de danse, de musique, de nuits humides et de plongées dans les tombes. C’est vraiment très beau, on a tous aimé, les parents et les deux jeunes filles qui les accompagnaient.

C’est un film qui fait aimer l’Italie mais une Italie plus profonde et secrète, loin des clichés, celle qui s’ancre dans les profondeurs du passé.

Mars Express

J’arrive un peu tard parce que ça fait plusieurs semaines que nous sommes allés voir ce film. J’ai été un peu influencé par les youtubeurs que je suis et je m’y suis rendu sans avoir vu beaucoup plus que la bande-annonce.

Globalement c’était très cool. Je n’ai pas tout aimé mais cette histoire de privé californien incarné par une femme cyber augmentée avec un assistant robot m’a bien plu. Les idées tech étaient bien rendues (j’ai adoré la scène où les personnages revoient les « derniers moments » de la jeune fille dans son école), certaines scènes d’action envoyaient du bois et le scénario contenait plein de bons moments. L’utilisation de l’animation, qui trouble la distinction humain-robot et la séparation image-monde réel, me paraissait totalement justifiée.

Je ne vois juste pas tellement ce que cette histoire avait à faire sur Mars – on n’y croit pas tellement – mais c’est plutôt anecdotique, si si.

Bref, c’était cool.

Un film d’animation japonais

Je suis allé voir hier soir un film d’animation japonais auquel je n’ai pas compris grand-chose. Alors je vais faire une chronique avec des mots dans le désordre.

Aiguiser (des couteaux)

Arc fait main

Canif

Cockpits d’avions

Couloirs courbes

Créateur

Escaliers en spirale

Feu

Fientes

Grands-Mères

Gros nez

Guerre

Héron

Incendie

Incompréhensible

Jeu de construction

Mère absente

Onirique

Pélicans

Perruches

Pierres funéraires

Portes

Repas

Tour

Le règne animal – Thomas Cailley

Vu au cinéma avec Cecci et Marguerite, et tout le monde a beaucoup aimé.

Ca commence comme un film français naturaliste presque caricatural avec une dispute père-ado dans une voiture coincée sur le périphérique où on parle de bouffe (de chips, en l’occurrence). Et soudain, il se passe quelque chose dans l’embouteillage, une étrange créature apparaît et le gars dans la voiture voisine, vitre baissée, soupire « quelle époque ».

Ce que j’ai préféré dans ce film : son ton, entre film fantastique-onirique, film de SF (une hypothèse saugrenue est généralisée à la France, au monde), chronique familiale… Le récit marche sur une ligne très fine et ne se casse jamais la figure, il est mené très sérieusement, les personnages sont traités avec amour et nous touchent tous.

La narration est exceptionnellement bien tenue. Pour un allergique comme moi au récit feuilletonnant (oui, moquez vous si vous voulez), voir un film de deux heures monté serré, où il se passe tout le temps des trucs, où les scènes sont coupées juste comme il faut, ça me fait plaisir.

Et le récit est atmosphérique, visuel, certaines images et scènes magnifiques me restent encore en tête (je ne spoile pas, ou à peine, celles&ceux qui ont vu comprendront) : le camion que la grue sort de l’eau, le père cherchant sa femme dans le supermarché en train d’être évacué, la fête de la Saint Jean, l’incroyable poursuite dans les champs de maïs… et l’acmé du film, scène de forêt sans parole qui m’a fait penser à un tableau de Jérôme Bosch.

Les créatures sont aussi très réussies, collages à la fois surréalistes et très incarnées, qui m’ont semblé rendre hommage à une certaine tradition de cinéma fantastique (j’ai notamment pensé à la belle et la bête, aussi bien Cocteau que Disney).

Les personnages sont aussi très beaux, avec des acteurs au top. Aussi bien le papa, que l’adjudante de gendarmerie (dont j’adore l’ironie à froid et le regard fatigué). Les personnages secondaires sont aussi très bien dessinés ; je pense à Naïma, la cuisinière (« j’aurais peut être dû chanter », à Fix, à Nina (« j’ai un TDA ») et au groupe de lycéens, big up à celui qui fait des AMHE (« venez voir mon combat »), grâce à eux et à la manière dont ils sont écrits et joués, le film parvient à la fois à être réaliste avec une petite touche sociale, souvent drôle et émouvant.

Le plus épatant est Paul Kircher qui joue l’ado, qui parvient à la fois être complètement abruti, touchant, bestial… Il m’a beaucoup touché.

Je repense encore à la scène où ils cherchent la maman, fenêtre ouverte en voiture, dans la nuit… 

Bref, c’était super.

Donjons & Dragons – l’honneur des voleurs – Jonathan Goldstein

Voilà un film d’aventures de fantasy, avec une imagerie kitsch, des grosses bastons, des acteurs honnêtes mais pas fous, un scénario reposant sur des ressorts habituels, de l’humour, de la bagarre, de l’humour encore et encore de la bagarre, de la magie qui fait boum, des créatures insolites, etc… Et des personnages aux noms franchement bof (si, si, pensez-y. Xenk le paladin, vraiment ?). Ca devrait être nul. Regardez la bande annonce pour vous en convaincre, vous avez déjà vu ça un paquet de fois, oui, oui.

On est allés le voir avec Marguerite, on a beaucoup rigolé et on en a beaucoup reparlé. Alors oui, partager un film au cinéma avec notre héritière, c’est déjà très précieux. Et ensuite, c’est assez difficile à expliquer, mais ce film est super.

Les lectrices et lecteurs de ce blog/carnet de notes culturel le savent depuis longtemps, le jeu de rôle est une des grandes affaires de ma vie. Et nous autres, les rôlistes, aimons en particulier certains films, qu’on qualifierait volontiers de « films de rôlistes » : qui mettent en scène une bande de personnages héroïques, un peu décalés parfois, qui échangent entre eux des blagues méta sur ce qui se passe et construisent des plans improbables qui parfois échouent – mettons Chevalier, ou les Goonies, ou Princess Bride, ou la série The Expanse… Je suis sûr que vous en trouverez plein d’autres dans vos mémoires.

D & D, l’HdV, a clairement la volonté de faire un film de rôlistes, c’est même un peu l’idée du truc. Les héros donnent l’impression d’avoir été créés par vos copains/copines du samedi soir dans un esprit de bon délire ensemble. L’histoire semble à la fois scriptée par le MJ et avoir des détours bricolés au fur et à mesure lors de ces moments d’impros où on rigole tous ensemble et/où une bonne idée a émergé. Disons que cette tablée de joueuses et joueurs a envie de faire de l’aventure, avec plein de bagarre et de décors insolites et grandioses, d’objets magiques spectaculaires, de monstres, de la romance (la scène entre Holga et son ex…) et que le MJ adore cabotiner en faisant le méchant. Durant la bagarre finale on croit entendre les joueurs crier autour de la table les actions de leurs persos pendant que le MJ lâche sur eux sort de niveau 7 sur sort de niveau 7.

Et tout ça crée un récit avec une grâce particulière. Au-delà des rebondissements réussis, du rythme énergique et des personnages bien campés par des acteurs qui font leur boulot (je n’aime pas Chris Pine, par exemple, mais son personnage marche très bien), D&D l’HdV est un film qui a su toucher le rôliste en moi et dire quelque chose de ce que j’aime quand nous nous racontons des histoires ensemble.

Après tout, le jeu de rôle est une des grandes affaires de ma vie.

Les trois mousquetaires – Martin Bourboulon

 Est-ce que j’aime les Trois mousquetaires ? Le roman, je veux dire. Oui, non, je ne sais pas. La première partie, l’histoire des ferrets, est assez rigolote. La deuxième partie, avec Constance, enlevée et Milady, méchante méchante, je suis moins preneur. Certaines scènes sont mythiques, d’autres tiennent moins la route, Dumas enchaîne traits de plume foudroyants et blasblas ennuyeux.

– Comment vous appelle-t-on, mon brave ? dit Athos.
– D’Artagnan, monsieur.
– Eh bien, Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan, en avant ! cria Athos.
– Eh bien, voyons, messieurs, vous décidez-vous à vous décider ? cria pour la troisième fois Jussac.
– C’est fait, messieurs, dit Athos.
– Et quel parti prenez-vous ? demanda Jussac.
– Nous allons avoir l’honneur de vous charger, répondit Aramis en levant son chapeau d’une main et tirant son épée de l’autre.

(là, on est plutôt dans la première catégorie)


Cette millième adaptation en film à grand spectacle offre quelques trucs intéressants : le sourire et l’énergie de François Civil en d’Artagnan. Des chevaux magnifiques, des épées, de la bagarre, des châteaux et des extérieurs magnifiques, des intérieurs qui envoient, un Vincent Cassel qui plante un bel Athos (trop vieux, mais bon). Et j’ai adoré Louis XIII, à la fois beau, fragile et indécis, de loin le meilleur personnage du film, et le plus nuancé. Anne d’Autriche est très bien aussi.

Il y a aussi quelques spectaculaires ratages. Trop de coups de flingue. Le filtre marron-dégueu-crado sur l’image. Porthos, insignifiant. Aramas, répugnant. Richelieu (le grand méchant evil guy, quand même) complètement raté et pâlot – Eric Ruf et moi devons être incompatibles. Buckingham est raté aussi, mais je n’ai jamais aimé le personnage, ni ici, ni chez Dumas. Milady bof bof, sauf quand elle se déguise en duchesse blonde pour bluffer d’Artagnan.

Le scénario, à la fois fidèle et prenant des détours (les Protestants, ha ha ha) ne m’a pas gêné. 

Tout ça se laissait regarder sans déplaisir.

OSS117, le Caire, nid d’espions — Michel Hazanavicius

Quelques mots sur ce film. C’est entièrement de la faute du podcast Une invention sans avenir que je l’ai regardé (écoutez ce podcast, c’est très intéressant !), j’en étais curieux depuis un moment. Je ne vais pas en dire grand chose d’intelligent : c’est très bien fait, la reconstitution d’un film d’aventures des années 60 est épatante. Pré générique en N&B, générique très graphique, nuits américaines, scènes de bagarre « à l’ancienne », belle image. Dujardin campe un personnage d’imbécile magnifique… mais je n’ai pas aimé.

Je crois que j’aime le concept. Que sur quinze minutes denses de ce genre, ça m’aurait plu, mais que le pastiche/parodie étiré sur 1h40 m’ennuie. J’avais envie de voir un vrai film d’aventures des 60s. Je ne m’y attendais pas, mais au milieu du visionnage j’ai eu envie d’interrompre et de regarder un vieux James Bond, genre Goldfinger ! (film revu il y a peu avec les enfants qui ont trouvé ça ringard, macho et assez très con, alors que je trouvais le film classieux, même au re-
visionnage.)