Inglourious Basterds – Quentin Tarentino

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Notre deuxième sortie cinéma de l’année (quelle folie !) a été un succès elle aussi. Inglourious Basterds est un film vraiment cool, un des meilleurs de Tarentino, et des tas de gens vous expliqueront cela mieux que moi. (par exemple, ici).

Ce qui me fascine, dans ce film, c’est sa capacité à raconter une histoire forte, au premier degré – histoire de vengeance et aventures en France occupée de ces fameux Basterds, avec des personnages très bien campés, tout en étant un collage et un jeu permanent de références (jusqu’au générique qui emprunte trois lettrages différents !).

Le film multiplie les registres, suspense, horreur, humour…, joue sur tous les degrés tout en croyant profondément à son récit.

Tarentino aime le cinéma, il aime en voir, il aime en faire, et il nous le fait aimer.

(et la scène d’ouverture du chapitre V prouve encore une fois QT est le roi pour poser des images sur une musique…)

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Le voleur de bicyclette – Vittorio De Sica

Pour changer un peu de la fantasy française pré-90…

Ce troisième film de nos séances ciné-club faisait partie de ces classiques qu’on aimerait bien avoir vus mais qu’on se dit toujours qu’on regardera plus tard : une histoire italienne, néo-réaliste, en noir et blanc, d’un ouvrier au chômage qui s’est fait voler son vélo, on trouve parfois plus motivant, comme sujet… Nous avions entendu parler du film par les allusions nombreuses et très drôles qui y sont faites dans le très beau film d’Ettore Scola, C’eravamo tanto amati, dans lequel le voleur de bicyclette fait partie des références du personnage du professeur communiste cinéphile.

Après visionnage, on comprend pourquoi le film est un classique : une histoire simple, limite une fable, une forme parfaite : beau noir et blanc, acteurs sobres et justes, narration impeccable. Peu d’effets, beaucoup de suggestions, beaucoup de talent. Certes, ce n’est pas très rigolo… Mais le film offre un beau portrait de la ville de Rome en 1948. La quête de l’ouvrier Ricci à la poursuite de son vélo nous fera passer par les marchés aux puces du petit matin (où les voleurs refourguent leurs marchandises), les ateliers municipaux, les banlieues, restaurants, églises, petites rues populaires, stades de foot… On y voir toute la sociabilité de l’époque, les combines, les flics sévères et incompétents, les communistes, les dames de paroisse. Le film a été tourné dans les rues de Rome, avec des acteurs non-professionnels.


Loin d’être le pamphlet communiste univoque que j’imaginais, le film de De Sica offre plusieurs niveaux de lecture, grâce notamment à l’interprétation de Lamberto Maggiorani qui fait de ce chômeur ma lheureux un héros de bronze à l’antique, le protagoniste d’une tragédie morale.
Et je sais pourquoi le petit garçon pleure à la fin.


la scène du concours, dans C’eravamo tanto amati. La question à laquelle doit répondre Nicolà (le barbu) est : « pourquoi le petit garçon pleure-t-il, dans le le voleur de bicyclette? »

Freaks – Tod Browning


Un peu à reculons, incité par Cecci, j’ai projeté la semaine dernière ce classique des années 30. J’avoue que j’appréhendais un peu de regarder ce film très célèbre, tourné avec toutes sortes de monstres de cirque authentiques : nains, siamoises, microcéphales, homme-tronc, femme à barbe… Les déformations et mutilations font partie de mes cauchemars personnels et il y a toujours un cirque de monstre qui rode dans mes bas-fonds les plus ténébreux. Je n’avais pas tellement envie d’y être confronté directement.
L’histoire est très simple : mépris et et trahison : une belle blonde sans scrupule, après avoir tenté d’arnaquer méchamment un nain élégant, finira cernée sous la pluie par une bande de mafieux minuscules armés de couteaux… Non sans être passée par le plus horrible des repas de noces. (horrible pour qui, c’est à voir…)

Le film montre surtout une suite de saynettes de la vie du cirque, différentes situations comiques ou absurdes liées aux difformités de protagonistes – les siamoises épousant toutes deux des hommes différents, l’homme tronc allumant une cigarette…

Malgré tout ce que l’idée de ce film peut avoir d’effrayant et de racoleur, Freaks est un beau moment. L’image est magnifique et les monstres sont filmés avec une grande tendresse. j’ai eu l’impression que le film posait un regard très intéressant sur les corps : corps des freaks, corps des artistes de cirque, hercule, clown, acrobate… Même le corps des « normaux » m’a paru soudain étrange et singulier, attirant et repoussant, donnant un sentiment très fort de fraternité entre tous ces humains, tous bizarres à leur façon.

Freaks nous offre à voir le monde en vérité, beau et bizarre. Ce n’est pas rien.

Labyrinthe – Jim Henson

Nous avons inauguré hier soir les séances ciné-club LK2@Home en projetant Labyrinthe, de Jim Henson.
Je n’avais jamais vu ce film, sorti en 1986, mais je savais qu’il s’agissait d’un des rares classiques du cinéma de fantasy anté Seigneur des Anneaux (après, ça les mondes imaginaires se sont répandus comme la peste sur le petit écran…).
L’histoire : une jeune fille, lasse de garder son petit frère tous les week-ends, en vient à souhaiter que les gobelins (curieusement traduits par « lutins ») en viennent à emmener le bébé. Malheureusement, le roi des gobelins l’entend et répond à son souhait. Comme c’est une baby sitter avec un peu de conscience professionnelle, elle entend le récupérer et part dans le monde des gobelins, devant traverser le labyrinthe qui mène jusqu’au château avant que le roi ne transforme le bout de chou en gobelin à son tour…

Le film a beaucoup vieilli, les musiques au synthé, les chansons, la coiffure de David Bowie (= le roi) sont assez éprouvants pour le bon goût. Mais les effets spéciaux « à l’ancienne », les marionnettes de Jim Henson, les images de Brian Froud, les décors peints, les ambiances sont très jolies. Le film a quelques beaux moments poétiques, notamment la chute de Sarah dans le puits des mains ou des centaines de mains lui parlent en formant des visages….
Derrière un propos pas dissimulé (le film est une métaphore du passage à l’âge adulte – ça nous a fait penser à l’ami Alex), le scénario n’est pas idiot. Les personnages, notamment, sont tous ambivalents. Jareth, bien évidemment, à la fois hostile, attirant et généreux. Hoggle, couard, solitaire et amical. Juno, le très beau monstre,malgré ses protestations de sympathie a quand même quelque chose de flippant, etc, etc. Il n’y a ni méchant, ni gentil et la grande question que Sarah affronte est celle de la confiance : elle apprend à aimer ses compagnons même s’ils la déçoivent et la trahissent. De ce point de vue là, toutes les créatures sont réussies : elles ont chacune leur personnalité et leur charme (et c’est un homme totalement insensible à toutes les fééries qui vous dit cela…)
J’imagine toutefois que ce film a d’autant plus de charme qu’on l’a vu étant jeune. Après, la suspension of disbelief a plus de mal à passer.


PS : Les jeunes parents que nous sommes auront constaté que Sarah est une baby sitter qui s’énerve un peu vite, que le bout de chou a l’air plus heureux chez les gobs qu’à la maison et que pas une fois en treize heures de quête, Jareth (qui en a la garde) ne change ses langes. C’est la fantasy qui veut ça…

Tokyo Godfathers – Satoshi Kon

Alors certes, il y a Miyazaki. Mais au Japon, il y a aussi Satoshi Kon. Qui n’est pas manchot non plus.

On avait aimé Perfect Blue, Paprika… Sur le conseil du parrain d’Alma, nous avons regardé (en DVD) Tokyo Godfathers.

Sous ce titre anglais pas terrible se trouve un drôle de film, à la fois chronique réaliste, mélo, comédie outrancière… qui fait référence, je le dis sans en être sûr, à un certain cinéma américain.

Trois clochards (un poivrot, une drag-queen et une ado fugueuse) trouvent un bébé dans une poubelle… On peut imaginer ce qu’une comédie à la française en aurait fait (au secours!). C’est l’occasion pour ce film de raconter une histoire un peu déjantée, avec engeulades, coïncidences impossibles, commérages, courses poursuites, mafieux, soupes populaires… et le portrait, très réaliste, d’un japon qu’on voit peu. Derrière le sujet, un peu glauque, derrière la comédie, on verra de très belles images urbaines, des lumières extraordinaires. Un peu comme Kaurismaki Satoshi Kon sait enchanter la ville et ses paumés, et, sur ce point, le film est de toute beauté. (aucune des images que j’ai trouvées sur le net ne lui rend d’ailleurs vraiment hommage sur ce point)

Ponyo sur la falaise – Miyazaki

Je n’avais pas aimé la bande annonce : dessin naïf, sujet vraiment enfantin et déjà exploré par Disney… Mais j’avais tort. Au fond, c’est le billet d’Eolas qui m’a convaincu de faire quelque chose, tout mon possible, pour voir celui-ci sur grand écran.

Pour notre sortie cinéma annuelle (voir la précédente ici), nous n’avons donc pas pris de risques. C’est une chose triviale à dire, mais M. Miyazaki fait des films merveilleux, celui-ci comme les autres. Voici en vrac ce qu’on y trouvera :

  • un petit garçon et sa maman qui est une vraie maman (qui fait peur parfois)
  • un magicien dandy, cousin fatigué de celui du château ambulant
  • une magnifique scène wagnérienne
  • des messages échangés en morse
  • des poissons préhistoriques
  • une maison de retraite
  • un bateau jouet
  • une apocalypse
  • plein d’autre choses…
  • et une véritable petite fille, qui court sur les vagues

Voilà, j’ai été enchanté, c’est très beau, fait à la main, avec des dessins tout ronds et des grosses vagues avec des yeux. On le montrera à Alma quand elle aura l’âge de Sosuké (cinq ans).

P.S. : Le cinéma de Lausanne où nous étions avait projeté les bande annonces de tous les films d’animation à venir sur nos écrans (Fly me to the moon, Up, Coraline) et si certains peuvent paraître intéressants, la comparaison avec le film de Miyazaki est cruelle.

P.P. S : attention, petits spoilers…

Le film tient un ton très curieux, l’histoire est vue par les yeux d’un enfants mais effleure des sujets très graves, on y voit des grouillements de créatures un peu effrayantes, des tempêtes et des catastrophes naturelles… Mais les bateaux de réfugiés forment une parade colorée et les adultes sont tous responsables… 

Et, concernant la fin, personne ne met en doute l’amour de Sosuké, dieux et adultes font confiance au petit garçon pour tenir ses promesses.

Le film repose ainsi sur un équilibre très fin, très délicat, qui ajoute encore à son charme.

Valse avec Bachir

Nous avions observé voici quelques années que les jeunes parents réussissaient à aller au cinéma deux fois par an. Et bien c’est vrai ! Voici donc notre deuxième sortie de l’année…
Valse avec Bachir est un objet étrange et un film magnifique. Le réalisateur a été soldat dans l’armée israélienne lors de la guerre du Liban au début des années 80. Ce film d’animation est une plongée dans sa mémoire, à travers le récit d’une enquête menée par le réalisateur et les interviews d’anciens combattants de sa génération. Et ces interviews, ces conversations deviennent le support d’images hallucinantes, oniriques, surréalistes, magnifiques. C’est connu : le film d’animation demande de penser chaque scène, chaque image, jusque dans ces détails. De rêver la réalité. Ici, il devient un bel outil pour raconter l’inracontable, la beauté et les effrois de la guerre, les sensations des jeunes hommes de 18 ans à qui on a mis un fusil dans les mains. Le procédé est voisin de celui employé dans la BD documentaire (genre le photographe) mais la personnalisation de la narration permet une plongée subjective et émotionnelle beaucoup plus forte que dans le photographe, par exempl, soutenue par des images souvent oniriques et une excellente musique.


Plongée en spirale dans la mémoire, interrogation sur les souvenirs, sur le rapport aux évènements passés, sur l’implication, la culpabilité, Valse avec Bachir enchaîne les scènes fortes, belles, insupportables. Fusées éclairantes sur le décor post-apocalyptique des immeubles de Beyrouth, reflet d’un homme dans l’oeil d’un cheval mourant, traversée d’un verger à la poursuite d’un enfant armé d’un RPG, évacuation des morts vers la « grande lumière ». Et la danse de Frenkel, sous les tirs des snipers et les immenses portraits de Bachir Gemayel.


– Pourquoi est-ce qu’on tire tout le temps? On ne devrait pas prier, plutôt?– prie, et tire.





Photos extraites du site du film.

Paprika

La sortie de ce film en France est assez discrète alors qu’il s’agit d’un évènement d’importance, je tiens donc à lui donner un peu plus de résonnance.

Paprika est un long métrage d’animation, réalisé par Satoshi Kon, dont j’avais déjà vu l’excellent Perfect Blue.

L’histoire est une sorte de thriller : une machine à explorer les rêves des gens (dans des buts de psychothérapie) est volée par un individu mystérieux aux intentions pas très nettes. L’équipe de recherche tente de remettre la main dessus avant que des catastrophes se produisent, aidée en cela par Paprika, charmante jeune fille onirique…

Ce scénario (très bien tenu dans le film, qui, s’il secoue parfois son spectateur, ne le largue jamais), est l’occasion d’une plongée dans un monde de rêves et d’inconscient, souvent très angoissant. Par l’intermédiaire de Paprika et des autres personnages, le film nous fait voyager (littéralement) à travers tous les supports à rêver: films, photos, pubs, Internet… et même les tableaux de Gustave Moreau.
J’ai aimé la vision du rêve et de l’imaginaire dans ce film, qui est tout autant une évasion qu’une névrose. L’imaginaire des personnages est souvent angoissant, régressif, excitant. Le film enchaîne les situations de vertiges, d’illusions, aidé en cela par la technique de l’animation (2D en général) qui permet un glissement invisible du « réel » à l’imagination.


Le film n’est pas vraiment « beau » comme peut l’être un Miyazaki mais il est rapide, léger, entraînant… parfois jusqu’à la peur. Certaines scènes sont parfois rugueuses, bizarres, révélant sans doute des obsessions de l’auteur qu’aucune séance de travail collective n’aura « lissée ». Tant mieux !
On ne passe que rarement sur les écrans des histoires aussi intéressantes, alors profitez-en !

Pour en savoir un peu plus, la critique du Monde m’a paru pertinente. Je recommande aussi celle d’Olivier Paquet, plus technique, pour les amateurs d’animation japonaise.

Images du film (c) Rezo films

Le cinéma expressionniste allemand à la cinémathèque

Je jette quelques mots sur l’exposition de la cinémathèque sur le cinéma expressionniste allemand. Elle est superbe !
Nous y sommes allés par un froid dimanche après-midi, alors que le soleil se couchait (l’expo ferme à 20h, le dimanche, un luxe !) et la promenade dans le quartier de Bercy avec le vent froid et la lumière qui baisse est déjà une expérience en soi, on a l’impression de frôler de gros monstres endormis et éteints, le POPB et le ministère des finances…
Le bâtiment (très moderne) de la cinémathèque était déjà toute une promesse, avec ses volumes tordus, ses éclairages bizarres, ses perspectives impossibles et le calme silence qui y régnait. Des employés affables, un espace tranquille, tout le recueillement ouaté d’un dimanche soir fatigué.
Je ne savais trop si j’aimais le cinéma expressionniste avant de me rendre à l’expo. De manière générale, Cecci et moi sommes plutôt amateurs des films des années 20/30, avec leur énergie brutale et le jeu souvent violent des acteurs (Ah, Scarface !). Et j’aime les plans étranges et les visages puissants des personnages de Métropolis ou de M. le maudit

L’exposition est installée dans un espace très bien aménagée. Des salles thématiques (la nature, les intérieurs, le corps, les escaliers…) nous présentent de nombreuses esquisses, souvent très puissantes et frappantes, souvent angoissantes. Une astucieuse installation d’écrans (dans chaque salle) permet de voir des extraits des films dont il est question, en rapport avec le thème de la salle. On voit aussi, naturellement, de nombreuses affiches, un peu de matériel de tournage, des maquettes d’installations de tournage (Siegfried affrontant ce terrible dragon mécanique, magnifique !), de splendides originaux de plans de décor ou de machineries qui paraissent sortis de quelque Nécronomicon. Et, last but not least, on a même droit à une reconstitution aux 3/5 d’un décor du Cabinet du docteur Caligari

Les expressionnistes m’ont donné l’impression, très émouvante, d’avoir suivi jusqu’au bout un projet artistique très intense : tout coordonner : jeu, décors, corps, à l’expression d’un sentiment, d’une impression interne. Ne pas chercher à rendre la réalité, mais rendre plutôt les impressions que la réalité produit en nous, impressions vibrantes, tremblantes, esquisses tranchées bordées de noir, pleines de peur, d’angoisse, de grotesque…

En visualisant certains extraits de films, nous n’avons pas pu nous empêcher d’imaginer les incroyables moments de direction d’acteurs auxquels ils doivent avoir donné lieu…
Bref, un moment très fort dans un lieu très agréable.

PS : je ne peux m’empêcher de la comparer à l’exposition Disney, bondée de monde et prétentieuse, au Grands Palais. Le type d’objets exposés était le même (dessins, extraits de films…). Mais, était-ce la qualité des textes? L’exposition de la cinémathèque m’a parue bien plus profonde, quand celle du Grand Palais m’a semblé rester à la surface des choses et se limiter à l’anecdotique (malgré quelques perles, quelques dessins intéressants). Disney ayant été influencé par l’expressionnisme, le rapport à tirer entre les deux espos me paraissait intéressant.

Le Prestige

Hier soir, nous sommes allés voir le Prestige, d’après le remarquable roman de Christopher Priest.
En quelques mots, l’histoire raconte la rivalité violente entre deux prestidigitateurs (Angier et Borden) dans l’Angleterre du XIXème siècle, autour notamment d’un étonnant tour de téléportation, « l’Homme Transporté ».
J’avais adoré le roman, un vertige tout à fait Priestien sur la dualité des points de vue, sur la magie et l’illusion, avec un élément science-fictif tout à fait fascinant, et je doutais un peu de la possibilité de l’adapter finement au cinéma. Mais la transposition à l’écran m’a tout à fait convaincu.

Le scénario, notamment, est finement écrit. Retenant l’esprit du roman et beaucoup de ses situations fortes, il élague l’intrigue (oubliés, les passages au 20ème siècle) et en fait une histoire de cinéma (ce que ne faisait pas, selon moi, le scénario du Seigneur des Anneaux). Il ne s’agit pas d’une adaptation pour les fans, mais de la création d’un véritable film, et tant mieux. Je connaissais naturellement les principales astuces de l’histoire, mais je ne me suis pas ennuyé un instant, tant la construction narrative est intéressante.
Les acteurs incarnent avec une grande force les personnages, les font vivre, rendent crédible l’étrange combat qui les anime. J’aime notamment beaucoup les prestations des deux acteurs principaux (Christian Bale et Hugh Jackman), ainsi que celle, étonnante, de David Bowie. Je les aime d’autant plus que ce n’est pas les acteurs qui m’ont séduit mais vraiment les personnages.
La mise en scène ménage quelques très belles trouvailles (les ampoules, la boîte) et réussit cette gageure de filmer les tours de prestidigitation de manière dramatique et intéressante.
Bref, on comprendra que j’ai beaucoup aimé.

Maintenant, ce très bon film (bons acteurs, bonne histoire, bonne réalisation) n’est pas un chef d’oeuvre. Non pas à cause de ses quelques défauts, mais plutôt par manque de coup de génie cinématographique. Le sujet du Prestige (l’illusion, le prestige justement…) est un merveilleux sujet de cinéma et il manque un peu de folie à ce beau film pour que nous soyons pleinement soufflés et illusionnés…

Photos © Warner Bros. France