Treize jours et treize nuits – Martin Bourboulon

Kaboul. 2021. Évacuation de l’ambassade de France alors que les Talibans entrent dans la ville. Mohamed « Mo » Badi fait partie des derniers personnels de l’ambassade encore sur place. L’ambassadeur est déjà à l’aéroport. Il reste une poignée de ressortissants français et quelques centaines de réfugiés afghans. Comment les emmener jusqu’à l’aéroport ?

Je ne sais pas trop quoi penser de l’idée de faire un spectacle à suspense de cette situation horrible où une partie de la population d’une ville/d’un pays tente de le fuir. 

Si on accepte cette idée, que vaut le film ?

Il est basé sur un texte écrit par Mo lui même, fils de harki et à deux doigts de la retraite, et donc il épouse entièrement son point de vue. Le film est une ode à la France, au professionnalisme de ses policiers, ses soldats, ses ambassadeurs, ses institutions. La France avec peu de moyens (mais des moyens quand même) et surtout des valeurs nobles et universelles. Bien sûr j’ai envie de me moquer un peu (ça aussi c’est une valeur française), mais après avoir passé le week-end en compagnie d’un exilé iranien amoureux de mon/notre langage et ma/notre culture, je ne peux pas totalement en rire non plus.

Le film a aussi la qualité de rendre quelque chose avec les outils du cinéma de ce monde hallucinant et violent et compliqué. De ce monde affreux de mecs avec des flingues. De cette situation terrifiante et impossible. De cette foule de gens brandissant des documents et qui resteront à la porte, malgré les quelques unes et quelques uns que Mo et les gars autour de lui veulent sauver. 

J’ai aimé voir cet homme  essayer de se sortir, de sortir le groupe, pas à pas, d’une situation impossible. Sans jamais tirer un coup de feu, toujours par la parole, la négociation, la rencontre avec l’autre. J’ai aimé les voir lui et la journaliste se trouver tous les deux toujours en position faible et utiliser, pour avancer, des manteaux fragiles : le nom de la France, le droit des journalistes à être présents…

Je ne sais pas si c’était un bon film, mais c’était une expérience puissante et intéressante. (et les acteurs et actrices sont très bien)

La prisonnière espagnole – David Mamet

 

Voir des films et se souvenir d’avoir vu des films.

Il y a eu une période de ma vie où j’allais beaucoup, beaucoup au cinéma. A la fin des années 90, Je n’avais pas d’enfants, un peu d’argent, du temps et j’habitais près de Paris. Je lisais même Studio magazine et j’adorais voir de belles photos d’acteurs et d’actrices en papier glacé (même si je n’en ai jamais mis sur les murs).  Ma culture filmique a, en grande partie, été faite à cette époque. Tout comme mon goût en matière de musique s’est forgé et figé vers mes 16-17 ans, mon, goût en matière de ciné s’est formé vers ce temps-là.

Et donc, j’avais vu, à sa sortie, la prisonnière espagnole, ça devait être début 1998, et je me rappelais avoir beaucoup aimé. Puis presque oublié. Je m’en suis rappelé quelques fois depuis, « tu sais, ce film, avec une histoire d’arnaque très tordue… comment ça s’appelait ? » Je suis sûr que vous avez dans votre mémoire des films comme ça, dont vous vous rappelez la bonne impression qu’ils vous avaient faite. Et j’ai eu vaguement envie de le revoir, par moments, sans parvenir à le retrouver.

Jusqu’à une conversation, l’an dernier, avec l’ami Léo, qui me parle d’un film cool, qu’il avait envie de revoir… Et donc, pour le plaisir d’entretenir la conversation, j’ai mis la main sur le film et j’ai passé une soirée devant. Et c’était chouette.

Donc : oui, c’est une histoire d’arnaque tordue, à double, voire triple fond. Quand on y réfléchit, le scénario ne marche pas vraiment, mais ce n’est pas important, c’est une intrigue bicyclette : tant qu’elle avance, elle tient debout. C’est presque abstrait (l’enjeu de l’histoire, le fameux « process », n’est jamais explicité, on s’en fout). 

Ce dont je ne me souvenais pas, ou que je n’avais pas compris à l’époque :

Le héros est très ambigu moralement. C’est même carrément un con. A plusieurs moments il fait des gestes très bêtes, motivé par l’envie de reconnaissance sociale/de sexe/d’argent. On sait qu’il se fait avoir, alors, oui, on a un peu peur pour lui, mais on a aussi envie qu’il se fasse prendre pour lui apprendre un peu la vie.

Le film se passe à une époque un peu floue, entre les années 60 et les années 90. Tous les décors on un aspect… décor, ce qui, quand on pense à l’histoire, est un effet vraiment cool. J’ai eu un vrai bonheur à regarder les différents décors dans lesquels l’histoire se déroule.

Je me rends compte de combien cette histoire ne pourrait pas fonctionner de nos jours : google démonterait l’arnaque en 3 secondes.

Les acteurs et actrices sont formidables. Steve Martin en riche escroc séduisant, notamment. Mais surtout Rebecca Pidgeon, qui joue « the new girl ». Son personnage de secrétaire sans cesse entre le respect, la moquerie et le rentre-dedans est super bien écrit, et filmé avec amour (OK, OK, elle est mariée avec le réal). En terme d’implausibilité, comment ça se fait que ce jeune homme beau gosse et solitaire ne craque pas immédiatement pour elle ? 

Et enfin, je me rappelais une scéne précise du film, liée à un transfert d’argent depuis un ordintateur, vers un compte en Suisse, et je suis sûr de l’avoir vue… et elle n’était pas du tout dans le film. Donc il y a derrière ce film un autre film similaire, encore plus mystérieux, dont je ne me souviens presque plus.

Ou alors ma mémoire est pleine de sables mouvants et de fantômes. Ce qui ne me déplaît pas.

Starship Troopers — Paul Verhoeven

Ce week-end de l’ascension, j’ai profité d’un planning assez calme pour revoir des films.

Do you want to know more ?

Celui-là, je tenais à le montrer à Marguerite, parce qu’il m’avait appris, à sa sortie, quelque chose d’important sur la manière de raconter des histoires. On peut, en assumant complètement le ton, raconter une histoire de jeunes héros audacieux et d’humains en lutte contre des insectes géants, en y croyant. Il suffit de voir l’effort mis dans les chouettes maquettes de vaisseaux, le travail fait sur les monstres, le désir de donner des indices sympas de world-building (par exemple, l’égalité des genres et des races dans ce sympathique monde futur.) Et, tout en même temps, construire un récit qui interpelle les spectateur·ices de manière grinçante, en disant : qu’est-ce que tu regardes en réalité ? Tu as vu comment tu te fais avoir par la grosse musique de Basil Poledouris et les trémolos héroïques ? Tu aimes les nazis ?

Et vu d’aujourd’hui, cette soap romance en mode guerre galactique est encore tout à fait pertinente, comme dénonciation rigolote et caustique de la propagande, des angles morts des récits. C’est un peu similaire au Rêve de fer de Spinrad, en plus digeste (ça ne dure que deux heures). Je ne sais pas si c’est vraiment bien de faire ce type de récit, s’il n’y a pas un peu de méchanceté gratuite et un côté sale gosse avec de gros jouets dans les intentions du réalisateur, mais un des buts d’une œuvre d’art doit être d’offrir une autre manière de regarder le monde.

Sans Starship Troopers, on n’aurait peut-être pas fait CLEER. Et la société bien intentionnée et totalitaire de Transfert, dans notre histoire du futur, doit un peu quelque chose à ce film.

Animale – Emma Benestan

NIFFF, enfin, dernier film vu cette année.

Animale, d’Emma Benestan, se passe en Camargue, dans une manade fictive où une jeune femme, Nejma, est super motivée pour devenir raseteur (tiens, comment on le féminise, celui-là ?) et participer aux courses de taureaux dans les arènes.

Les manades, les petits taureaux noirs et les petits chevaux blancs, les arènes, les jeux gardians et les courses de taureaux ça me fait penser à nos vacances d’été. Cet univers est filmé ici façon western, avec de beaux paysages camarguais et des plans épiques de chevaux et de taureaux. Les premières minutes du film, magnifiques, m’ont tiré des larmes. Taureaux, chevaux et humains sont très bien filmés.

L’histoire tire dans un sens très intéressant – la relation de la jeune femme et de l’animal. Relation rêvée, fantastique, et tout cet aspect mythique du récit me plaît beaucoup. J’ai pensé à Dédale, au taureau de Crète et à Pasiphaé…

Malheureusement, il y a aussi un aspect allégorie, le fait de tirer le parallèle entre la relation humain/animal et la relation homme/femme (je n’en dis pas plus). L’histoire se tient, mais cette réduction est narrativement un peu décevante car elle réduit les interprétations possibles de ce qui se joue, même si cela crée de belles images.

La fin, très belle, m’a fait penser à une mise en image camarguaise de la chanson de la Blanche biche.

Malgré la (relative) déception de certains aspects du scénario, le film offre de superbes ambiances et images. La lune, les cornes, les arènes… et les taureaux, superbes.

Love lies bleeding – Rose Glass

NIFFF encore.  Outre des films fantastiques et asiatiques, ce festival a une sélection Third Kind où ils proposent d’autres trucs. Comme par exemple un film de flingues et de lesbiennes, comme Love Lies Bleeding.

Alors, OK, oui, ce film n’est pas du tout indispensable. C’est encore une histoire violente située dans une petite ville américaine des années 80. Mais c’est super marrant. Il y a Lou, qui bosse à la salle de muscu et qui reste ici prétendument pour veiller sur sa soeur mariée à un connard. Et il y a Jack (Jacqueline) qui est en fuite, SDF et qui s’arrête ici le temps de préparer le concours de bodybuilding de Vegas. Elle a un très beau sourire et elle est très très balaise, on dirait un peu le personnage de la barbare sortie de son village des collines cimmériennes.

Et il y a le papa de Lou, qui est très méchant et très dangereux et qui dirige un club de tir. Et la maman disparue de Lou, et JJ qui est très con. Secouez, comme dans une partie de fiasco, et secouez, il va y avoir des morts.

Au cinéma, j’aime voir des trucs épatants. Ici, une salle de sport, des corps de culturistes, Ed Harris avec des cheveux longs (sort of) et Lou qui essaie d’arrêter de fumée en écoutant une cassette de coach. J’ai beaucoup, beaucoup ri. Le film a une super image, très construite, du rythme, de l’action. Alors, oui, ça ne sert pas à grand-chose, mais on s’amuse.

Pendant ce temps sur Terre – Jérémy Clapin

Suite des chroniques du NIFFF. Pendant ce temps sur Terre est un film de SF de Jérémy Clapin. Elsa est « la petite soeur du cosmonaute », disparu dans l’espace. Elle bosse dans un EHPAD dirigé par sa maman, « en attendant », mais en attendant quoi ? Sinon, elle dessine, taggue la statue de son grand frère et se rappelle leurs aventures spatiales de quand ils étaient enfants. Et, un jour, elle entre en contact avec des ET qui parlent dans sa tête.

Pendant ce temps sur terre est un film touchant, par son récit et parce qu’il tente d’embrasser : souvenirs d’enfance des années 80, SF à la Valérian et Laureline, chronique sociale contemporaine de trentenaires en mal d’avenir. La relation entre Elsa et les ET pourrait faire le sujet d’une nouvelle de Science Fiction assez maligne.

Le film a plusieurs trucs touchants : son imagerie, et notamment l’insertion de séquence d’animation dans le récit, très bien vues. Ses acteurs – très justes, et notamment son actrice principale, et plusieurs séquences touchantes ou amusantes.

Dans ses limites : c’est un film contemporain et pourtant daté, un film de petit garçon qui rassemble une SF de souvenirs de petit garçon – dans lequel je me reconnais assez bien. Une science-fiction tournée vers le passé plutôt que vers l’avenir et donc, assez déprimante en vérité. Une histoire très anthropocentrée. Les êtres outrhumains présentés (l’arbre, le chien) ne sont que des accessoires narratifs sans aucune importance en eux-mêmes. 

Un truc marrant : tout comme Handling the undead, c’est un film de deuil. Et il partage, de manière très curieuse, quelques plans et tropes avec le film norvégien. Le surnaturel qui se manifeste par l’electricité qui déconne (comme dans Nope ou dans Stranger Things), les plans d’arbres vus d’en bas (comme par un mort qu’on porterait visage tourné vers le haut) et certains plans de voyage en automobile dans des tunnels, images sans doute du passage vers l’après…

Handling the undead – Thea Hvistendahl

Je vais brièvement chroniquer ici les films que nous avons vu au NIFFF cette année, dans l’idée de s’en rappeler et, peut-être, d’en tirer quelques idées sur l’imaginaire contemporain.

Handling the undead est un film norvégien de Thea Hvistendahl dont un des arguments de vente est qu’il est inspiré d’un roman de John Lindqvist, qui avait déjà inspiré l’excellent Let the right one in, vu il y a longtemps et qu’on avait adoré.

Le pitch : une nuit d’été, un phénomène bizarre se produit et les morts reviennent chez eux. Parmi ceux-ci on s’intéressra à un petit garçon – et à sa maman et son grand-père, à une vieille femme – et à sa compagne, à une maman – et à son mari et ses deux enfants.

Le film est lent, taiseux, comme les morts d’ailleurs. Il y a beau travail d’ambiance, c’est contemplatif, on s’intéresse plus aux émotions des vivants confrontés au retour de ces autres qui furent aimés, qu’à l’aspect SF (on apprend dans le film que le phénomène semble général et que le gouvernement cherche des solutions).

Il y a des de la lumière nordique, des émotions retenues, des moments effrayants, une idée simple (le souvenir des morts dévore les vivants), et j’aurais aimé qu’il se passe un peu plus de choses au-delà des idées de base.

Le Comte de Monte Cristo – Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte

L’époque est tellement sombre et angoissante que j’ai envie de me distraire en regardant des matches de l’Euro. Des types trop payés jouant à courir après une balle, ça me paraît somme toute inoffensif, comparé à l’urgence éco(logique et nomique) et à la montée du RN.

Un peu dans le même esprit de « allons penser à autre chose », nous nous sommes rendus en famille voir le Comte de MC, d’après Alex Dumas. Trois heures de film français en costume. Et, je dois l’avouer, j’ai eu beaucoup de plaisir. 

D’abord, je pensais que je n’aimais pas tellement cette histoire. Je crois l’avoir demi-lue ado et m’être ennuyé. Je ne comprenais pas l’intérêt du récit (il s’évade, il se venge) et les pages feuilletonnantes et les sentiments exagérés m’avaient cassé les pieds.

Là, déjà, on a le best-of de ce que le cinéma français peut faire en matière de capédépée : des décors naturels splendides, des costumes qui tuent leur race (notamment des bijoux incroyables – mais les girls, en sortant, on demandé pourquoi les hommes ne s’habillaient plus comme ça), des décors inventés mêlés au décors naturels, des acteurs à fond dans leurs rôles et quelques scènes de combat très lisibles.

Ensuite, grâce au film, j’ai compris pourquoi cette histoire plaît autant et pourquoi elle est en fait super cool. Un innocent est vaincu et humilié, il s’évade, devient immensément fort et riche et peut punir les méchants à loisir. Monte Cristo, Batman, même combat : fortune, identité secrète et, dans ce film, long manteau noir classe. Et à la fin, il oublie de faire le bien alors que lui, il avait promis (pourquoi est-ce que Bruce Wayne, au lieu d’acheter des batmobiles, ne s’occupe pas de financer le secteur sinistré de l’éducation à Gotham – poke @uneheuredepeine).

Il y a plein de bonnes scènes dans le film et plein de bons acteurs. Pierre Niney est excellent en CdMC, les trois méchants sont vraiment super, bémol pour les rôles de femmes – très bien jouées, mais personnages en retrait, ça reste une affaire de mecs. Certaines scènes sont vraiment très très bien, avec des noeuds narratifs puissants, notamment la scène de chasse, ou la mort de Villefort, ou bien celle du dîner de fantômes, avec le grand sourire du capitaine Danglars qui adore voir un mec puissant jouer à faire peur…

Bref, malgré l’épouvantable « entracte » qui coupe certaines séances de ciné suisse en deux, je me suis laissé emporter par cette super histoire à la réalisation somptueuse. Pendant trois heures, je n’aurai pas pensé au RN – et, même à l’entracte, je n’ai pas regardé mon téléphone pour avoir les résultats, afin de pouvoir replonger dans l’intrigue aussitôt le noir revenu.

Best of trio de méchants

Joli yacht, pas trop historique. Le choix des bateaux est bizarre… mais on s’en moque.
Pierre et ses grands yeux doux
Haydée, femme fatale (et valaque)
Un des décors les plus improbables du film
Kaspar David Friedrich, on t’a vu !
Le comte, brooding…

Je verrai toujours vos visages – Jeanne Herry

Toujours en suivant la liste de la sélection de films 2023 de l’épatante @philopoulpe, nous avons regardé je verrai toujours vos visages. Ce film de fiction aux faux airs de documentaire raconte l’exercice de la justice restaurative, sur deux axes parallèles : la confrontation de Chloé avec son frère abuseur et la rencontre, en prison, dans un cercle de paroles, entre des victimes de vols avec violence et des auteurs de faits similaires.

Les personnages sont bien campés par de bons acteurs du cinéma français (difficile de les nommer tous, mais il y a trois acteurs de la comédie française, Briane Ba, Suliane Brahim et Denis Podalydès), et Leila Bekthi, Elodie Bouchez, Adèle Exarchopoulos, Jean-Pierre Darroussin, Miou-Miou… et le film est captivant à regarder tant son sujet est intéressant à suivre. La situation mise en scène crée des tensions dramatiques très fortes, les relations humaines sont à fleur de peau, l’apex du film étant la confrontation entre Chloé et son frère. C’est plutôt bien filmé, bien raconté et j’ai marché tout du long.

Toutefois, après la visualisation, j’ai ressenti un arrière-goût pas très agréable. C’est tout d’abord un de ces films avec lesquels il n’est pas possible de n’être pas d’accord : cette initiative de justice restaurative est clairement une bonne idée et si ça se passe à moitié comme on voit que les choses se passent dans le film, c’est certainement très utile.

Mais justement : le film a un côté « pub » pour ce dispositif et, même si je suis sûr qu’il a été écrit en se basant que des rencontres bien documentées, il ne m’a pas paru très vrai. Les professionnels présentés sont presque des saints, on aimerait en savoir un peu plus sur la réalité de ce que le film présente justement comme « un travail ». L’intensité des acteurs fait passer pas mal d’éléments des personnages, mais on sent les effets d’une forme de condensation narrative.

J’ai surtout l’impression que l’équipe qui a créé ce film n’a pas su résister au formidable potentiel dramatique que représentaient ces confrontations – et c’est difficile d’y résister, j’ai ressenti une tension puissante au moment où Chloé attend son frère dans la salle vide, avec la médiatrice. Cette utilisation d’histoires réelles, hackées pour nourrir une fiction, m’a gêné à posteriori, me mettant dans une position de voyeur.

Nope – Jordan Peele

On a regardé samedi soir en famille Nope, de Jordan Peele, sur conseil de la toujours avisée @philopoulpe.

Rosa a dit : je ne comprends pas pourquoi tu nous as dit que ça faisait peur. Ce n’était pas vraoment de la SF non plus (je ne suis pas d’accord). Cecci a dit que c’était très beau et bien filmé. Marguerite a adoré l’histoire mêlant horreur, SF et comédie sarcastique. Votre serviteur est fan.

Il y a des chevaux très beaux, une scène vraiment flippante avec un chimpanzé, d’excellents personnages tous plus ou moins barrés, particulièrement Em et OJ, mais en fait tous, plein de gags de visuels, des idées très drôles et une méta réflexion sur le cinéma et les cowboys et les films de monstres.

C’est super bien. Maintenant, on regarde quel autre film de Jordan Peele ?