Fantômes contre fantômes – Peter Jackson

J’ai ete pris de l’envie de revoir celui-là, qui m’avait laissé un bon souvenir au cinéma, en 1996. Je me rappelais d’un univers plutôt marrant et d’un chouette Michael J. Fox.

Pour le résumé : Frank Bannister (MJF, donc) est un gars qui voit les esprits des morts, un médium. Comme il est en pleine dérive dans sa vie, il bosse comme psychic investigator pour chasser les fantômes des maisons des autres. En fait c’est un hoax : il demande à des potes esprits de hanter les maisons de ses clients puis il les chasse, trop facile pour lui. Jusqu’à ce qu’il se trouve embringué dans une séries de morts soudaines causées par un esprit bien maléfique qu’il est le seul à voir.

Il y a plein de trucs que j’aime bien dans ce film : le héros, l’héroïne (une jeune médecin jouée par Trini Alvarado), l’action qui plonge Bannister toujours plus loin dans les ennuis (c’est même assez brillant la manière dont ça rebondit sans cesse). Les hommages nombreux aux films de maisons hantée. La réal très vive. L’univers de ce looser qui voit les esprits est plutôt bien posé. L’ambiance de la petite ville, très burtonnesque, certains second rôles (l’ex mari de l’héroïne, le sheriff…), certaines scènes de comédie…

Il y a aussi quelques belles choses de cinéma, notamment la scène dans l’hôpital quand le personnage du méchant dans le présent se surimpose au personnage du méchant dans le passé. Deux mondes cohabitent, le héros ne sait plus où il est, c’est assez cool. Et le film semble évoquer tout un monde des années 60, cinéma d’horreur grand guignol et films en n&b. Je ne m’y connais pas assez pour avoir les refs précises mais je me suis dit que le couple mère-fille toxique avait quelque chose d’Hitchcock et que la maison hantée évoquait ce que j’appelle l’imaginaire « Hammer ».

J’en ressors quand même avec un gout de trop sucré et un peu bof dans la bouche. Le roller coaster était marrant, j’ai été accroché à mon siège, j’ai beaucoup ri, mais beaucoup des images et des gags étaient faciles (le sergent de full métal jacket pour jouer un sergent de full métal jacket). J’ai trouvé la photo assez moche. Les persos de femmes sont traités par dessus la jambe (je doute que le film passe le test de Bechdel). La jolie fille tombe amoureuse du héros parce que… parce que. Il y a des gags sexuels douteux (le fantôme qui baise la momie…)

Le truc qui m’a le plus gêné est le portrait de l’agent du FBI traumatisé, qui m’avait fait follement rire lors de la sortie du film, parce que c’était un anti-Mulder complet. L’acteur porte ce personnage guignolesque avec une belle intensité, mais je me suis rendu compte qu’une bonne partie des troubles mentaux du personnage sont en fait des troubles autistiques et qu’on rigole d’un autiste, et ça, en fait, c’est moyen.

Un dernier truc, j’ai l’impression que le scénario tient très vaguement debout. Je ne comprends pas le sens de la scène prégénérique en perspective avec l’explication finale. Mais sans doute qu’un truc m’a échappé.

Marguerite et moi avons bien rigolé, Cecci a détesté et je me suis dit, qu’au fond, Jackson n’était pas très fin.