Deux films d’animation de Wes Anderson

On avait vu Fantastic Mr Fox il y a douze ans et Isle of Dogs à sa sortie. Marguerite ayant développé une passion pour le cinéma d’animation, elle et moi avons regardé les deux ces derniers mois. Plutôt que de réécrire un billet sur des trucs que j’ai déjà chroniqués plus tôt (oui, c’est ma vibe rétro, je revois et rechronique des trucs, ça doit être ça de vieillir), je vais parler des deux films côte à côte car ma perception des deux a évolué.
Celleusses interessé.e.s par la formation du goût cinéphilique (comment et pourquoi est-ce qu’on « aime » un film ?) se reporteront à l’excellent épisode de Une invention sans avenir consacré à ce sujet.

Dans les deux cas, donc, ce sont des films d’animation de Wes Anderson mettant en scène des animaux. Ca veut dire des films mis en scène avec des boîtes dans des boîtes, des personnages qui parlent face caméra en gros plan, une perception détachée et caustique de l’histoire, une attention maniaco maniaque à la construction du décor et de l’univers… (si vous n’aimez pas ce délire, passez votre chemin)

Marguerite a trouvé Isle of Dogs étrange parce qu’elle n’est jamais parvenue à entrer dans l’histoire, à y accrocher, à y croire, tant la mise en scène la mettait à distance avec ce regard détaché, un peu entomologiste épinglant des insectes, du créateur sur ses créature. Les personnages sont tellement méta qu’ils ne sont plus dedans. Et je suis d’accord, même si j’aime plein d’idées dans ce récit (la scène des sushis, la dent explosive, la quête post-apo…). Le film m’a donné le même feeling que le tout dernier film du même Wes, the Phoenician Scheme, que j’ai oublié de chroniquer ici : un truc malin, plein de belles idées graphiques, mais un peu trop malin et oubliant de se mouiller dans son récit.

Quant à Fantastic Mr Fox, Marguerite l’a trouvé génial, et le film lui a tiré des larmes, et je la rejoints alors que j’avais été plus mitigé la première fois. Par la beauté de ses images et de ses créations, les émotions dégagées (notamment par le personnage de Ash, dont on a découvert qu’il était queer et neuroA et que c’était OK), la manière dont les personnages traversent leurs épreuves, et bien sûr la magnifique scène de la rencontre avec canis lupus. « Il paraît que l’hiver sera rude… »

Je ne vais en tirer aucune analyse sur le travail de ce réalisateur (et des centaines de gens avec qui il a fabriqué ses films, je suis bien convaincu que tout coller derrière un seul nom revient à invisibiliser leur travail. Qu’ils et elles sachent qu’on n’oublie pas leur présence !). Les deux films sont des créations graphiques et thématiques riches et complexes. Je trouve simplement touchant de voir mon regard se modifier en fonction du moment, des circonstances et des gens assis à côté de moi pendant le visionnage.

Peut-être que la présence de Marguerite me ramène à des fondamentaux plus sincères quant à ma perception des histoires. Qu’est-ce que ça me raconte, quels sentiments premier degré est-ce que ça amène ?

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