Musée Van Gogh — Amsterdam

Un peu de peinture sur ce blog, pour changer. De visite à Amsterdam pour raisons familiales, nous avons pensé cette fois-ci à réserver, très en avance, une visite au musée Van Gogh.

Le musée lui-même est un bâiment moderne (un double bâtiment, en fait, connecté par un souterrain) situé sur la Museumplein d’Amsterdam, entre le Rijsk et le Stedelijk. Plein de touristes s’y pressent parce que VVG est une star mondiale. Ca m’a amené à la première question de ma visite : comment passe-t-on de peintre fauché, mentalement instable, qui produit des centaines de tableaux entre 1880 et 1890, et gros musée-forteresse avec des billets à 25 euros qui attire visiteuses et visiteurs du monde entier (us included).

L’expo permanente est très bien : d’abord une série d’autoportraits de VVG, très rapprochés dans le temps, par lesquels on voit notre héros essayer plein de techniques pour rendre sa pipe, son chapeau, sa barbe rousse…

Puis les première peintures : des scènes paysannes (parce que la paysannerie, il n’y a que ça de vrai) dont sa première « grande oeuvre », les mangeurs de pomme de terre. Un tableau sombre avec des figures qui ressemblent à des caricatures, très frappantes. Je ne sais pas si j’aime mais j’admets que ça secoue.

Dans les salles suivantes, on verra l’influence parisienne. Les impressionnistes et pointillistes, et la manière dont ils transforment le travail de notre héros. Là, on rentre dans l’oeuvre de Van Gogh telle que je le connaissais. Dans ces salles, outre quelques paysages et arbres en fleurs super réussis, j’ai aimé un petit tableau de Rosa Bonheur (je me suis rendu compte que je ne savais rien de cette peinteresse) et quelques imitations de tableaux japonais, parce que la France venait de découvrir les estampes et que Vincent, comme tant d’autres, a adoré ça.

Les salles suivantes nous emmènent à Arles, dans la fameuse maison jaune, puis à l’asile de Saint-Rémy de Provence et enfin à Auvers sur Oise. Les panneaux sont clairs et explicites sur les troubles mentaux de Vincent, le panneau final, qui parle de son suicide, contient même (ce que j’ai apprécié), une petite note fournissant ressources et numéros de téléphone à l’intention des gens nourrissant des pensées sombres.

A la base, je ne suis pas un fan particulier de Van Gogh, même si, je l’admets sans discuter, c’est un peintre très important et très puissant. Par contre, j’aime beaucoup la peinture hollandaise du XVIIème siècle, Van Goyen, Ruysdael, Rembrandt, Vermeer… L’expo du musée d’Amsterdam nous montre un Van Gogh qui peint le ciel, les arbres, la terre et ceux qui la travaillent, des natures mortes… Tout comme les Hollandais que j’aime. Et sentir cette connexion entre eux m’a touché. En voyant les autoportraits je n’ai pas pu m’empêcher à la grande série d’autoportraits de Rembrandt, même si, bien sûr, les projets et les carrières des deux peintres sont différents.

Et, pour revenir à la question d’origine, comment relier l’artiste tourmenté et la superstar mondiale, le musée y répond très bien. D’abord, il y a Théo, le frère très aimant, le « meilleur ami » de Vincent, le soutien de tous les moments. Mais surtout, Théo mourant peu de temps après Vincent, il y a Jo (Johanna Van Gogh-Bonger), l’épouse de Théo et la mère de Vincent Jr., qui hérite, à la mort des deux frangins, de centaines de toiles et des correspondances entre les deux. Entre deux boulots de traduction, et tout en élevant Vincent Jr., elle bosse pour faire reconnaître le travail de son beau-frère. A la fois en organisant des expos, mais aussi en faisant traduire et publier leur correspondance. En fait, c’est elle qui crée ce personnage d’artiste, et c’est sa collection qui constitue le fond de base du musée Van Gogh. La boucle est bouclée, de l’artiste incompris jusqu’au musée d’envergure mondiale.

Jo. Elle a l’air d’avoir du caractère.

PS : l’expo temporaire était consacrée à la couleur jaune. Elle a présenté, bien sûr, les tournesols, mais aussi un superbe Turner et ces petits livres, qui vous feront sans doute penser à certaines de mes obsessions récentes.

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