On aura compris, je suis en train de lire de la doc sur la guerre de 14. Voir, ici, mes autres billets autour de ce sujet (il n’y en a pas tant).
Ce livre, l’intégrale des quatre volumes de Notre mère la guerre, de Maël et Kris, m’a été conseillé par BrotherA, que je remercie.
La BD historique est un domaine entier de la production bébéphile francophone (je ne sais pas comment c’est dans d’autre pays). Un scénariste et un dessinateur (parfois la même personne) se documentent tout plein et écrivent une histoire pleine de précisions et de références sérieuses, genre l’histoire de France en bande dessinée, mais plus développé et on le publie avec une préface d’historien très heureux de voir des dessins posés sur son sujet de spécialité. Ca peut donner tout un tas de trucs très ennuyeux et scolaires, j’en ai lu un paquet, généralement pas jusqu’à la fin, ou alors en diagonale. Ca peut donner certains des pamphlets de Tardi (parfois brillant, parfois moins inspiré). Et ça peut donner Notre mère la guerre.
Ces livres allient une doc excellente (plein, plein de détails dans les planches, sans infodump pour le lecteur), des dessins magnifiques de Maël qui arrivent à exprimer à la fois une grande sensibilité pour les atmosphères et un grand souci du détail et surtout une très bonne histoire sur des hommes en guerre.
Le récit repose sur une enquête policière sur des meurtres mais tourne vite autour de portraits d’hommes en guerre. Je ne vais pas le spoiler, il y dans ce récit plein plein de personnages et d’idées, des rebondissements surprenants et des flash backs dans le monde hors de la guerre. C’est très bien écrit, palpitant et effrayant de bout en bout. C’est vraiment un travail magnifique.
Concernant la doc, j’aime bien cette citation du scénariste : « Notre-mère la guerre n’est pas un musée, mais un récit.« , le travail des deux auteurs la rend particulièrement vraie, c’est un excellent récit.
