L’agent secret – Kleber Mendonça Filho

L’histoire commence avec un panneau annonçant que ça se passe au Brésil en 1977 et que c’était une époque troublée. Un type au volant d’une petite coccinelle jaune pétante arrive dans une station service au milieu de rien. Le pompiste, un type au gros vente et aux lunettes de travers, sort de la cabane pour le servir. A quelques mètres de la pompe, un cadavre vieux de plusieurs jours à peine recouvert de papier journal (les chiens errants du coin sont intéressés) : le pompiste explique qu’il n’y est pour rien et que les flics ne sont pas encore passés récupérer le corps, parce que c’est carnaval. Puis des flics arrivent quand même, ils voient le cadavre, ce n’est pas leur affaire. Ils inspectent la voiture du mec en détail et cherchent un moyen de lui soutirer quelques sous.

La scène donne le ton du film. Couleurs vives, police inquiétante, situations bizarres, visages et corps de toutes formes et de toutes couleurs. Le conducteur de l’auto et personnage principal fuit quelque chose (on mettra du temps à savoir quoi), des gens veulent le tuer (on saura pourquoi). On croiser des personnages très beaux et touchants : la vieille femme de la résidence (dona Sebastiana), la dentiste qui se planque, le vieux projectionniste et son épouse… D’autres très effrayants : des flics plus ou moins dégénérés, d’anciens militaires aux mauvaises habitudes… Et d’autres tout simplement singuliers, comme le tailleur juif, le tueur à la casquette rouge, les employés du bureau d’identification judiciaire…

Le film crée une ambiance colorée, joyeuse, incertaine et terrifiante que j’ai beaucoup aimée. J’ai eu l’impression de saisir quelque chose du Brésil (où je ne suis jamais allé), celui du passé et celui d’aujourd’hui. C’est un très beau film.

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