Une vérité si délicate – John Le Carré

 

Je suis un vieux fan de John Le Carré et de ses romans d’espionnage bureaucratiques (les qualifier ainsi est bien mal leur rendre justice).

Celui-ci est un roman de sa seconde période, post guerre-froide, mettant en scène un politicien du New Labour, post Tony Blair, un fonctionnaire du Foreign Office naïf et un peu idiot, un jeune ambitieux et son mentor, qui a un petit quelque chose de George Smiley, with a twist.

C’est aussi une satire, une histoire pleine de plans tordus qui foirent et de gens qui essaient de dissimuler leurs erreurs, au prix parfois de la vie des autres. Pas un grand roman, mais très dense, passionnant, souvent drôle, souvent cruel. 

J’apprécie le fait que Le Carré aime ses personnages, même ceux dont il se moque. Il les traite avec une tendresse et une humanité qui me font plaisir.

Je rêve secrètement de pouvoir faire jouer un jour à « John Le Carré Role Playing Game », où les personnages (le personnage ?) serait un employé un Foreign Office, l’histoire se passerait dans une ambassade, sur plusieurs années, il faudrait aller dîner chez le concierge allemand, se rappeler dans quel placard le magnétophone est rangé, séduire la femme (mariée) de l’attaché culturel bulgare… Ce serait bien.

Aventures dans les caraïbes – Henry Pitman

Il y a quelques années, avant de faire jouer des histoires de pirates, j’avais lu les hors la loi de l’Atlantique de Marcus Rediker, une approche marxiste (et intéressante) de la piraterie. Un des chapitres de ce livre est un compte rendu du mémoire de Henry Pitman, publié par les éditions Anacharsis.

Ce récit d’exil, d’aventures et d’évasions (qui a inspiré le fameux Capitaine Blood, de Sabatini) est un texte typique de l’époque (donc génial à lire), avec ses drames historiques, notations pratiques, considérations botaniques, actions de grâce à Dieu (le héros est un quaker, non-violent). C’est fascinant à lire, du début jusqu’à la fin, où notre héros/narrateur insère des pubs (!!!) pour ses produits pharmaceutiques.

L’édition est remarquable, avec une longue introduction de mise en contexte (qui fait une lecture très différente de celle de Rediker), des cartes, des notes passionnantes, etc.

Très joli livre pour les amateurs d’aventures marines et de pirates !

Un roman de pirates – Sylvain Pattieu

On l’aura compris, je fais jouer en ce moment des histoires de pirates, donc je lis des livres de bateaux, de Caraïbes, de civilisations précolombiennes.. et de pirates. Et j’ai découvert ce roman dans notre bibliothèque. Et que celui qui a soif, vienne… est sous-titré un roman de pirates. Il a été écrit par un universitaire français dans la quarantaine qui a voulu faire un roman contenant tout ce qu’il aimait dans les histoires de pirates. Comme Sylvain Pattieu a à peu près mon âge, ma CSP, mes références, il a mis dans le roman à peu près les mêmes trucs que je veux mettre dans mes histoires de pirates de JdR, et c’est bien pratique pour le MJ.

J’ai lu Rediker, et le capitaine Johnson-Defoe, et les passagers du vent, et lui aussi (et ça se voit). Il a lu d’autres trucs pour nourrir son roman et il a la gentillesse de faire une annexe bibliographique commentée, ce qui m’a fait bien plaisir parce que ça donne d’autres idées de découvertes.

Donc, si vous avez de lire un roman avec : des esclaves qui se révoltent, des femmes déportées d’Angleterre vers les Indes, des zinzins religieux de toutes sortes, de nobles pirates, des abordages, un gouverneur maléfique, un poil de vaudou, des momies indiennes dans des niches, des tortures et quantité de bagarre et de sexe, et aussi plein de personnages avec un design de PJs, ce roman devrait vous plaire.

En ce qui me concerne, en le lisant, j’ai ressenti un effet troublant. Si j’avais eu envie de raconter une histoire de pirates, j’aurais sans doute lu à peu près la même biblio et écrit un livre très similaire à celui-ci. Ca fait aussi qu’en lisant ce roman, j’ai eu le sentiment de comprendre exactement comment il était fait. Je voyais les poutres de soutènement, l’architecture, les câbles de transmission, les ficelles, les coups de peinture bien faits, les trucs mal goupillés. J’étais plus avec l’auteur en train de faire son truc, qu’avec les personnages. Envie de lui dire : « ton truc à la Emmanuel Carrère, où tu parles de ta famille, au milieu du roman, c’est un peu bof. Et l’élision des articles… vraiment ? Sympa, le personnage d’Arjen, vraiment flippant. Oh, là, tu fais des phrases et tu t’écoutes écrire. Intéressant, ta manière de mettre en scène les esclaves, et le fait de construire un roman a-historique, ça c’est très malin… ». Drôle de feeling.

Que cela ne vous retienne pas de le lire : vous aurez une bonne dose de bateaux, de combats au sabre et de poudre !

Les passagers du vent — François Bourgeon

Petite rétrospective les passagers du vent de François Bourgeon. Un classique de la bédé franco belge des années 80, époque « Vécu ». Pour ceux qui n’auraient jamais lu cette série, les cinq premiers tomes sont des histoires de mer à la fin du 18ème siècle, de bateaux et de traite négrière, avec au centre une jeune femme intrépide, Isa, qui a quelques caractéristiques héroïques (elle tire super bien au fusil et n’a peur de rien, ou presque) et qui pour le reste se prend la société de l’époque dans la gueule.

J’aime croire aux univers des histoires que je lis, et c’est pour ça que j’aime la plupart des histoires de François Bourgeon. Il y a mille détails qui font vrai, le dessin est très précis, les lieux et les situations sont crédibles. De l’aventure ! Du grand voyage ! J’aime beaucoup.

Des années 80 et de la bédé « pour adultes » de l’époque, les albums gardent un traitement assez direct de la sexualité et un plaisir à dessiner de belles jeunes femmes surprises dans leur intimité. Une amie, il y a longtemps, surnommait Bourgeon « le roi du T-shirt mouillé » et ce n’est pas faux. Ca ne gâche pas l’histoire ni l’immersion, ni le fait que l’héroïne est un vrai personnage actif, mais je ne sais pas comment on relit cela dans les sensibilités actuelles.

Après, par souci de complétude, j’ai emprunté à la bibliothèque les deux tomes de « la suite », la petite fille Bois Caïman, qui raconte en flashback la fin de la vie d’Isa. J’avais oublié que je les avais déjà lus. J’avais oublié que j’en avais dit que le dessin était top, la doc, super, et l’histoire absente. Et bien je suis toujours d’accord avec le moi de 2010. C’est beau à regarder, on y croit, il y a toujours de belles femmes pas toujours très habillées (mais moins), et la meilleure partie de l’histoire aurait pu être racontée en dix planches par le Bourgeon des années 80, au lieu de 120 planches comme celui des années 2000.

Et, par souci de complétude complète, parce que je vais au bout des choses, j’ai lu Le sang des cerises (oh, ce titre…), qui se relie par un jeu d’hérédité à Isa des années 1780 et met en scène, à Paris en 1900, des souvenirs de la commune. Le dessin est toujours bien, les femmes toujours belles, la documentation écrase tout, le name dropping de personnages historiques est insupportable et l’envie d’avoir son étiquette « je suis de gauche, je parle de la Commune, mais sans en parler, mais en en parlant » est vraiment embarrassante. Ah oui, et il s’y passe encore moins de trucs que dans la petite fille…

Tiens, un jour, je publierai ici un billet sur la SF du même Bourgeon (spoiler: j’aime beaucoup aussi)

Mémoire de fille — Annie Ernaux

Comme il y a des lives d’Annie Ernaux en vue dans les librairies, Cecci en a pris un, Mémoire de fille. Comme souvent (toujours ?) chez Ernaux, le sujet en est l’exploration systématique d’un souvenir/d’une série de souvenirs, accompagné d’une réflexion sur l’écriture de la mémoire.

Donc: été 58, la jeune Annie Duchesne, 17 ans, élevée en école catho et très bonne élève, devient animatrice de colonie de vacances. Dès le premier soir et la première fête des moniteurs, elle se fait serrer par le chef moniteur qui l’emmène dans sa chambre et a une relation sexuelle avec elle (la première de la jeune fille). 

Mémoire de fille est le livre par lequel, 40 ans après, une femme tente de retrouver la jeune fille de dix-sept ans qu’elle fut, explorant cette première rencontre sexuelle et ses conséquences durant les années qui suivent. Ca pourrait être voyeur et narcissique, très littérature française, et ça ne l’est pas du tout. Ce n’est pas tire-larmes, ça ne cherche pas à attirer la sympathie de la lectrice, ce n’est pas le récit d’un trauma exceptionnel. 

Le livre est court, lu en deux heures. Il m’a coupé le souffle. Littérairement, ce qu’y fait Annie Ernaux est exceptionnel. A partir d’un évènement, de corps qui se rencontrent et des conséquences sociales, personnelles, de cette rencontre, elle extrait un peu de l’essence de l’expérience féminine, de l’expérience humaine.

Indiens de conquistadores en Amérique du Nord – Jean-Michel Sallman

Le titre est un peu austère et sérieux, comme le livre, qui s’attache à décrire les expéditions des Espagnols en Amérique du Nord, au-delà de la Conquête de la Nouvelle Espagne sur la civilisation Aztèque. L’auteur y raconte les expéditions en Floride, dans les plaines du Mississippi et dans le nord du Mexique actuel, au cours du 16ème siècle.

Amateurs de récits de désastres, vous serez servis ! (moi, j’aime ça, c’est un de mes vices). Vous vous rappelez Aguirre, la colère de Dieu ? C’est pareil, en surmultiplié. Vous découvrirez une galerie de seconds couteaux des expéditions du Pérou investissant leurs gains dans le but de trouver leur civilisation à piller, persuadés qu’au coeur de l’île de Floride (oui, au début ils pensaient que c’était une île), on va trouver quelques cités peuplées de combattants néolithiques à plumes couverts de bijoux d’or, ou bien espérant découvrir des mines dans les Appalaches ou les plaines de Grand Fleuve. Tragiques erreurs de géographie, sous évaluation des distances, navires de ravitaillement qui font naufrages ou bien attendent en vain, lingots d’argent trouvés sur des Indiens qui promettent que, là bas, dans le Nord, il y en aura bien plus (alors que les Indiens on pillé ces lingots sur une épave espagnole, ha ha ha). Si ce genre d’histoire vous plaît (comme c’est le cas pour moi), si ça vous fait rêver, si ça vous donne envie d’envoyer des expéditions de PJs patauger dans des des jungles ou des marécages en se demandant à quel moment ils s se sont trompés de direction, alors ce livre vous plaira, d’autant que l’auteur ne manque pas de talent pour le récit (sans cynisme, ni méchanceté, je tiens à le dire).

On y retrouvera l’expédition de Panfilo de Narvaez, que j’avais découverte il y a un paquet d’années à travers l’incroyable témoignage d’un des seuls survivants, Cabeza de Vaca (une histoire dingue !), puis l’expédition de Hernando de Soto entre la Floride, les Appalaches, la plaine du Mississippi, où tout se passe mal. Les tentatives de huguenots français Ribaud et Labaudière de s’établir en Floride dans un creux entre deux guerres de religion (spoiler alert: ils s’y prennent plutôt bien, mais les Espagnols eux, le prennent mal, et les tuent tous) et enfin l’expédition dans le nord du Mexique de Vasquez de Coronado (vous vous rappelez le début d’Indiana Jones et la dernière croisade ? la croix de Coronado, sa place est dans un musée, tout ça, ben c’est lui).

Les derniers chapitres sont des synthèses traversant différents thèmes : la constitution et la logistique des expéditions (très bien pour les rôlistes), les motivations des conquistadores (argent, conversion…) et ce qu’on peut saisir de la perception des actions des natifs (qui n’étaient pas tous des tendres). J’ai bien aimé aussi voir se glisser dans ces récits des visiteurs imprévus, un archer anglais avec De Soto, des esclaves africains qui se barrent chez les Indiens, d’autres qui s’efforcent de devenir des chamanes d’élite, des femmes indiennes qui fuient leur mari chez les conquistadores, des Espagnols qui en pincent pour des locales et désertent les expéditions… Des petites histoires cachées dans les plus grandes histoires.

Tout ça fait un excellent travail, que j’ai adoré lire.

Conversation avec un métis de la Nouvelle Espagne — Serge Gruzinski

 

Par le même auteur que le bouquin précédent, un livre qui s’inscrit, en historien, dans la lignée de Yourcenar.

L’auteur s’intéresse à Diego Muñoz Camargo, auteur mineur du XVIème siècle « mexicain », connu pour deux livres décrivant sa région de naissance (le pays tlaxcaltèque) à l’intention de la couronne espagnole. A partir de ces livres « américains » écrits par un homme fils d’un conquistador et d’une Indienne, Serge Gruzinksi essaie de reconstituer sa perception et sa vision du monde, sous la forme d’une « conversation » artificielle à travers le temps (questions de l’historien auquel « répond » Diego par des extraits de ses deux livres) assortie d’une importante glose.

Cet aspect littéraire du livre n’est pas le plus intéressant ni le plus réussi, mais il oriente efficacement le livre dont les considérations sont passionnantes.

Tout comme un humain informé du XXIème siècle, Diego vit dans un monde dont les perceptions sont en plein bouleversement. Tout change, tout s’effondre, on meurt beaucoup, des opportunités s’ouvrent, le cadre de référence se bouleverse…

Diego est un homme qui connaît très bien les anciennes cultures mexica et tlaxcaltèques, il est en contact avec les anciennes familles nobles (dont il épousera une fille), il a rencontré des gens ayant connu la conquête de Cortes et le monde d’avant, il s’est fait rapporter de nombreux récits qui forment une partie de son cadre intellectuel. Il parle aussi plusieurs langues locales, en plus de l’Espagnol, connaît sans doute quelques mots de latin, a été éduqué dans un cadre intellectuel catholique (avec présence de l’inquisition) avec références à l’antiquité, qu’il est capable de citer.

Il perçoit le monde depuis la Nouvelle Espagne, mais s’est rendu devant le roi Philippe II vers 1580. Il est aussi éleveur (riche), commerçant, essaie de comprendre la nouvelle échelle du monde, à travers les expéditions d’exploration (comme celle de Coronado, qu’il rapporte), voit l’intérêt du contact trans-pacifique avec les Philippines et la Chine, comprend le lien avec le Pérou…

Le livre ouvre de belles perspectives pour se plonger dans une époque fascinante, la sienne, la nôtre.

Le destin brisé de l’empire aztèque – Serge Gruzinski

 

Comme souvent dans cette collection, le livre est superbement illustré et rédigé par un expert du domaine. Les annexes contiennent par ailleurs de nombreux extraits de textes d’époques, aussi bien des récits aztèques que des textes de conquistadores ou bien des histoires ultérieures.

Je n’avais de la conquête de l’empire Aztèque par Cortès qu’une image assez simple et cliché, animée par une question simple: comment une bande de quelques centaines d’Espagnols, même résolus, a pu faire tomber un empire dont la capitale avait 300 000 habitants ?

Le livre commence par décrire les origines toltèques de l’empire des Mexicas et la référence, dans tous les peuples de la région, à la mythique cité de Tula. Avant l’arrivée des Espagnols, la région est très dynamique politiquement avec l’émergence récente des Mexicas (vieille d’à peu près un siècle) qui construisent une fragile coalition, basée autour de trois cités dont la principale est Tenochtitlan, qui contrôle l’essentiel du Mexique central par un mécanisme de tributs et de guerres ritualisées (notamment contre des petits états maintenus en place pour servir de cible à la guerre fleurie, comme Tlaxcala). Cet empire sans roue ni communications rapides est basé sur des équilibres fragiles que les Espagnols viennent bouleverser, en se glissant habilement dans les alliances du temps (et en se comportant comme des brutes). Les épidémies viendront plus tard, bouleversant les équilibres démographiques.

Le livre s’attache à décrire le devenir des anciennes élites indigènes et essaie de montrer comment, une fois leur cadre de référence détruit (fournir du sang pour mon maître Arioch pour les dieux en quantité), les anciennes élites religieuses et nobiliaires se glissent soit dans la « collaboration » avec les Espagnols, en acceptant les cadres de référence, ou avec les moines franciscains (pour les élites des villages), et deviennent des sujets du roi d’Espagne (Charles Quint, puis Philippe II ou Philippe IV, le roi-planète).

Un petit ouvrage court et passionnant, remarquable initiation à l’époque.

Par le fer et par le feu — Alexandre Jubelin

Celui-ci, je l’ai acheté suite à des mentions sur les réseaux sociaux et à l’écoute de l’émission qui lui est consacrée sur paroles d’histoire. Nom de bleu, je deviens victime de la hype ! Je lis un essai d’histoire militaire juste à sa sortie, sans même l’avoir reçu en SP !

Comme le titre l’indique, le livre, issu d’une thèse de doctorat, s’intéresse au combat dans l’Atlantique entre le 16ème et le milieu du 17ème siècle, en gros la transition entre les combats à l’arme blanche (et bombes incendiaires et…) et le combat de ligne. L’angle d’approche est le combat perçu à hauteur d’homme dans le but peut-être de le dé-romantiser et d’en faire percevoir l’horreur et la terreur. L’auteur tente de nous faire sentir tout ce que pouvait représenter l’expérience d’un tel affrontement où se mêlaient boulets de canons (pas fiables), tirs d’arquebuses, coups de trompettes, coups de pique, etc. Il fait sentir la transition entre le moment où les bateaux avaient des chateaux avant et arrière (vous avez ces images de grosses caravelles en tête ?) et le moment où ils deviennent des plateformes d’artillerie plus ou moins standardisées.

Les chapitres passent de la description des navires, des canons, de l’organisation du navire, jusqu’à l’approche, les stratégies navales, les échanges de tirs, l’abordage, le milieu du combat, la fin du combat. C’est mené d’une façon organisée et un peu systématique, avec de nombreuses citations passionnantes (dont celles de Cervantès, dont j’avais oublié qu’il parlait si bien du combat naval).

C’est un boulot solide, intéressant, notamment pour les rôlistes (je vous vois, les gens), pour mieux raconter ce genre de moment, même si, l’auteur le dit dès l’introduction, on ne parle pas ici de pirates, parce que de toute façon les pirates sont surtout des objets de fiction. Mais, je vous rassure, le bouquin contient plein d’idées pour raconter vos abordages de pirates quand même, désolé Alex.

L’écluse numéro 1 — Georges Simenon

 

Encore un vieux poche qui sent le vieux, lu entre trains et gares, entre la Suisse et la France. Très Simenon, donc.

Ca se passe en 1933, près de l’écluse de Charenton, et Maigret va prendre sa retraite, et il ne s’appelle pas Jules. (je découvre qu’il a existé plusieurs commissaires Maigret, et ça me réjouit). La description de la vie au bord des canaux, de tout le business de trafic fluvial, de l’empire commercial d’Emile « Mimile » Ducrau, tout somme très juste et très fort.

L’intrigue n’est pas fortiche, tout tourne autour du portrait psychologique d’Emile qui m’a vite gonflé : cette introspection de la virilité années 30, en fait, bof. Et trois viols dans le récit, quand même, dont deux considérés comme « normaux », beurk. 

Mais le portrait des lieux, les ambiances, Dieu quel talent !