Nero Wolfe – Rex Stout

J’aime bien les detective stories, et puisque les moutons électriques avaient consacré un bibliothèque rouge à Nero Wolfe, l’homme aux orchidées, je me suis dit que ce devait être cool à lire. Un jour je suis tombé sur ce tome 1 (et unique, je crois) d’une intégrale en français.

Les deux premiers romans sont très cool (Fer de lance et les compagnons de la peur), la cassette rouge est un peu pénible et je n’ai pas lu le dernier du recueil.

Si vous ne connaissez pas, Nero Wolfe est un détective privé extravagant, un (très) gros type très intelligent et maniaque qui cultive ses orchisées dans sa grande maison de NYC, et qui a donc besoin de beaucoup d’argent pour son train de vie. Il résoud les mystères sans jamais sortir de chez lui. Heureuseuement, il peut compter sur son secrétaire-assistant-narrateur, Archie Goodwind, un jeune type habile aux filatures et aux coups de poing, doué pour trouver les indices.

Les romans reposent beaucoup sur ce couple de personnages amusants, leurs rites, leurs piques, leurs engueulades, leurs réconciliations… J’ai beaucoup aimé les découvrir.

Comme j’ai dit, j’ai trouvé les deux premiers romans malins et tordus et tous ceux que j’ai lus ensuite, dans de vieilles éditions du masque, m’ont semblé artificiels et me sont tombés des mains. J’en avais surtout très vite marre de ces meurtres-chez-les-riches, de ces improbables familles tordues aux héritages compliqués. J’ai besoin d’un peu de réalisme social dans les récits.

Une note : j’ai arrêté de lire les vieux « masque », parce qu’ils sont « adaptés de l’anglais par… », ce qui veut dire qu’en plus d’être des intrigues tordues, les romans sont coupés, et ça, ça m’énerve.

Ca ne m’a pas empêché d’adapter Fer de lance pour Cthulhu Confidential, et je compte faire de même pour la Ligue…, dont j’adore l’idée de base.

 

The Fisherman – John Langan

Quelques notes sur le roman The Fisherman, de John Langan, chez j’ai lu, traduction de Thibaud Eliroff. Je ne vais pas répéter ici ce qu’en a raconté le camarade Alex Nikolavitch sur son blog.

Allez le lire ici https://nikolavitch-warzone.blogspot.com/2024/12/par-la-ou-tu-as-peche.html vous aurez une super présentation du roman.

Je viens de le finir et j’ai eu beaucoup de plaisir à la lecture. si vous êtes curieux, lisez-le, vous ne le regretterez pas. Maintenant je vais commenter et spoiler.

Comme le dit Alex N, le roman mêle très bien récit quotidien, drame personnel et horreur cosmique, avec des récits enchâssés pas mal fichus. Littérairement, les cinquante-cent premières pages m’ont fait basculer en mode wow, ce qui ne m’arrive pas souvent.

Après, j’ai trouvé ça moins bon. Pas mauvais, non, juste pas à la hauteur du début.

Le passage avec l’universitaire allemand est très cool mais aurait mérité d’être beaucoup plus elliptique et allusif. Pendant au moins cent pages ont est dans un super cool scénario de l’AoC mais plus tellement dans un roman qui nous parle de la rivière, du réservoir, de la pêche et du boulot chez IBM au tournant des années 90. 

L’aspect fantastique devient parfois trop épais, les images sont explicites, l’allégorie (cette sale ennemie) n’est pas loin. 

Contrairement à Notre part de nuit, de Mariana Enriquez, The Fisherman ne m’a jamais fait peur. Le travail narratif est très bon. Le travail poétique pas assez accompli, donnant un roman intéressant, distrayant, mais ne parvenant pas à dépasser le monde des romans de genre.

Conquest – Nina Allan

Frank Landau est un jeune anglais gentil, attachant et bizarre, obsédé par la musique de Bach, par le code informatique et par des complots bizarres. Autiste, certainement, même si le mot n’est jamais prononcé.

Il disparaît lors de son premier voyage hors du Royaume-Uni, à Paris.

La Tour est une novella de SF parue dans les années 50, d’un auteur très mineur, mais dont le récit éclaire bizarrement notre présent..

Robin est détective privée, ancienne flique. Elle aime Bach aussi. Elle recherche Frank Landau.

LAvventura est un forum d’ufologue.

Edmund de Groote est à moitié universitaire, à moitié gangster. Il se débrouille bien au piano.

Conquest, de Nina Allan, est un roman étrange, dérangeant et brillant, qui rassemble tous ces faits et ces gens. On y parle du destin de l’humanité, d’amour et surtout de la manière dont nous voyons nos croyances changer sur le monde. Il y a dedans beaucoup de questions et quelques réponses.

Et l’Ecosse, comme toile de fond à tout cela.

Voici sa playlist, pour coller dans votre app de musique favorite et, peut-être, vous donner envie.

  • Variations Goldberg – Bach – Serkin
  • Tracks of my tears – Ronstadt
  • Cygnet Comittee – David Bowie
  • BWV 1004 – Bach – Milstein
  • Variations Goldberg – Bach – Schiff
  • But Who May Abibe – Haendel – Emma Kirby
  • Chaconne – Bach – Menuhin
  • Herz und Mund und Tat und Leben BWV 147- Bach – Koopman
  • Nocturnes et arias – Hans Werner Henze
  • La passacaille de Biber
  • BWV 528
  • In tempus praesens – Goubaidoulina – Mutter

La grande fenêtre – Raymond Chandler

Un quatrième roman de Chandler/Marlowe et un très bon cru, avec une intrigue tordue autour d’une employeuse vraiment très déplaisante à la recherche d’une pièce d’or disparue. Ca part vite dans tous les sens, avec une galerie de minables et de lâches, pour certains très touchants. Le livre parle surtout de relations de pouvoir et permet à Marlowe de se montrer assez classe.

Jusque maintenant, ma découverte de ces romans (il n’y en a que sept en tout) est vraiment plaisante. Ils sont écrits avec style et une certaine poésie. Les histoires ne sont pas parfaites, il y a des clichés sexistes (et ici, antisémites), mais il y a aussi des atmosphères puissantes et curieusement émouvantes.

J’eus une drôle d’impression en voyant disparaître la maison. Un peu comme si, ayant écrit un poème, un très beau poème, je venais tout à coup de le perdre avec la certitude que je serais incapable de m’en souvenir un jour.

 

Adieu ma jolie – Raymond Chandler

Un autre Chandler, un autre Marlowe.

Dans celui-ci, Marlowe se retrouve à rechercher Velma, l’ancienne copine d’un remarquable bandit tout juste sorti de prison. Il va y avoir des cadavres, il va se prendre des coups sur la tête, on va entendre parler d’un mystérieux collier de jade… Le récit est intéressant, mais prend des détours filandreux (le passage chez le médium, par ex., ou bien celui dans la clinique), exprès pour faire souffrir notre pauvre détective.

Il a aussi son lot de bonnes scènes, en commençant par celle d’ouverture, celle sur le bateau casino… et son lot de bons personnages : Mrs Grayle, Laird Brunette, Linday Marriott, Mrs Florian… et l’incroyable Moose Malloy, le braqueur.

Petite note marrante, je ne comprenais pas trop comment l’adapter en jdr, puis j’ai vu la super adaptation de 1975, film noir classieux avec Robert Mitchum en Marlowe âgé. Le scénario du film simplifie et rend plus fort celui du livre – à vrai dire, je le préfère. L’histoire est plus dynamique et plus compréhensible. 

Reste que c’est une histoire très bien, celle de Malloy recherchant Velma, une tragédie dès les premières lignes, avec Marlowe dans la ligne de tir.

D’expérience, il s’adapte très bien jdr. Le moment où les PJs comprennent les clefs de l’intrigue valent leur pesant de cacahouètes.

La dame du lac – Raymond Chandler


Je vais faire ici quelques brèves chroniques des romans de Raymond Chandler impliquant Philip Marlowe.

Petit rappel : Chandler/Marlowe c’est l’archétype du « noir », imité partout, rarement égalé. Marlowe est stylé, sarcastique, a des punchlines qui tuent et enquête sur de sombres histoires, élégamment complexes.

Après le Grand Sommeil, voici la dame du lac (The lady in the lake, en VO) que j’ai lu deux fois dans les deux traductions différentes. La nouvelle traduction vaut le coup, à part le titre, perso je trouve que « la dame dans le lac », c’est un peu marrant, mais ça ne rend pas très bien.

Marlowe est engagé par Kingsley, patron d’une maison respectable pour enquêter sur la disparition de sa femme, volage et capricieuse. Il se retrouve à enquêter dans une station de montagnes, où il fait la connaissance de l’homme à tout faire de Kingsley, et de l’excellent sheriff Patton, super personnage. Et là, dans le lac, il trouve… Vous saurez bien quoi en lisant le livre.

C’est une histoire cool, avec de bons personnages, une intrigue très tordue, mais qui marche, des rebondissements et Marlowe bien désabusé qui tombe plus souvent qu’à son tour sur des cadavres. Et une nouvelle fois, il est question de contrôler la sexualité des femmes.

De manière amusante, j’ai une petite théorie perso sur la solution du mystère, je ne suis pas d’accord avec celle proposée par le détective qui est quand même assez misogyne, pauvres petits bonshommes torturés par des méchantes femelles… Il y a une autre explication qui marche bien, il faudrait que je ponde un essai dessus.

J’ai réussi à transposer cette histoire pour Cthulhu Confidential, en la déplaçant de L.A. à N.Y.C. (un peu d’adaptation, mais ce n’est pas dur). C’est un très bon roman, très savoureux, qui fera une bonne enquête tordue pour un PJ privé et son amie journaliste.

Le grand sommeil #2 – Raymond Chandler

 

Tiens, je reblogue sur un roman que j’ai déjà chroniqué. Ca ne m’était jamais arrivé, mais il faut un début à tout.

Je l’ai relu pour voir si  on pouvait l’adapter en scénar de jdr 1-1. Je pense que oui, je dirai peut être quelque chose ici si je le fais jouer. L’intrigue est plutôt solide et les personnages bien écrits. 

La relecture, 7 ans après la lecture initiale m’a montré que: 1) à part la scène d’ouverture dans la serre, j’avais oublié beaucoup, ce qui est assez affolant concernant ma mémoire… 2) je n’avais pas compris certains thèmes/personnages. Je reviens là-dessus ci dessous, après la balise spoilers.

Cette relecture était vraiment cool. Le roman est vraiment très dense, pas évident à suivre si on ne fait pas attention. Je trouve la traduction de Vian un peu datée, elle fait naître parfois de drôles d’images. 

Pour ce qui est des personnages féminins, je les trouve cools tous les trois, mais il sont pas mal objectifiés par le regard de gros macho de Marlowe. 

SPOILERS, donc.

Ma relecture de l’histoire me fait me demander comment le tueur est entré dans la maison de Geiger pour faire son affaire à ce dernier. Il y a un jeu dans le récit autour de « qui a les clés ». Le tueur pourrait être passé par la fenêtre, mais j’ai loupé l’information si c’est le cas.

Ou alors, comme je l’ai lu ailleurs, Owen pourrait être innocent et Geiger pourrait avoir été tué par Carmen. Dans ce cas, comment Brody récupère-t-il la photo ? En entrant dans la maison après ? Et Owen, son coup sur la tête ? Pas évident.

Je réalise aussi que deux des personnages, au moins, sont handicapés. Le général, évidemment : le motif principal des secrets maintenus par Vivian et de l’action de Marlowe sont de préserver ce vieil homme  invalide de la peine et de la douleur.

La deuxième est évidemment Carmen, qui souffre d’une forme d’épilepsie et qui est, au moins, neuro-atypique. C’est ce personnage sauvage, lâché dans la nature, qui est le moteur de tous les drames du récit.

Le Futur au pluriel, réparer la science-fiction – Ketty Steward

 On pourrait sous-titrer ce livre : « portrait de la SF francophone en vieux monsieur dépressif ».

Le Futur au pluriel, réparer… est un essai qui a comme premier grand mérite d’exister. C’est, à ma connaissance, le seul ouvrage de son genre qui s’efforce d’embrasser la Science Fiction comme objet littéraire, économique, dans ses conditions matérielles de production et social, dans le sens où la SF francophone, avec son fandom, ses festivals dédiés, etc., est aussi un milieu social.

Disclaimer : c’est un milieu social auquel j’appartiens et que je fréquente de loin en loin depuis 25 ans, principalement en tant qu' »auteur  » (et je coche toutes les cases de la « norme » : mec, blanc, cis, you name it).

Le livre aborde beaucoup de sujets, ce qui fait à la fois sa force et un peu de sa faiblesse – on aimerait voir certains points explorés plus profondément. L’autrice lance des pistes, des références, des idées, parfois évidentes, souvent stimulantes. Il m’a fait penser et réfléchir, râler ou soupirer parfois. J’y ai trouvé des idées pour ma pratique, non pas tellement d’écriture au jour le jour (j’ai tendance à penser que je n’écris pas tellement ce que je veux, plutôt ce que je peux) mais de para-écriture (écriture en ateliers, collectifs), ainsi que pour ma pratique sociale dans le milieu. Réparer… est souvent discutable, mais je pense que c’est exactement ce que Ketty Steward veut faire : discuter.

D’une certaine façon, en exprimant critiques et souhaits, Ketty Steward dessine le portrait d’un monde littéraire inclusif, écrivant des histoires qui rassemblent et relient. Une sorte d’utopie ? La boucle est bouclée, on est en face d’un bouquin de SF !

Enfin, et ce n’est pas rien, on y recommande plein de piste de lectures. A peine refermé, j’ai passé une commande à Scylla (https://www.scylla.fr).

PS: petite remarque formelle. Le livre est très bien structuré, avec plein de références et de notes (c’est bien), mais j’ai trouvé la police de caractères vraiment petite

Pirate Enlightment — David Graeber


Une petite lecture de pirates (oui, ça continue), attrapée dans une librairie en Ecosse.

Cet essai de David Graeber parle de la « vraie » Libertalia, d’après le nom de l’Etat pirate du capitaine Misson, qui aurait existé à Madagascar.

La thèse de Graeber est la suivante : il aurait existé, dans le nord de Madagascar, au début du 18ème siècle, une sorte de confédération malgache anarchiste, la confédération Betsimisaraka, différente des groupements politiques du lieu et de l’époque, fondée par des locaux, hommes et femmes, et des descendants de pirates caraïbes établis dans le coin. Ainsi serait né un premier état égalitaire du 18ème siècle.

Les témoignages sur l’époque sont rares, l’archéologie ne dit pas grand-chose. Graeber se base sur son travail de terrain à Madagascar durant sa jeunesse et sur un étonnant manuscrit français datant du milieu du 18ème siècle décrivant l’histoire de la grande île. Bien sûr, rien ne prouve positivement la thèse de Graeber, mais rien ne l’infirme non plus et de nombreux éléments de récits et de preuves sont intéressant.

Le livre est surtout très stimulant dans sa démarche, incluant certes les Européens, mais aussi les locaux, les nombreuses couches de migrations sur la grande île (musulmans, juifs, différents groupes parlant swahili), développant le rôle et la place des femmes (et leur magie sexuelle/amoureuse). Ce monde malgache n’a pas attendu que les Européens le rencontrent pour exister, il n’était pas immobile quand les français ou les Anglais l’ont rencontré, c’est évident, mais ça fait du bien de se s’en rendre compte.

Graeber pense large, nous décentre et fait rêver.

Et oui, une forme de Libertalia a pu exister, faisant parler jusque dans les cours d’Europe.

Pirates, encore (pot-pourri)

Je lis pas mal de trucs en ce moment et ce blog ne suit pas trop. Voici quelques autres lectures de pirates, pour futurs MJs de Pavillon Noir et autres amateurs de voile.

La république du crâne, Bruegas au scénario, Toulhoat au dessin

Cette bande dessinée est un peu le pendant du roman de Sylvain Patteau. On y trouve des pirates épris de liberté affrontant un méchant gouverneur, des esclaves noirs libérés, des chefs charismatiques, des aventures marines plutôt réalistes et une forme d’a-historisme. Honnêtement, c’est très bien fait et très sympa, mais je voyais vraiment les ficelles, comment c’était fait, ce que les auteurs voulaient dire. On est dans du récit de pirates début 21ème siècle, sous l’influence de Rediker. Un truc frappant : deux idées fortes du livre étaient présentes, telles quelles, dans ma campagne de jeu de rôle (avant que je le lise) : le capitaine charismatique mais pas marin, et la scène de l’apparition de la reine africaine. Le jeu de rôle étant un très bon moyen de capter l’air et les clichés du temps, j’en déduis que ce livre en fait autant.

Par ailleurs, le dessin est très cool, les bateaux sont bien dessinés (et c’est dur !) et il y a plusieurs belles scènes. Je recommande la lecture.

Barracuda T1 à 4, Dufaux et Jeremy

Une histoire shakespearienne sur une île de la Tortue fantasmatique et pas réaliste, avec troubles dans le genre, vieilles vengeances, diamant maudit. Dufaux est roué, il sait dérouler ses mécaniques narratives pleines de violence et de sexe, et l’ensemble n’est pas très intéressant. Je n’accroche pas du tout au dessin.

Raven T1, T2, Matthieu Lauffrey

J’y suis allé un peu à reculons (ce n’est pas très réaliste et il y a pas mal d’erreurs historiques), et en fait, on s’en fout. C’est un récit d’aventures très énergique, une sorte d’énorme film d’action de pirates avec un héros audacieux, fort à la bagarre, rusé et souvent un peu bête, une méchante dark classe et très méchante, un trésor, une île aux milles dangers, des canons qui font boum, etc. J’ai trouvé l’ensemble pas très fin, mais très fun – ambiance Ile aux pirates, si vous voulez. Et c’est de la bande dessinée qui envoie du bois, avec une mise en scène énergique, des couleurs qui claquent, des décors insolites et grandioses…

Histoire du sieur de Montauban, capitaine flibustier (par lui-même)

Ce petit bouquin est publié par les éditions Anacharsis, les mêmes qui ont publié Pitman. Montauban était un flibustier de la fin des années 1690, qui raconte de manière très brève une expédition ordinaire qui tourne au désastre avec un navire qui explose lors d’un combat. C’est un texte très court, accompagné du double de longueur en paratexte : présentation du contexte et histoire du texte. Avis aux rôlistes : il n’y a pas beaucoup à se mettre sous la dent – bien moins que chez Pitman. Avis aux amateurs d’histoire(s) : ça reste très intéressant. J’y ai appris des trucs sur le business plan de la flibuste, les relations pas jolie jolie avec le commerce triangulaire, le goût de l’époque pour les récits de flibuste, etc. Pour les curieux.

Les aventures du capitaine Jack Aubrey, Patrick O’Brian

Selon moi, Master and Commander (le film avec Russel Crowe, Paul Bettany, par Peter Weir) est le meilleur film de bateaux à voile du monde. C’est adapté (assez fidèlement) d’une série de romans maritimes anglais très connus, les aventures de Jack Aubrey, qui se déroulent à l’époque des guerres napoléoniennes (les Français sont les méchants). J’ai lu les deux premiers, grâce à une réédition J’ai lu qui me lorgnait du coin de l’oeil chez Payot.

Le premier roman, Maître à bord, raconte comment le jeune lieutenant Aubrey se voit confier un petit sloop un peu lent, la Sophie, et un médecin-espion, le docteur Maturin. A bord de la Sophie, Aubrey accomplit des exploits en méditerranée occidentale. Le roman est formidable 450 pages d’aventures marines en mode réaliste, coups de canon, accidents de voilure, vie de l’équipage, etc, etc. Une mine d’infos marines, pour peu qu’on aime le vent et la voile, avec plein d’idées transposables pour des histoires de pirates.

Le deuxième roman, capitaine de vaisseau, est plus filandreux, avec Aubrey renvoyé à terre parce que la guerre est finie (elle va reprendre), histoires de coeur, de fric, intrigues politiques dans la navy, etc. Il y a heureusement des scènes de bateau, pas assez, et elles sont également formidables. La principale scène d’action arrive à la fin du roman et elle m’a laissé coi. 

J’ai acheté les romans 3 et 4 (le second volume – ce sont des livres contenant deux romans), je vous en dirai des nouvelles (Cecci a été étonnée de me voir avaler 1000 pages aussi vite)

Pavillon noir – le jeu de rôles – Renaud Maroy & al.

Ce jeu de rôles et ses suppléments propose de jouer des pirates de manière assez réaliste entre le 16ème et le début du 19ème siècle. Ma propre campagne est une reprise de la campagne des Cinq Soleils. Je n’ai pas grand-chose à dire sur le jeu lui-même, puisque les règles ne m’intéressent pas et qu’il en fourmille. Mais les suppléments (notamment sur la structure et le plan des bateaux), les notes historiques sur les armes, les canons, les techniques de combat naval, etc., sont très utiles à tout MJ voulant faire jouer à l’époque. J’aime particulièrement la tentative de catégoriser les types de bateaux (forcément incomplète, même à l’époque c’était le bazar…). La campagne des Cinq Soleils a pas mal de bonnes idées, des PNJs (et PJs) bien troussés, une insertion bien fiche dans la trame historique et une présentation super caffouillou où je ne retrouve jamais rien. J’aimerais bien que le tome 2 paraisse, sinon je vais devoir tout inventer.