Le Haut-Lieu et autres espace inhabitables

J’ai abordé ce livre avec un a-priori positif : excellent titre, superbe couverture de Daylon (en lunes d’encre), réputation flatteuse de l’auteur. Le Haut-Lieu est un recueil de nouvelles entre le fantastique et la science-fiction, allant de Jules Verne à Borges en passant par Métropolis. J’ai commencé pourtant par être un peu déçu.

Le Haut-Lieu est aussi le titre du premier texte, une novella très agréable à lire basée sur idée angoissante, la visite d’un grand appartement de l’île Saint-Louis dont les pièces une à une disparaissent. Joli vertige sur la création, mise en abyme des jeux de la mémoire et de l’illusion, les idées sont très séduisantes, ce qui m’a fait regretter des personnages en 2D et une explication psychologisante un peu légère.

J’ai apprécié le gouffre aux chimères, basé sur une très belle idée dont je ne suis pas sûr d’avoir saisi toutes les références. De même pour Superscience, texte qui semble lié à un univers qui m’a échappé mais on je crois déceler le même genre d’influences que dans la Brigade chimérique. Le chasse aux ombres molles est une pochade dispensable. Origami est le premier texte qui m’a pleinement séduit, jouant avec humour sur la modification de la réalité induite par son observation

 Quant à la régulation de Richard Mars… Cette dernière novella est un texte époustouflant, mêlant bribes de chroniques intimes, transformation en Dieu, en rat, histoire cosmique de l’univers, croissance et destructions des civilisations… Un vertige de bout en bout, toujours parfaitement maîtrisé. La grande classe.

Hunger games – Suzanne Collins

Quelque part aux Etats-Unis, après la catastrophe climatico/économique… Le pays est divisé en douze districts, tous spécialisés, dominés par le Capitole, une sorte d’Eden techno-dictatorial, qui rafle chaque année un adolescent de chaque sexe dans chaque districts pour les faire s’affronter à mort dans une arène naturelle, dans une sorte de croisement entre télé-réalité et spectacles du Colisée.

Katniss est une jeune fille pauvre qui subvient au besoin de sa famille en chassant à l’arc dans les terres sauvages. Avec le fils du boulanger du district (son amoureux transi et secret), elle est choisie pour les « jeux de la faim ». Malgré son esprit rebelle, elle est alors prise dans l’engrenage ludo-médiatique et participe au grand combat sous l’oeil avide des caméras…

La première partie du roman évoque la vie dans le district 12, sorte d’enfer minier à la Dickens. Crasse, faim, pauvreté et nobles personnes qui s’en sortent. Dans la seconde partie, Katniss est relookée par un grand couturier et apprend à parler face à une caméra. Elle sympathise avec son designer personnel, apprend à connaître son rugueux mentor, noue une romance « je-fais-semblant-de-t’aimer-pour-les-caméras, mais en fait je tombe un peu amoureuse de toi » avec son camarade de district. Le public l’apprécie et ses juges lui donnent la meilleure note. 

La troisième partie est une énorme scène d’action, bien menée et palpitante, dans un esprit « il ne peut en rester qu’un ». Les amis de Katniss sont heureusement éliminés par d’autres concurrents, lui évitant trop de tourments moraux…

Malgré le cadre dystopique, Hunger games relève plutôt d’une sorte de conte. Jeune fille pauvre, mentor bienveillant, transformation en princesse, chasse cruelle dans la forêt… Le plus intéressant est bien sûr l’idée de base, qui rappelle un peu la légende les jeunes gens athéniens envoyés en Crête nourrir le minotaure. Cette cruauté, même si elle n’est pas assumée (bien que participante, Katniss reste pure toute du long), est le principal attrait du livre. Pour le reste l’écriture est indigente et simpliste, l’univers n’a pas vraiment de cohérence (autre que celle du conte), les clichés sont partout : adolescente mal dans sa peau qui se découvre jolie, robes de princesse, romance de lycée. Seule originalité : l’attention portée à la nourriture (c.f. le titre). Il est amusant (et cynique) que le livre place en vérité le lecteur dans la position du public des Hunger games, présentés comme une horrible institution…

Ce cynisme est d’ailleurs le point qui m’ennuie le plus dans ce livre. J’aurais peut-être pardonné à un auteur débutant ce festival de clichés et cette écriture bête à pleurer (et encore…). Suzanne Collins est une scénariste et une romancière confirmée, je dois donc en déduire que c’est exprès qu’elle prend ses lecteurs pour des imbéciles. C’est bien triste. Bienvenue chez le Guillaume Musso du post-apo.

Roland Wagner

Je me retrouve à écrire quelque chose de curieusement similaire à ce qu’écrit Fabrice Colin. Je suis triste, pardonnez ma maladresse.

En 1997, j’étais étudiant, je venais de publier mon premier roman chez Mnémos. 

Dans Casus Belli, un type nommé Roland Wagner donnait des conseils de lecture de SF, les seuls dont je disposais alors. Grâce à eux, j’ai lu quelques auteurs pas trop mauvais : Roger Zelazny, George Alec Effinger, Walter Jon Williams, John Brunner, Jean-Claude Dunyach, Robert Silverberg (j’en oublie sûrement)… Il avait l’air de savoir de quoi il parlait, il m’a aidé à me faire une culture. Parmi ceux que j’oublie, le fabuleux Temps du twist, de Joel Houssin, qui m’a convaincu qu’on pouvait lire (et écrire) de la science-fiction de langue française, et que ça pouvait même avoir de la gueule.

En 98, je découvre plusieurs choses : Roland Wagner est un auteur (ah oui ?), et il a cité mon livre dans sa rubrique de Casus, ma toute première critique !

On s’est rencontrés dans la vraie vie à la fin de l’année, lors du festival Visions du futur organisé près de la mairie du XVIIIème. J’ai découvert un homme sensible, pudique, gentil, doté d’une immense culture des littératures populaires. Il présidait alors le jury du prix Julia Verlanger, que j’ai reçu cette année là. Ca aide à prendre confiance en soi.

Ces années ont été très importantes pour moi. Beaucoup de choix, de décisions, même si tous les enjeux n’étaient pas visibles. Etre soutenu, alors, par des personnes d’une telle qualité, ça a une immense valeur.

Merci Roland.

Les Chronolithes – Robert Charles Wilson

Voici quelques trucs pour reconnaître un roman de Robert Charles Wilson, si vous en croisez un dont on aurait arraché la couverture :

C’est très facile à lire : style clair, sans effets, un peu lisse, techniques de narrations efficaces sans être épileptiques. Le héros est un type moyen, sympa, un peu mou, genre classe moyenne américaine, père divorcé, problèmes familiaux. Et surtout, c’est là le truc crucial, le pitch est ENORME. Dans les 
Chronolithes, un conquérant du futur, Kuin, envoie tous les quelques mois des obélisques de verre dans le passé pour annoncer ses victoires militaires qui auront lieu vingt ans plus tard, déprimant d’avance ses futurs ennemis et créant, en quelque sorte, une prophétie autoréalisatrice…

Sans être aussi fou et inventif que Spin, les Chronolithes est une grande réussite : cohérence du récit, des personnages, de l’intrigue. Suspense insoutenable qui donne envie de tourner les pages, sans abus de techniques de thriller. De plus le roman est assez court (300 pages), et on saura combien j’aime les auteurs qui arrivent à tout dire en peu de mots…

Mais la force de ce roman repose sur autre chose : d’abord, sur une amusante mise en abyme du rôle de l’écrivain qui construit son intrigue à l’envers et qui parcourt à sa façon les chaînes de causalité. Et surtout sur un sentiment assez fort chez moi, l’angoisse de l’avenir, l’impression de l’inéluctabilité de la catastrophe. Le livre vaut autant par son astucieux argument que par la peinture impressionniste et crédible de notre futur, cohérente d’un roman à l’autre de l’auteur.

En bref, une science-fiction très intelligente, facile à lire, par un auteur pas dépourvu d’ambition littéraire. Voilà qui me donne très envie de me tourner vers Blind lake

Le prophète et le Vizir – Yves et Ada Rémy

Très curieux et joli livre publié par les éditions Dystopia. Tout comme le remarquable recueil de Lisa Tuttle, celui-ci est un travail de passionnés qui auront voulu rendre disponible, sous une forme élégante, un nouveau texte d’Yves et Ada Rémy. J’ai déjà parlé sur ce blog de la forte impression que m’avaient faite leurs soldats de la mer, recueil-collage remarquable sur thème d’aventures et de contes militaires du XIXème siècle.

Ici, dans un esprit voisin, on a droit à deux récits mettant en scène des personnages historiques du monde arabe médiéval. Le premier récit commence comme un conte, avec tous les accessoires des mille et une nuits, ornements, arabesques, noms chantournés et rebondissements étranges. On y fera connaissance avec un ancien pécheur de perles doté par un procédé plutôt original du don de prescience, qui, faisant le tour de la méditerranée, aura des visions curieuses du futur de son univers. Le récit est très joliment écrit, traversant plusieurs genres comme si sa genèse avait eu plusieurs périodes : on passe du conte merveilleux au récit de voyage puis on glisse vers une sorte de fantastique moral comme une nouvelle de Dino Buzzati.

Dans le second récit, on verra une lutte acérée sur fond de désert et de soleil ardent entre un Vizir cruel et le destin qui veut lui ravir ses enfants, les deux récits étant liés par une prophétie.

On trouve dans ce petit livre un joli plaisir d’écriture, appuyé par une langue élégante et classique. Si le cadre est très différent des Soldats de la mer, les deux livres se rejoignent par un certain esprit du fantastique, qui se rapproche plus du XIXème siècle que de l’évolution contemporaine des genres.

Pour glisser sur une appréciation plus subjective et mal définie, je dirais toutefois qu’il y a dans l’écriture des Rémy quelque chose qui ne parvient pas totalement à me convaincre. Leur travail est de très bon niveau, mais ne parvient pas à me hisser jusqu’au vertige. Peut-être manque-t-il encore quelques étapes de distillation. Je ne sais pas.

Rien qui doive toutefois détourner de ce petit livre le lecteur amateur et curieux.

Treize mauvais quarts d’heure – Albert Sanchez Pinol

Du même auteur, j’avais lu la peau froide, que j’avais trouvé pas mal. J’en retirais l’impression que l’auteur avait un vrai sens de l’écriture et du rythme et un problème avec le fantastique qui, chez lui, ne pouvait servir que métaphore, sans avoir d’existence en lui-même. (Chez Lovecraft – mon héros – le fantastique/SF est aussi une métaphore. Mais pas que.)

Ces treize mauvais quarts d’heure (excellent titre, d’ailleurs) sont treize récits courts, un peu cruels. Hommes de la lune tombés dans les champs d’oliviers et forcés d’y travailler avec les paysans, zèbre poursuivi se souvenant des leçons de sa maman, armoire avalant ceux qui s’y cachent, riche romain s’inventant des ancêtres illustres, nef des fous, congrès socialiste en contact avec les martiens…

L’écriture est toujours concise, plaisante. Au mieux, on lorgne vers Marcel Aymé ou Dino Buzzati. Au pire, certains textes ne sont que des pochades, pas vraiment drôles. Le tout premier, très séduisant au premier abord (l’histoire des hommes de la Lune) m’a gonflé quand j’ai vu la métaphore transparente qu’induisant l’élément fantastique.

Bref, un recueil léger, un peu méchant, un peu sage. Il sent une bonne odeur de vieux papier, on dirait qu’il date des années 50, mais le copyright indique 2010.

De sang froid – Truman Capote

Kansas, novembre 1959. Dans une petite ville tranquille de la Bible Belt, Herb Clutter, un fermier entreprenant, aimé de tous, est massacré avec son épouse, sa femme, sa fille, son fils, dans sa propre maison, par des inconnus. La population est bouleversée, la police met tous les moyens pour retrouver le ou les tueurs, d’autant que le mobile est incompréhensible (rien, ou presque, n’a été volé) et que les meurtres ont été commis de sang froid, les victimes étaient attachées quand on les a exécutées.

A partir de ce fait-divers réel et atroce, Truman Capote entreprend un étrange roman. Il met en scène la vie de la famille Clutter durant ses derniers jours, il décrit Garden City et sa population, il raconte la trajectoire des tueurs (qui seront arrêtés quelques mois après). J’avais au début l’impression de lire un de ces bouquins qui fleurissent maintenant pour chaque fait-divers détonnant, une plongée voyeuriste dans le monstrueux, dans l’atroce. Attention aux petits détails, enquête-vérité, émotion facile.

Puis je me suis posé une question. Truman Capote était journaliste, mais aussi écrivain (et pas des plus mauvais…). Donc menteur, manipulateur, metteur en scène. Un premier mensonge, énorme : dans tout ce récit, si fascinant soit-il, quelqu’un manque. On a gommé un personnage de premier plan : l’auteur lui-même, avec ses questions, son décalage de New-Yorkais plongé dans le Kansas rural, avec sa manière de parler différente, sa compréhension forcément imparfaite… Quel crédit alors accorder à ce récit, qui est devenu pourtant ce que les gens retiendront de l’affaire Clutter ?

De sang froid est un roman, pas un reportage. Une oeuvre construite, fabriquée, écrite, cherchant la vérité, notamment la vérité des hommes. Un récit très fort, de bons personnages, fascinants, des situations étranges, des coïncidences bizarres. Un aperçu de la vie américaine en 1960 de l’âge d’or et de son envers, les paumés sur les routes, les motels miteux de Vegas, les virées au Mexique, les déviances sexuelles… Le tout très bien écrit. Pas un reportage, un très bon roman.

Ainsi naissent les fantômes – Lisa Tuttle

La parution de ce petit livre a fait parler d’elle dans le petit milieu des auteurs/éditeurs/libraires/amateurs de littérature de genre : un auteur talentueux, rare et méconnu. Une traductrice connue et respectée dans le milieu, donnant son temps et son travail par passion, une micro-édition de grande qualité : couverture magnifique (et pas racoleuse) de Stéphane Perger, livre bien fabriqué, bien présenté, bien assemblé. Ce livre, loin des histoires commerciales, égoïstes ou médiatiques, est le produit d’un amour collectif pour le texte, pour les histoires, pour les livres.

Rien qu’à ce titre, il est déjà recommandable.

Je connaissais assez bien le travail de nouvelliste fantastique de la traductrice, Mélanie Fazi, mais rien du travail de Lisa Tuttle, que Mélanie présente comme une de ses grandes inspiratrices. Les six nouvelles présentes dans Ainsi naissent les fantômes ont été écrites ces vingt dernières années mais présentent une vraie homogénéité de thème et de traitement : il s’agit d’histoires fantastiques à l’ancienne (sans que cette qualification ait pour moi quoi que ce soit de négatif), de confrontation à des cauchemars, des angoisses, des peurs enfouies. Enfermement, perte du langage, grossesses étranges, désirs sexuels inappropriés… Les textes sont tous bons, écrits avec finesse, justes dans leur progression et les sentiments qu’ils décrivent. Je citerai particulièrement l’Heure en plus, fantasme naturel de tout jeune parent écrivain, Ma pathologie pour sa mise en scène très incarnée de l’alchimie et surtout la Fiancée du dragon, qui, malgré quelques artifices, a créé en moi un véritable malaise et un véritable décalage, dû au travail symbolique et érotique profond que le texte exerce. Les réactions des personnages y sont parfaitement à côté de la plaque et donc totalement crédibles.

La limite de ces textes, pour moi, est qu’ils se situent tous dans une littérature de genre codifiée : un élément fantastique, onirique, dérangeant, est introduit dans une vie « normale »  et petite bourgeoise (maison, famille, travail, livres) d’Occidental(e) de la fin du 20ème siècle. Les récits nous effraient, nous dérangent, mais ce référent normalisé offre un confort mental, une sorte de refuge (sa propre vie) auquel le lecteur peut retourner. Ainsi, les récits restent des évasions, avec tout ce que connote ce terme, sans jamais réellement être dangereux (sauf peut-être la fiancée qui est le moins réussi dans sa forme – par rapport aux autres, mais le plus puissant pour moi.).

Que ces réserves ne vous empêchent pas d’apprécier un très bon recueil de genre, réalisé avec amour par des personnes toutes talentueuses.

Mémoire vagabonde

Les éditions du Bélial proposent ces derniers jours une réédition en numérique de Mémoire vagabonde, mon premier roman. Les deux éditions précédentes ayant été pilonnées, il était depuis quelque temps indisponible, sauf à passer par l’occasion. Je suis content donc de le voir de nouveau dans le circuit.

Pour ceux à qui je n’en aurais encore jamais parlé, ce roman raconte les crises d’identités et les errances de Jaël de Kherdan, écrivain léger et amant infidèle. Il se perdra dans les rues de Dvern, cité basaltique aux coutumes bizarres. Il goûtera l’Amance, la drogue des rêves, tombera amoureux et deviendra le jouet de Jaran Daï Nelles, prince fou et tyran démiurge. Je vous promets des nuits d’été, des accès de fièvre, une bande son de Noir désir, quelques duels, des moments d’hypnose et des livres dans le livre.

La version publiée par le Bélial est basée sur le texte de l’édition Icares de 2001, à quelques corrections mineures près. On y trouve aussi des bonus, si, si ! où l’auteur bavarde, postface et murmure des secrets. Le livre vaut cinq euros, ne porte aucun DRM. Si vous prêtez le fichier à vos amis, je ne vous en voudrai pas.

Angle mort – numéro 3

Une brève recension de lecture du numéro 3 de l’intéressante revue Angle mort.

Le jardin des silences est un texte de Mélanie Fazi qui raconte une histoire de braquages, de souvenirs, de fantômes. J’aurais aimé que la boucle se boucle un peu plus, mais c’est un bon texte.

Comment les femmes se battent, de Sara Genge fait partie de ces nouvelles de SF basées sur une idée (une culture où il est possible de changer de corps, de sexe) qui me paraissent être une élaboration très artificielle sur leur sujet.

Oeuvre vécu d’Athanase Stedelijk, une monographie, de Léo Henry aurait eu sa place dans les chroniques de Yirminadingrad. Rêve, langue heurtée, galerie d’art plus ou moins imaginaire, on est dans un jeu intellectuel, littéraire et vécu. 

Mêlée, de Kij Johnson, est un truc court et puissante comme un impact au creux du bide. Dans la minuscule nacelle de sauvetage, l’extraterrestre et elle baisent sans arrêt, avec acharnement. C’est le point de départ. Après il y aura l’étrange, l’aliénation, et des fluides corporels. Une nouvelle dense et réussie.

J’ai aimé trois textes sur les quatre, un bon numéro, donc ! Achetez-le pour soutenir l’initiative ! (sinon, téléchargez les nouvelles en epub depuis les liens. Elles valent le coup !)