L’incroyable histoire de la mythologie nordique – Mory et Bercovici

Si Cecci ne m’avait pas offert ce livre, je ne l’aurais pas lu. On y trouve un tressage de mythes nordiques, essentiellement inspirés des Eddas, avec un peu de paratexte, le tout illustré dans un style essentiellement humoristique. Si vous rêvez de la grandeur de types balaises qui terrassent des monstres, passez votre chemin. (Moi je suis plutôt de l’équipe qui aime les héros qui tapent des monstres, question de génération).

Là, sur les dessins, les héros tirent un peu dans la direction d’Asterix et ses potes. 

 

Et le livre est super bien. Très riche, très dense, souvent marrant (même si certaines blagues… mais ce n’est pas grave), donnant à voir et à comprendre, la logique interne de culturelle de ces récits comme je ne les avais jamais saisis. Loin de Wagner, plus proche des textes de Sturlusson, de la culture nordique, de ses valeurs plus ou moins fines, de son humour et de son humanité.

Une excellente introduction, la meilleure et la plus complète que j’ai jamais lue, aux mythes nordiques, perçus depuis notre époque. 

Arc de triomphe – Erich Maria Remarque

Croiser ce livre à fait revenir un souvenir d’enfance : une édition livre de poche de A l’ouest, rien de nouveau, lu quelque part vers mes quinze ans sur conseil de ma maman. Le livre qui m’a fait connaître quelque chose de ce qu’a été la guerre des tranchées. Il faut bien y aller une première fois, non ? (Pour Rosa et Marguerite, ça a été le film Un long dimanche de fiançailles)

Je n’avais jamais rien lu d’autre de EMR, qui est devenu après ce bouquin un romancier à succès, est sorti uniquement avec des actrices de cinéma super belles (bon) et à fini exilé en Suisse puis aux US après que les nazis ont trouvé ses textes pas trop patriotiques et que son nom ne sonnait pas assez allemand (Il avait transformé Remark et Remarque et portait de sa propre initiative le prénom de sa maman, Maria).

Arc de triomphe est un gros roman publié en 1946, donc écrit durant le temps d’exil. Il se déroule quasi entièrement à Paris, dans le quartier de l’arc de triomphe (c’est le titre) en 1938-1939. (d’ailleurs, pour moi c’est le dernier coin du monde où sortir à Paris. Ca ne l’était clairement pas pour EMR/Ravic, qui semble y avoir eu de bons souvenirs.)

Le héros, un mec à la fois viril et sensible, se nomme Ravic. Chirurgien allemand, réfugié sans papiers, il vit dans un hôtel discret, l’international. Quand il n’opère pas au black pour Durant ou Veber (essentiellement pour rattraper des avortements ratés – ce qu’il n’arrive pas toujours à faire), il joue aux échecs avec un vieux Russe blanc et il picole, mais alors dieux qu’il picole ! (Dans le roman, c’est tout à fait normal. Il se considère même comme raisonnablement sobre).

Dans le premier chapitre il empêche Jeanne de se jeter par dessus un pont. Jeanne est un peu désaxée, intense, amoureuse.  Elle est jouée dans ma tête par Marlène Dietrich (parce qu’il paraît que Marlène, avec qui EMR avait eu une histoire, à inspiré de la personnage).

Ces deux-là vont tomber amoureux, se mettre à la colle, se quitter, prononcer des discours exagérément bien écrits sur l’amour et la passion. Elle est pénible, il est pénible, ils connaîtront quelques beaux moments et ça va partir en sucette, tragédie, tout ça.

Par ailleurs le roman porte un regard cru et assez macho sur les femmes, pas mal essentialisees, de même que sur les besoins sexuels des hommes qui semblent être un truc non discutable. On attribuera ça à l’époque.

Donc, une romance bavarde et sexiste ? Oui, un peu, quand même. Pourquoi en parler, alors ?

De nos jours, la vraie qualité de ce roman n’est pas là, mais dans son décor, son atmosphère et ses seconds rôles. Ravic est un homme détaché contemplant un monde qui part en vrille et ne sera plus jamais comme avant. Comment vivre, alors ? Que faire ? Des un pays voisin, un dictateur dingo prend des décisions dingo, et on boit des coups à la terrasse des cafés à Paris. Partout, sous nos yeux, les réfugiés des folies du monde se planquent et aimeraient se trouver un avenir pas trop sale, et les parisiens essaient de ne pas trop les voir. Les femmes s’en prennent aussi plein la figure, manipulées par des types veules ou toxiques, essaient de se créer un avenir (Rolande, la sous-maîtresse de maison de passe, Jeanne, ou bien Kate la riche américaine, ou cette touchante prostituée qui a failli mourir sous les mains d’une faiseuse d’anges, avorteuse dont Remarque fait un personnage assez touchant alors que Ravic voudrait la « punir » avant de laisser tomber). 

Autant j’ai sauté des pages de blabla amoureux entre Jeanne et Ravic, autant j’ai aimé toutes les intrigues secondaires, le gamin amputé d’une jambe qui paie une crèmerie à sa mère avec l’argent de l’assurance, le riche médecin qui perd ses moyens et fait venir Ravic une fois le patient endormi… 

Entre l’ambiance fin du monde et les personnages qui nous rappellent d’autres situations, je trouve arc de triomphe très approprié pour notre temps.

PS: un autre truc cool: Ravic a des dialogues et des punchlines qui sonnent film en noir et blanc super bien écrit des années 50.

PPS: merci à mon ami George, réfugié d’un certain pays d’Europe de l’Est très incertain, qui m’a fait découvrir ce roman.

Le lac de la création – Rachel Kushner

Ca se passe en Guyenne, dans le sud-ouest de la France. Sadie, une ancienne agente du FBI virée pour magouilles et devenue indépendante est engagée par de mystérieux commanditaires pour infiltrer une communauté d’activistes installée près de la future mégabassine de Tayssac. Ce groupe des Moulinards (parce qu’installés à la ferme du Moulin), plus ou dirigés par Pascal, un chef charismatique, vit et étudie la pensée de Bruno Lacombe, un disciple de Debord qui a disparu de la circulation et vit dans une des nombreuses grottes du coin.

Sadie va rencontrer toutes sortes de personnages, des militants plus ou moins barrés, plus au moins solides, étudier la pensée de Lacombe, se comporter de façon drôle et cynique. On verra apparaître dans le récit des références amusantes à la culture française vue des Etats-Unis, avec caméro de Michel H. (écrivain connu) et un personnage amusant d’homme politique franco espagnol unanimement considéré comme un sale traître. Certaines scènes sont très belles : des moments suspendus dans la maison vide où Sadie se planque, les flux de pensées et de souvenirs qui traversent cette bizarre anti-héroïne, la rencontre avec le vieil homme au bord du lac…

Le roman est écrit avec beaucoup de talent, on a envie de savoir ce qui se passe, je me suis intéressé à ses personnages, l’autrice amène très bien son univers. Parce que, oui, même si ça ressemble à des choses, à des situations que vous connaissez et oui, même si Rachel Kushner est très bien documentée et connaît les endroits dont elle parle, l’ensemble du roman se déroule dans un univers de fiction. Les lieux sont imaginaires, les personnages aussi, c’est la construction d’un petit monde entre paysans et militants, histoire de la gauche radicale française, américaine aussi, avec des détours par le cinéma italien, des théories sur la préhistoire… Cette création d’un monde de lieux, de personnages et de relations est l’aspect le plus attachant et intéressant du livre à mon goût. 

Je me demande par contre ce qu’en pensent les personnes concernées par ces portraits, notamment les paysans et les militants des endroits comme le fameux Moulin (inspiré clairement du groupe de Tarnac). Est-ce le portrait est juste ? Ou est-ce simplement une fantaisie écrite par une bourgeoise qui joue ? Ce livre est-il autre chose qu’une distraction ? Je ne sais pas répondre à ces questions.

J’ai lu ce drôle de bouquin après avoir entendu l’autrice durant une conférence à la fondation Jan Michalski. J’ai admiré le talent professionnel des écrivain.e.s américains : Rachel Kushner parle bien, elle est drôle, a un discours rodé qui laisse passer ce qu’il faut de sincérité. Le texte est très maîtrisé, le roman bien construit, « c’est très bien fait », comme on dit. Est-ce ce que je recherche dans la littérature ? A tout le moins, cette lecture m’a fait penser.

Nero Wolfe – Rex Stout

J’aime bien les detective stories, et puisque les moutons électriques avaient consacré un bibliothèque rouge à Nero Wolfe, l’homme aux orchidées, je me suis dit que ce devait être cool à lire. Un jour je suis tombé sur ce tome 1 (et unique, je crois) d’une intégrale en français.

Les deux premiers romans sont très cool (Fer de lance et les compagnons de la peur), la cassette rouge est un peu pénible et je n’ai pas lu le dernier du recueil.

Si vous ne connaissez pas, Nero Wolfe est un détective privé extravagant, un (très) gros type très intelligent et maniaque qui cultive ses orchisées dans sa grande maison de NYC, et qui a donc besoin de beaucoup d’argent pour son train de vie. Il résoud les mystères sans jamais sortir de chez lui. Heureuseuement, il peut compter sur son secrétaire-assistant-narrateur, Archie Goodwind, un jeune type habile aux filatures et aux coups de poing, doué pour trouver les indices.

Les romans reposent beaucoup sur ce couple de personnages amusants, leurs rites, leurs piques, leurs engueulades, leurs réconciliations… J’ai beaucoup aimé les découvrir.

Comme j’ai dit, j’ai trouvé les deux premiers romans malins et tordus et tous ceux que j’ai lus ensuite, dans de vieilles éditions du masque, m’ont semblé artificiels et me sont tombés des mains. J’en avais surtout très vite marre de ces meurtres-chez-les-riches, de ces improbables familles tordues aux héritages compliqués. J’ai besoin d’un peu de réalisme social dans les récits.

Une note : j’ai arrêté de lire les vieux « masque », parce qu’ils sont « adaptés de l’anglais par… », ce qui veut dire qu’en plus d’être des intrigues tordues, les romans sont coupés, et ça, ça m’énerve.

Ca ne m’a pas empêché d’adapter Fer de lance pour Cthulhu Confidential, et je compte faire de même pour la Ligue…, dont j’adore l’idée de base.

 

The Fisherman – John Langan

Quelques notes sur le roman The Fisherman, de John Langan, chez j’ai lu, traduction de Thibaud Eliroff. Je ne vais pas répéter ici ce qu’en a raconté le camarade Alex Nikolavitch sur son blog.

Allez le lire ici https://nikolavitch-warzone.blogspot.com/2024/12/par-la-ou-tu-as-peche.html vous aurez une super présentation du roman.

Je viens de le finir et j’ai eu beaucoup de plaisir à la lecture. si vous êtes curieux, lisez-le, vous ne le regretterez pas. Maintenant je vais commenter et spoiler.

Comme le dit Alex N, le roman mêle très bien récit quotidien, drame personnel et horreur cosmique, avec des récits enchâssés pas mal fichus. Littérairement, les cinquante-cent premières pages m’ont fait basculer en mode wow, ce qui ne m’arrive pas souvent.

Après, j’ai trouvé ça moins bon. Pas mauvais, non, juste pas à la hauteur du début.

Le passage avec l’universitaire allemand est très cool mais aurait mérité d’être beaucoup plus elliptique et allusif. Pendant au moins cent pages ont est dans un super cool scénario de l’AoC mais plus tellement dans un roman qui nous parle de la rivière, du réservoir, de la pêche et du boulot chez IBM au tournant des années 90. 

L’aspect fantastique devient parfois trop épais, les images sont explicites, l’allégorie (cette sale ennemie) n’est pas loin. 

Contrairement à Notre part de nuit, de Mariana Enriquez, The Fisherman ne m’a jamais fait peur. Le travail narratif est très bon. Le travail poétique pas assez accompli, donnant un roman intéressant, distrayant, mais ne parvenant pas à dépasser le monde des romans de genre.

Conquest – Nina Allan

Frank Landau est un jeune anglais gentil, attachant et bizarre, obsédé par la musique de Bach, par le code informatique et par des complots bizarres. Autiste, certainement, même si le mot n’est jamais prononcé.

Il disparaît lors de son premier voyage hors du Royaume-Uni, à Paris.

La Tour est une novella de SF parue dans les années 50, d’un auteur très mineur, mais dont le récit éclaire bizarrement notre présent..

Robin est détective privée, ancienne flique. Elle aime Bach aussi. Elle recherche Frank Landau.

LAvventura est un forum d’ufologue.

Edmund de Groote est à moitié universitaire, à moitié gangster. Il se débrouille bien au piano.

Conquest, de Nina Allan, est un roman étrange, dérangeant et brillant, qui rassemble tous ces faits et ces gens. On y parle du destin de l’humanité, d’amour et surtout de la manière dont nous voyons nos croyances changer sur le monde. Il y a dedans beaucoup de questions et quelques réponses.

Et l’Ecosse, comme toile de fond à tout cela.

Voici sa playlist, pour coller dans votre app de musique favorite et, peut-être, vous donner envie.

  • Variations Goldberg – Bach – Serkin
  • Tracks of my tears – Ronstadt
  • Cygnet Comittee – David Bowie
  • BWV 1004 – Bach – Milstein
  • Variations Goldberg – Bach – Schiff
  • But Who May Abibe – Haendel – Emma Kirby
  • Chaconne – Bach – Menuhin
  • Herz und Mund und Tat und Leben BWV 147- Bach – Koopman
  • Nocturnes et arias – Hans Werner Henze
  • La passacaille de Biber
  • BWV 528
  • In tempus praesens – Goubaidoulina – Mutter

La grande fenêtre – Raymond Chandler

Un quatrième roman de Chandler/Marlowe et un très bon cru, avec une intrigue tordue autour d’une employeuse vraiment très déplaisante à la recherche d’une pièce d’or disparue. Ca part vite dans tous les sens, avec une galerie de minables et de lâches, pour certains très touchants. Le livre parle surtout de relations de pouvoir et permet à Marlowe de se montrer assez classe.

Jusque maintenant, ma découverte de ces romans (il n’y en a que sept en tout) est vraiment plaisante. Ils sont écrits avec style et une certaine poésie. Les histoires ne sont pas parfaites, il y a des clichés sexistes (et ici, antisémites), mais il y a aussi des atmosphères puissantes et curieusement émouvantes.

J’eus une drôle d’impression en voyant disparaître la maison. Un peu comme si, ayant écrit un poème, un très beau poème, je venais tout à coup de le perdre avec la certitude que je serais incapable de m’en souvenir un jour.

 

Adieu ma jolie – Raymond Chandler

Un autre Chandler, un autre Marlowe.

Dans celui-ci, Marlowe se retrouve à rechercher Velma, l’ancienne copine d’un remarquable bandit tout juste sorti de prison. Il va y avoir des cadavres, il va se prendre des coups sur la tête, on va entendre parler d’un mystérieux collier de jade… Le récit est intéressant, mais prend des détours filandreux (le passage chez le médium, par ex., ou bien celui dans la clinique), exprès pour faire souffrir notre pauvre détective.

Il a aussi son lot de bonnes scènes, en commençant par celle d’ouverture, celle sur le bateau casino… et son lot de bons personnages : Mrs Grayle, Laird Brunette, Linday Marriott, Mrs Florian… et l’incroyable Moose Malloy, le braqueur.

Petite note marrante, je ne comprenais pas trop comment l’adapter en jdr, puis j’ai vu la super adaptation de 1975, film noir classieux avec Robert Mitchum en Marlowe âgé. Le scénario du film simplifie et rend plus fort celui du livre – à vrai dire, je le préfère. L’histoire est plus dynamique et plus compréhensible. 

Reste que c’est une histoire très bien, celle de Malloy recherchant Velma, une tragédie dès les premières lignes, avec Marlowe dans la ligne de tir.

D’expérience, il s’adapte très bien jdr. Le moment où les PJs comprennent les clefs de l’intrigue valent leur pesant de cacahouètes.

La dame du lac – Raymond Chandler


Je vais faire ici quelques brèves chroniques des romans de Raymond Chandler impliquant Philip Marlowe.

Petit rappel : Chandler/Marlowe c’est l’archétype du « noir », imité partout, rarement égalé. Marlowe est stylé, sarcastique, a des punchlines qui tuent et enquête sur de sombres histoires, élégamment complexes.

Après le Grand Sommeil, voici la dame du lac (The lady in the lake, en VO) que j’ai lu deux fois dans les deux traductions différentes. La nouvelle traduction vaut le coup, à part le titre, perso je trouve que « la dame dans le lac », c’est un peu marrant, mais ça ne rend pas très bien.

Marlowe est engagé par Kingsley, patron d’une maison respectable pour enquêter sur la disparition de sa femme, volage et capricieuse. Il se retrouve à enquêter dans une station de montagnes, où il fait la connaissance de l’homme à tout faire de Kingsley, et de l’excellent sheriff Patton, super personnage. Et là, dans le lac, il trouve… Vous saurez bien quoi en lisant le livre.

C’est une histoire cool, avec de bons personnages, une intrigue très tordue, mais qui marche, des rebondissements et Marlowe bien désabusé qui tombe plus souvent qu’à son tour sur des cadavres. Et une nouvelle fois, il est question de contrôler la sexualité des femmes.

De manière amusante, j’ai une petite théorie perso sur la solution du mystère, je ne suis pas d’accord avec celle proposée par le détective qui est quand même assez misogyne, pauvres petits bonshommes torturés par des méchantes femelles… Il y a une autre explication qui marche bien, il faudrait que je ponde un essai dessus.

J’ai réussi à transposer cette histoire pour Cthulhu Confidential, en la déplaçant de L.A. à N.Y.C. (un peu d’adaptation, mais ce n’est pas dur). C’est un très bon roman, très savoureux, qui fera une bonne enquête tordue pour un PJ privé et son amie journaliste.

Le grand sommeil #2 – Raymond Chandler

 

Tiens, je reblogue sur un roman que j’ai déjà chroniqué. Ca ne m’était jamais arrivé, mais il faut un début à tout.

Je l’ai relu pour voir si  on pouvait l’adapter en scénar de jdr 1-1. Je pense que oui, je dirai peut être quelque chose ici si je le fais jouer. L’intrigue est plutôt solide et les personnages bien écrits. 

La relecture, 7 ans après la lecture initiale m’a montré que: 1) à part la scène d’ouverture dans la serre, j’avais oublié beaucoup, ce qui est assez affolant concernant ma mémoire… 2) je n’avais pas compris certains thèmes/personnages. Je reviens là-dessus ci dessous, après la balise spoilers.

Cette relecture était vraiment cool. Le roman est vraiment très dense, pas évident à suivre si on ne fait pas attention. Je trouve la traduction de Vian un peu datée, elle fait naître parfois de drôles d’images. 

Pour ce qui est des personnages féminins, je les trouve cools tous les trois, mais il sont pas mal objectifiés par le regard de gros macho de Marlowe. 

SPOILERS, donc.

Ma relecture de l’histoire me fait me demander comment le tueur est entré dans la maison de Geiger pour faire son affaire à ce dernier. Il y a un jeu dans le récit autour de « qui a les clés ». Le tueur pourrait être passé par la fenêtre, mais j’ai loupé l’information si c’est le cas.

Ou alors, comme je l’ai lu ailleurs, Owen pourrait être innocent et Geiger pourrait avoir été tué par Carmen. Dans ce cas, comment Brody récupère-t-il la photo ? En entrant dans la maison après ? Et Owen, son coup sur la tête ? Pas évident.

Je réalise aussi que deux des personnages, au moins, sont handicapés. Le général, évidemment : le motif principal des secrets maintenus par Vivian et de l’action de Marlowe sont de préserver ce vieil homme  invalide de la peine et de la douleur.

La deuxième est évidemment Carmen, qui souffre d’une forme d’épilepsie et qui est, au moins, neuro-atypique. C’est ce personnage sauvage, lâché dans la nature, qui est le moteur de tous les drames du récit.