Adar – retour à Yirminadingrad

L’éditeur Dystopia workshop lance une opération de financement pour un beau projet, avec lequel j’ai une relation personnelle forte.

Voici déjà le lien du projet. Allez-y voir, ça en vaut la peine.

http://www.dystopia.fr/financement/adar-retour-a-yirminadingrad


Puis, si quelques souvenirs vous intéressent, voici mon implication dans cette affaire.


C’était en 2009 ou en 2010, à la librairie Scylla, que j’ai rencontré en même temps Yirminadingrad et Jacques Mucchielli. Le livre Yama Loka terminus était posé en évidence sur le comptoir, j’en avais lu la critique sur le Cafard Cosmique, je l’ai pris parce qu’un des auteurs était là, que ça donnait l’occasion de bavarder. Jacques et moi avons bien accroché. 

Plus tard, j’ai lu le livre et je l’ai aimé (ma chronique ici). Je me suis retrouvé dans la ville déglinguée des bords de la mer noire, dans le projet chaotique pour la faire vivre par des chroniques, des récits, drôles, tristes, violents, sexuels, bizarres, incohérents, je m’y suis trouvé une maison.

Je me suis aussi retrouvé dans le drôle de processus de création collective, qui me rappelait un peu certains des procédés du jeu de rôle, avec la littérature et sans les clichés. Les auteurs de Yama Loka, et de Bara Yogoï tentaient de répondre à cette question : comment faire, à deux, à trois (avec Stéphane Perger) pour donner naissance à quelque chose d’intéressant ? 


L’année d’après, aux Utopiales, Jacques m’a présenté Léo, ils m’ont proposé de venir à Yirminadingrad à mon tour. J’ai fait le voyage, la route des exilés avec eux, j’ai vu bourgeonner ce qui a longtemps été pour moi le projet 19 dans mes notes personnelles et qui est devenu Tadjélé. (ici, la belle chronique de la revue Frontières)


Dans l’écriture, on se pose beaucoup de questions, on explore, il faut être patient, tranquille, accepter que de nombreuses routes ne mènent nulle part. Yirminadingrad a été pour moi une grande découverte, la possibilité d’autre chose, de quelque chose de juste et de joyeux. La ville et les rêves de la ville ont tout de suite infusé mon travail, comme si cela avait toujours fait partie de mon univers intérieur. L’Anamnèse de Lady Star y contient plusieurs allusions, Petites Morts aussi.

Jacques est mort avant de voir Tadjélé, mais le projet 13 était déjà en route. Dans ce quatrième et dernier livre de la série, les deux créateurs d’origine n’ont écrit aucun texte mais ont invité des amis, des amateurs, à écrire à leur tour – sans attribution des textes – sur la ville de Yirminadingrad. Nous sommes treize à être venus en touristes dans la cité des Yirminites et des Adiniens : Stéphane Beauverger, David Calvo, Alain Damasio, Mélanie Fazi, Vincent Gessler, Sébastien Juillard, Laurent Kloetzer, luvan, Norbert Merjagnan, Jérôme Noirez, Anne-Sylvie Salzman et Maheva Stephan-Bugni. 

J’ai eu le privilège de lire les textes en avant-première et croyez-moi si vous voulez, mais ce n’est pas une antho comme une autre, parce que dès le début elle a été conçue comme un livre complet, les textes étant tous appuyés sur treize images de Stéphane Perger. L’ensemble m’a ému et secoué.

Maintenant, ce livre a beau avoir été écrit, il n’existe pas encore. Le projet des éditions dystopia pour le faire naître est ambitieux, et il a besoin de vous. Tout est expliqué ici. Allez-y voir, pré-commandez le livre si vous le pouvez, vous ne le regretterez pas.

 

 Yirminadingrad vivra !

Les mauvais jours finiront

21

Le Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie débat avec la porte-parole de la Coordination des Écoliers de Sapporo. Il explique que, avec la crise, il est impossible d’engager plus de professeurs mais que son nouveau plan va permettre de reverser dans les classes les enseignants qui se sont arrangés pour faire autre chose que leur métier. 

La jeune fille le coupe. Elle est grande pour son âge, sa peau est pâle et ses yeux ne sont que très peu bridés. Elle porte un uniforme à la jupe raccourcie, des couettes et un maquillage sombre, une provocation hentai qui met le politicien mal à l’aise. Elle dit : « vous êtes un crétin et un izarik. Nous nous fichons de votre réforme, ou du nombre de professeurs. Mais nous ne vous laisserons pas faire à Yirminadingrad ce que vous avez déjà fait à la Balkhyrie ! » Le ministre prend la couleur de la lune, il n’a aucune idée de ce dont parle son interlocutrice. 

Les mauvais jours finiront, in Tadjélé (éditions dystopia workshop)

Réminiscences 2012 en numérique

Réminiscences 2012 raconte les enquêtes de Monsieur K., un homme qui n’est pas vraiment détective privé, ainsi que d’Alex, un garçon qui n’est pas vraiment son assistant. On y trouve des morceaux d’un futur qui n’a jamais été, du rêve et de la mélancolie.

J’avais tenté l’autopublication en numérique début 2012, mais le travail à fournir pour produire un epub de qualité m’avait dépassé. Ce sont finalement les éditions Multivers qui se sont chargées de cette part du boulot, qu’elles en soient remerciées. Comme souvent, cette édition numérique est augmentée par rapport à l’édition papier.

Je vous invite bien sûr à explorer leur catalogue !

Et bien sûr, pour commander le livre, c’est ici !

Voici ci-dessous l’avant-propos, rédigé spécifiquement pour cette édition.

——

C’était le futur.

J’ai
écrit les « histoires de monsieur K. » pour moi-même et pour mes amis
entre 1994 et 1997. En premier, Monsieur
K. sauve le monde
(l’histoire où il échoue), puis …court la poupée, dont le titre montre bien l’influence qu’avait
alors sur moi Léo Malet, puis enfin Dream
On
, car il fallait bien que tout commence. Ces histoires étaient l’auto-fiction
d’un avenir qui n’arriverait jamais (2012 était à plus de quinze ans de là, trop
loin pour jamais advenir), elles sont devenues le portrait d’un garçon qui a
disparu.

J’ai
proposé le recueil à Nicolas Cluzeau en 1998, qui l’a pris pour les éditions
Nestiveqnen. Chrystelle Camus en a dirigé la publication avec une grande
conscience professionnelle, malgré le faible potentiel commercial du recueil.
Le livre a fait une sortie discrète en 2001 sous une couverture pulp de Julien
Delval.

Je
suis très attaché à ces douze récits qui, de tout ce que j’ai publié, m’ont
valu le plus de courriers de lecteurs et de lectrices. D’une certaine façon,
c’est mon livre préféré. Il a été fait sans arrière-pensées, sans expérience,
sans rien savoir. Il dissimule les graines de tout le reste. Jaël s’y trouve,
et le monde corporate de CLEER, et la
femme mystérieuse de l’Anamnèse ainsi
que les Porteurs Lents de l’après cataclysme. De nombreux éléments de ma propre
vie future s’y trouvent également, ce qui laisse rêveur quant au pouvoir des
prophéties…

Je
ne l’ai pas réécrit (malgré la tentation), mais j’y ai ajouté deux récits
supplémentaires, rédigés après la parution du livre : Qu’importe le flacon a été écrit d’après une image de Florence
Magnin pour le très beau livre Terra
Incognita
, porté par Karen Guillorel et Mickaël Ivorra. Dans monsieur K. est en haut, notre héros
s’aventure dans un petit pays alpin où j’ai fini par m’installer. Cette
parution pour les éditions Multivers leur permet d’intégrer le cycle de façon
plus officielle !

Messieurs,
mesdames, bienvenue en 2012 !

Anamnèse de Lady Star

Cette semaine devrait paraître notre nouveau livre, l’Anamnèse de Lady Star. Il s’est formé doucement, par accrétion, discussion, rêverie consciente, plus ou moins organisée. Dès le début nous savions qu’il y aurait une femme, des chasseurs, et le vertige de l’espace et du futur. Plusieurs histoires tressées serrées, un fil tiré d’aujourd’hui et maintenant jusque loin dans l’avenir, un jeu de vérité et de mensonges, des rêves auxquels on peut se fier même quand tout se retourne et s’effondre.

Il lui a fallu du temps pour grandir, nous nous sommes perdus souvent, avons lutté pour maintenir clair le dessin d’ensemble.

Gilles Dumay y a cru tout de suite, s’est battu dans des circonstances difficiles pour qu’il paraisse, merci à lui.

Stéphane Perger a dessiné avec acharnement des visages, des fleurs, des spirales et a tenu bon, merci aussi.

Nous l’avons commencé en mai 2009, maintenant il ne nous appartient plus.

Tracklist :

  1. Kirsten
  2. Hypasie
  3. Marguerite
  4. Nomen Rosae
  5. Giessbach
  6. Norn
  7. La fée bleue

Editions Denoël, collection Lunes d’encre.