Tempo – au Cirque d’Hiver

Comme chaque année ou presque, nous sommes allés assister au spectacle du Cirque d’Hiver Bouglione. Et comme l’an dernier nous avons pris des places au premier rang, parce que pourquoi pas, c’était notre cadeau de Noël.

Le spectacle de cette année s’appelle Tempo, l’affiche dans un style années 20/30 est super belle, Michel Palmer est toujours là. Si un jour j’entrre sur une piste circulaire (ce que je ne ferai sans doute jamais) ce sera pour, comme lui, porter un costume classe, écarter les bras et sourire en disant « place au cirque ! » d’une voix ferme et chaude.

Le clown cette année est Housh Ma Housh, un clown ukrainien qu’on avait déjà vu dans d’autres spectacles. Ses numéros sans paroles sont plutôt marrants, notamment celui où il pique la parole à Michel Palmer, justement. Dans ces specracles, en plus de ses propres numéros, le clown apporte un liant aux différentes pièces et la note de poésie un peu mélancolique qui va avec les spectacles de cirque de nos jours.

Maintenant, la classique petite revue des numéros (et quelques photos prises depuis le bord de piste par votre serviteur).

D’abord, la troupe de ballet des Salto dancers, toujours très bien. (oui, OK, ces jeunes gens sont super beaux – dans le genre hétéro normés musclés)

Puis la troupe Empress fait un numéro de jonglage à quatre sur plusieurs étages (avec les types en kilt et la dame portant une grande grande robe union-jack, WTF, mais ça rend bien). Le numéro est très cool avec de belles images.

Le numéro suivant est de la roue Cyr, un agrès que j’adore voir sur scène, joué ici par Guillaume Juncar. Il est très très bon, le numéro est beau et rythmé, très réussi.
Celui qui suit, le numéro de Sara Nagyhegy est un truc dingue qui met mal à l’aise. La jeune femme fait des figures suspendue à une sangle par les cheveux ! (« une technique ancestrale du cirque chinois », dit Monsieur Loyal.) Ca donne un effet très weird d’un corps qui danse, les quatre membres libres, suspendu dans le ciel. Mais à quel prix ? Au prix de quels efforts, de quel douleur ? (de quelle perte de cheveux ?). Peut-être que cela nous rappelle aussi les efforts moins visibles d’autres artistes, les corps secoués et tordus et poussés pour le spectacle.
En cela, parce qu’il est réellement étrange, le numéro de Sara Nagyhegy est aussi d’une très grande beauté. Le simple fait de le voir, là, juste devant nous, est bouleversant.

Le numéro suivan est la classique pièce de haute école de Regina Bouglione (insérer ici mes regrets de ne pas voir plus de chevaux). Le passage où le cheval danse avec le danseur est très beau;

Asia Perris offre ensuite un numéro d’équilibrisme sur mes mains, très beau. Elle fait dans ce numéro un étrange mouvement : en partant depuis un grand écart, elle se relève en refermant simplement les jambes. C’est si évident et singulier que cela teinte tout le numéro, avec cette fausse impression de facilité qu’offrent souvent les pièces de cirque.

Enfin, Sampion Bouglione fait un très mis en scène numéro de jonglage de balles + claquettes qui marche très bien, notamment dans les moments de silence créés par l’orchestre.

Et le dernier numéro de cette première partie époustouflante est un numéro de roue de la mort d’Andrei Pogorelov, très puissant et très effrayant (notamment quand il saute à la corde perché tout en haut de l’engin infernal). Le genre de moments où on retient son souffle.

La deuxième partie après l’entracte ouvre sur ce numéro des Rokashov, aux barres fixes. La gymnaste n’enlève jamais ses talons hauts, ni pour sauter, ni pour marcher sur les barres. C’est assez classe.

Ensuite Natalia Bouglione fait un joli passage de sangle aérienne (une forme que j’aime beaucoup) avec des effets très surprenants de changement de costume en plein air, comme si un peu de magie transformiste s’était invitée dans le numéro. Avec les éclairges et les effets de fumées, ça en jette.
Enfin, le numéro de Blade 2 Blade est le deuxième grand moment de ce spectacle. Ce couple fait du lancer de couteaux en offrant des twists intéressants. D’abord, en atténuant le côté « violence faites aux femmes » (atténuant – c’est toujours présent quand même, mais moins présent) : la femme entre en scène en tenant un arc avec flèches pour tirer vers le mec.
Elle a aussi un passage où elle loge autour de lui des sortes de carreaux d’arbalète et perce une pomme au-dessus de sa tête.
Enfin, il y a un magnifique passage où il tire vers elle les yeux bandés, avec elle qui guide l’arme vers le ballon qu’elle tient en mains (sur un petit bouclier).
L’avant dernier numéro, celui des Bello Sisters, est un beau numéro de mains à mains, joliment féminisé (puisqu’on n’a pas la division acrobate – légère et porteur – costaud, mais deux porteuses).

Enfin, clôture pompière et tricolore, la brigade de gymnastique des pompiers de Paris. Le numéro fonctionne sur le nombre, le feu, le rouge et les lumières (et un drapeau, à un moment). C’est une des rares pièces qui aurait franchement gagné à être vue de face. En ce sens, j’avais préféré leur intervention lors du spectacle des société des gymnastique à la vaudoise arena, l’hiver dernier.

Le tout donne un très bon spectacle de Bouglione. Classe, lumineux, qui fait rêver et ressentir des sensations fortes. Et toujours un pincement de nostalgie quand les danseuses et danseurs disparaissent au milieu de la piste. 

Vive le cirque !

Spectaculaire – au cirque d’hiver

Nous sommes passés à Paris pour les fêtes et n’avons pu résister à l’envie d’aller voir le dernier spectacle du cirque d’hiver, Spectaculaire. Ce spectacle était à la hauteur des plus récents que nous avions vus au cirque d’hiver : numéros épatants, lumières classes, musique entraînante et la voix de Michel Palmer pour accompagner le tout, voix sans laquelle le cirque d’hiver ne serait pas le cirque d’hiver.

Cette fois-ci, grande nouveauté, nous avions pris des places au premier rang, ce qui ne nous était jamais arrivé, ce qui a deux conséquences, l’une négative, l’autre positive. La positive : c’est extraordinaire de voir le spectacle depuis le bord de piste. La négative :  nous allons devoir payer plus cher les prochaines fois parce que nous voulons absolument revivre ça.

Petite revue des numéros de cette année.

Le spectacle était accompagné comme toujours par la troupe des Salto dancers, de belles danseuses et beaux danseurs aux costumes sexy et chatoyants. Je me demande ce que c’est que d’être membre de cette troupe, au jour le jour. Les conditions de travail sont-elles bonnes ? Est-ce qu’on s’amuse encore, à danser les mêmes pas, les mêmes figures acrobatiques, deux ou trois fois par jour ? Est-ce que le sourire maquillé se crispe ? The show must go on, sans doute. En tous cas, elles sont douées et leur énergie donne le ton au spectacle.

Note annexe : depuis le ras de la piste, j’ai mieux senti la chaleur et l’adhésion du public.

Quand le jongleur David Larible (anneaux, masses, chapeaux) est arrivé sur scène avec son grand sourire et ses accessoires, j’ai eu l’impression que le public n’était pas encore « dedans ».

Après lui, un membre de la famille Bouglione (pas Regina) a présenté un court numéro de chevaux, très simple, avec un grand étalon noir et un tout petit poney. C’était bien, mais comme toujours je regrette le déclin de cette tradition équestre du cirque, Cecci et moi aimons les grands numéros de chevaux.

Les clowns cette année était un groupe pythonesque nommé les mangeurs de lapins. Une bande de trois types bizarres absurdes et ridicules, c’était bien. Ils avaient plusieurs interventions très drôles à travers le spectacle, dont un improbable dressage de varans qui m’a bien fait rigoler.

Puis nous avons vu le numéro de cerceaux de Victoria Bouglione, déjà vu en 2019 avec Défi. Il était bien.

Eliza Kachatryan, une artiste russe, présentait un numéro de danse ballet sur pointes… sur fil de fer. Elle ne souriait pas du tout et s’équilibrait avec un étrange petit éventail. Très fort et impressionnant.

La troupe free fall, de très jeunes hongrois, montrait un beau numéro d’acrobaties où quatre gars lançaient une acrobate, qui faisait des sauts périlleux avant de retomber sur leurs mains, sans agrès, par la simple force des muscles. Très cool.

Le duo sweet darkness, deux françaises, a montré un beau numéro de cerceaux aériens, très intense et bien mis en scène, les deux femmes devenaient des créatures étranges, fortes et sauvages.

La deuxième partie commence par Lusesita et Matteo, un grand porteur et une toute petite acrobate, qui monte en haut d’immenses mats portés sur le front par son partenaire. J’ai adoré.

Natalia et Sampion Bouglione ont montré le beau numéro de sangles aériennes et piano romantique, déjà vu aussi en 2019 (c’est ça, de revenir), mais qui nous a plu également.

Skating Nistorov, le numéro suivant est celui que j’ai le moins aimé : patins à roulette sur petite piste ronde, avec un type qui fait tourner deux belles filles en minijupe autour de lui comme des poupées désarticulées. Je n’ai pas aimé la vibe.

Après cela, Michel Betrian, jongleur virtuose de diabolo, joliment mis en scène, puis un final avec les flying Tabares, un numéro de trapèze volant, qui nous a fait une drôle d’impression parce que vu de tout en dessous, avec les spots dans les yeux et le filet presque juste au-dessus de nos têtes.

Délire – au cirque d’hiver

Lors de notre voyage à Paris cet hiver, nous sommes allés voir Délire le dernier spectacle du cirque d’hiver Bouglione. Comme les lectrices et lecteurs de ce blog le savent, je suis amateur de cirque, nouveau cirque, cirque à l’ancienne, etc.

Là, on est dans le classique. Monsieur Loyal a cette voix particulière de forain classieux (Michel Palmer, j’ai l’impression que c’est lui qui anime le spectacle d’aussi loin que je m’en souviens), il y a des lumières partout, de la musique live, des numéros de haut niveau avec de beaux corps faisant des trucs extraordinaires qu’on admire le souffle coupé.

Le cirque d’hiver, c’est classe et on en prendra plein les mirettes. On peut y emmener les petits enfants, les grands enfants et les grands-parents – on a testé pour vous.

Délire est au niveau habituel de ce que propose la maison, c’est-à-dire un bon spectacle, avec des numéros solides et quelques moments merveilleux.

Petite revue, numéro par numéro.

Salto, ballet acrobatique

Knie et Bouglione commencent et finissent toujours leur spectacle avec ces groupes de beaux jeunes gens en habits scintillants qui encadrent toujours l’ensemble des numéros, donnant une impression d’abondance et de richesse visuelle.

Regina Bouglione, haute école.

Peut-être ma principale déception. Non pas tellement par le numéro en lui-même, mais par le fait qu’on n’a pas vu plus de chevaux. La piste de sable ronde et les chevaux, c’est ce qui distingue pour moi le cirque du music-hall. J’étais heureux de voir un beau cheval et une cavalière douée, mais il m’a manqué des numéros équestres plus impressionnants.

Glen Folco, jongleur

Beau numéro, visuel, classique. L’objet de jonglage (des raquettes) permettait j’ai l’impression des effets de suspension aérienne très chouettes, ce moment où vous avez l’impression que l’objet « reste » en l’air, tant il est remplacé rapidement par son successeur.

Rolling wheel, roue allemande

Numéro solide avec un coupe homme/femme façon couv d’album de hard-rock des années 80. De manière curieuse, j’en ai aimé les flottements, ces moments où le saut ou bien l’équilibre ne sont pas parfaitement réalisés, qui trahissent la difficulté du truc derrière la frime musclée de façade. 

Matute, clown

Les clowns font partie des numéros qui doivent le plus se réinventer avec l’époque (personal opinion). Celui-ci était très chouette, avec tout ses délires bruités à la bouche pour souligner tous ses gestes. C’était simple, enfantin, parfois très absurde (et l’absurde me fait rire).

Scott et Muriel, magie

Là, c’était vraiment dingue. Le premier numéro, surtout, de la grande illusion, avec des corps qui tombent en morceaux, apparaissent et disparaissent, jouent avec les attentes du spectateur. Le tout en mode super rigolo. J’étais complètement scié et émerveillé. Un numéro de grande classe, qui justifie presque le spectacle à lui tout seul.

Cassie Audiffrin, acrobaties aériennes

Les beaux numéros aériens, ceux où les artistes volent et tournent autour de la piste accrochés à des rubans ou des sangles me touchent toujours beaucoup. Celui-ci, basé sur un objet inhabituel, m’a beaucoup ému par sa beauté et sa poésie. Mon préféré, avec le numéro de magie. 

Three G, acrobaties au sol

Trois jeunes femmes ukrainiennes, dans un numéro de portés acrobatiques. Dans ce genre de numéro, les porteurs sont le plus souvent des hommes. Ici, le numéro, très bon, est entièrement féminin. Outre le fait d’admirer des artistes très douées, voir le spectacle faisait un écho en creux assez bizarre avec la guerre : pas d’hommes – parce qu’ils sont mobilisés ? Je sais que ce n’est sans doute pas vrai, mais la résonnance était étrange.

Professeur Ermakov, petits animaux

Bon, les numéros avec des petits bêtes ça n’a jamais été mon truc. Toujours pas, même si celui-ci est de qualité.

Nino Rodrigues, équilibre

Numéro classique de beau gars (très, très) musclé prenant des poses gainées en équilibre en hauteur sur les mains.

Artur et Esmira, sangles aériennes

Couple aérien, volant, dans un numéro de qualité, mais que j’ai trouvé en comparaison moins gracieux que celui de Cassie Audiffrin. 

Miami Flow, bascule et barre russe

Tout spectacle de ce type doit comprendre un numéro aérien qui fait faire « waow », avec roulements de tambour et triple saut périlleux. C’est le groupe Miami Flow, de très bon niveau, qui remplit cette exigence. A la bascule en première partie, et dans un super numéro de barre russe (une sorte de poutre souple) dans la deuxième partie. L’ensemble est top, avec des artistes magnifiques, un niveau de maîtrise impressionnant et des roulements de tambour qui envoient. Un très bon numéro de conclusion de spectacle.

Défi – au cirque d’hiver Bouglione

Bouglione partage avec Knie le fait d’offrir du cirque traditionnel, à grand spectacle, avec des artistes internationaux, des animaux et des jolies danseuses (qui proviennent d’ailleurs de la même troupe, les Ukrainiens et Ukrainiennes de Bingo). Le spectacle de cette année, Défi, fonctionne très bien et nous a beaucoup plu, malgré des numéros qui n’étaient pas tous d’un immense interêt. Si le spectacle tient, dans ce cas, c’est grâce à la troupe de clowns des Without socks, un trio de clowns muets russes, ambiance cinéma burlesque 1900. Ces trois là ont rythmé l’ensemble du spectacle avec deux numéros principaux (la photo du chasseur et la scène magique qui fait danser) et une poignée de gags qui ont donné une teinte gaie et mélancolique à la représentation. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu de clowns aussi bons (Knie peine à en trouver et ceux de Bouglione de l’an passé, s’ils étaient amusants, ne fonctionnaient pas aussi bien que ces Without socks). 

 

 

 

Le cirque d’hiver profite aussi de sa salle exceptionnelle, à l’atmosphère unique, de son orchestre énergique et son monsieur loyal on ne peut plus classique, qui nous convainc à chaque fois que nous nous trouvons dans un lieu et à un moment exceptionnel.

 

Faisons un petit retour, numéro par numéro.

Après une intro énergique et dansée des artistes de Bingo (que j’admire beaucoup, et dont semblent faire partie les trois femmes du trip cappuccino et Artur Dudov), on commence par un numéro de chameaux de Régina Bouglione, à l’intérêt très limité (je me souviens en avoir eu un bien plus beau chez Knie voici quelques années). Les bêtes tournent paresseusement et amusent par leur balancement. 

 

 

Victoria Bouglione présente ensuite un numéro de cerceaux, avec quelques très beaux passages: cerceau « immobile » en l’air, ou bien Hula-hop avec des dizaines de cerceaux) et quelques beaux effets de clignotements numériques sur des cerceaux illuminés par des leds. Je suis moins convaincu par le côté sexy du numéro. 

 

 

Nuit blanche offrait un très beau spectacle ambiance pierrots de la butte Montmartre avec un couple au monocycle jonglant avec les sphères blanches des réverbères. De beaux gestes et une grande poésie. 

 

 

Je pense que nous avions déjà vu le numéro d’avion radiocommandé de Daniel Golla (mes archives disent que oui, en 2014). Je ne suis pas trop amateur de ces numéros « de drones » mais celui-ci ne manque pas de charme.

Le trio féminin cappuccino (une blonde, une rousse, une noire) présentait un numéro de portés et de main à main techniquement très réussi, mêlant souplesses et mouvements en force, au côté sexy très assumé, avec déhanchements suggestifs, fesses et seins mis en avant dans un vrai défi au bon goût. C’était à la fois intéressant (je crois que je voyais pour la première fois ces numéros « de force » exécutés par des femmes) et embarrassant.

Lancé par les Without socks, le clown allemand Konstantin nous raconte l’histoire d’un petit gros buveur de bière, salaryman années cinquante, qui veut perdre du ventre et termine enfermé dans une variante de la roue cyr. Superbe. 

 

 Puis, avant l’entracte, le numéro le plus WTF de la soirée, en concurrence serrée avec son petit frère du deuxième acte, Evgeny Komisarenko avec ses chiens blancs. On dépasse là le n’importe quoi usuel des numéros de petits animaux mignons pour atteindre une forme de monde parallèle absurde où sept chiens de taille décroissante se dandinent à la queue-leu-leu sur deux pattes. 

 

 

Au deuxième acte, Artur Dudov fait une jolie démonstration de mât chinois, une de mes disciplines préférées. 

 

 

Puis Asel Saralaeva (une belle Kirghize) tente de nous convaincre qu’on peut faire des numéros de cirque avec des chats. Echec, selon moi. Les chiens ridicules semblent au moins capable de se concentrer plus de quinze secondes. Le chats, eux, entrent en scène, font un petit tour et ressortent, ping, pour être remplacés par le suivant qui voudra bien montrer des trucs qu’à peu près n’importe quel chat domestique démontrera un jour où il ne se sentira pas trop feignant. Deuxième moment WTF de la soirée. 

 

 

Natalia et Sampion montent ensuite un numéro original de ruban aériens avec piano. C’est de l’amour romantique de cirque, à la fin les amants s’envolent et s’enlacent dans les airs, avec quelques très belles images magiques. 

 

 

En avant-dernier, le duo AA, portés et main à main de deux super costauds épais comme je suis large. Impressionnant et très bien fait, mais sans réussir à dégager la poésie du numéro du même style que nous avions vu chez Knie. 

 

 

Enfin, en conclusion, un superbe numéro de roue de la mort du Duo Shock, qui fait très très peur.

Je suis frappé en relisant cet article de voir que ce spectacle m’a paru bon alors que le niveau et l’intérêt des numéros était très inégal. Construire un spectacle de cirque qui forme un tout, capture le spectateur pour ne plus le lâcher est un art difficile, et un défi réussi cette année au cirque d’hiver. On essaiera d’aller voir le spectacle l’an prochain ! 

 

 

Campana – Cirque Trottola à Vidy

On ne va plus tellement à Vidy pour plein de raisons, entre leur programmation bofbof (nos deux dernières sorties y étaient très moyennes, l’une d’elles chroniquée ici fut un franc désastre) et notre rythme de vie.

Campana, c’est un spectacle de cirque, avec deux artistes sur scène pendant deux heures. C’est du nouveau cirque, narratif, qui casse un peu les oreilles et griffe parfois les yeux. J’ai eu un peu de mal au début quand la musique déglingue a commencé et que les personnages sont arrivés en braillant, puis, peu à peu on accroche, on se prend aux jeux multiples montés par ces deux artistes, le grand Bonaventure et la petite Titoune. Jeux de lancers, jeux de portés, acrobaties sur une échelle, trapèze volant juste au-dessus des spectateurs en costume de chat… Jeux de clowns cruels, jusqu’à la compréhension progressive de ce qui se joue dans le spectacle, de l’endroit d’où sortent les personnages, de ce qu’ils fabriquent

Contrairement à Knie, on verra un éléphant, un géant barbu poursuivant le temps, un clodo qui s’en prend à un plus petit que lui (tout petit Rififi)… 

Ce Campana est tout le contraire de ce que je disais dans mon billet sur Knie il y a quelques semaines. Pas de corps scintillants, pas de voyeurisme, pas non plus le frisson et la peur du danger (même si les exploits sont là). Campana montre un cirque plus prolétaire, dont les personnages travaillent, manient le balais, les outils et même les grandes forges.

Les images produites sont magnifiques, encore amplifiées par le petit chapiteau. Je n’en ai pas trouvées beaucoup sur le réseau, car une partie de la grâce du spectacle repose sur la surprise et l’émerveillement.

Si ce très beau spectacle passe par chez vous, foncez le voir !

(leur tournée, ici)

Photos Cirque Trottola Campana 2018 (c) Philippe Laurençon

Knie 2019 – Le centenaire

Le « cirque national suisse » Knie (mais au fait, qui lui a décerné ce titre ?) fête ses cent ans en fanfare avec un très beau spectacle que nous sommes allés voir dans un chapiteau plein.

Commençons par évacuer ce qui ne nous a pas plu : les laborieux sketches de Kucholl et Veillon, humoristes de l’étape pour la partie romande de la tournée. Si le tout premier sketch n’était pas mal (les deux Suisses-Allemands apprenant au public à être « de qualité »), les suivants (le policier, puis l’assisté social) servaient la soupe aux bourgeois (majoritaires dans le public, vu le prix des places) et participaient surtout à construire ce déplaisant sentiment identitaire « on est bien entre nous » des Romands, et ce malgré quelques idées qui auraient mérité mieux.

J’ai pour ma part plutôt aimé les numéros de clowns, notamment celui du « dressage d’enfants » de Davis Vassalo et Francesco Fratellini, dont j’ai aimé le côté (gentiment) méchant. Cecci y a vu une pique contre les défenseurs des animaux et la réduction des numéros de dressage, c’est peut-être vrai et nos enfants ne l’ont pas aimé.

Pour le reste, cent ans oblige, ça dégoulinait d’hommage à la famille, photos en noir et blanc, tradition nationale, « on n’a plus le droit de montrer nos éléphants », « nous sommes votre cirque », costumes en rouge et blanc (et je ne pense pas que c’étaient les couleurs de la Pologne). Mais là où, dans le même registre, j’avais trouvé Gruss carrément rance, ça passait ici quand même, grâce à une mise en scène magnifique et des numéros de très haut niveau.

Le chapiteau sans piliers (il est suspendu à deux arches immenses) et les jeux de lumières étaient splendides, d’un niveau que je n’avais jamais vu.

La troupe de danseurs acrobates Bingo, qui fait l’ouverture du spectacle depuis des années, avec toujours la même efficacité énerigue.

Passons en revue les numéros (dans le désordre), en commençant par ceux de la famille Knie/Errani. Comme toujours, ils se sont chargés des numéros d’animaux : tout d’abord un beau numéro d’oiseaux (des perroquets) jouant sur les couleurs.Puis, et surtout, les numéros de chevaux. Celui de la toute jeune Chanel Knie, avec des poneys montés par des poupées, m’a procuré une impression de weird intéressante et sans doute pas voulue – les filles ne l’ont pas aimé, je les comprends, on aurait dit un essai de magie dans l’univers d’Unknown Armies.

La double poste hongroise d’Ivan Knie et Wioris Errani était splendide (superbes chevaux et beaux écuyers) mais le clou était le numéro de carousel de la première partie, avec trente chevaux sur la piste, qui m’a bouleversé comme rarement, un de mes plus beaux moments de cirque. C’est pour ces quelques secondes grâce, où les chevaux, l’écuyer, les lumières produisent des images merveilleuses que j’aime aller au cirque.

Toujours dans le registre « familial » Knie, nous avons eu droit en premier numéro aux fratelli Errani, qui ont présenté un beau numéro, d’icarisme. Une valeur sûre de Knie, par des artistes dont les numéros dégagent toujours une vraie joie.

Cette année, le spectacle était accompagnée d’une chanteuse (dont je ne connais pas le nom) façon diva pop qui assurait le numéro d’entrée, accompagnée par la troupe Bingo, donnant un ton romantique et classe à la représentation.

Les artistes invités étaient, plus encore que d’habitude, d’excellent niveau.

Anastasia Makeeva a donné un numéro d’acrobaties aériennes parfois effrayant, le seul qui m’ait fait vraiment peur, avec une suspension en grand écart entre deux rubans, à plus de sept mètres du sol. Brrr !

Une réflexion en passant : le cirque repose toujours sur l’exhibition et la mise en jeu de corps extraordinaires. Corps des chevaux, des bêtes, des hommes et des femmes. Des monstres, des corps parfois choquants dans leur étrangeté (contorsionnistes ou jongleurs, voir Klee plus bas) ou sexualisés car souvent dénudés, couverts de paillettes ou de lumière. Il y a une ligne délicate entre l’émerveillement et le voyeurisme, rendant certains spectacles de cirque assez sexistes, ce qui n’était plutôt pas le cas du spectacle de Knie cette année.

Nous avions déjà vu la troupe Sokolov il y a quelques années. Elle a repris le même type de numéro (en clôture du show) de bascule acrobatique avec échasses. De la bascule acrobatique avec échasses (vous pouvez souligner tous les mots), c’est une combinaison de malades, à apprécier avec roulements de tambours, pirouettes aériennes folles (avec échasses) et tonnerre d’applaudissements. 

Le jongleur-danseur ukrainien Viktor Kee a créé un personnage extraordinaire, une silhouette extra-terrestre (son costume était différent, meilleur que celui de la photo ci-dessus). La mise en scène lumières de son show était magnifiques, avec une pluie d’étoiles projetées sur son corps et autour de lui, donnant l’impression d’un personnage irréel et transparent. Il a commencé par danser avec une boule lumineuse (ondulations et jeux d’immobilités) avant de recevoir du ciel ses balles de jonglage, de une à cinq. Un numéro de très grande classe.

Golden dreams est un duo italo-espagnol (nous les avions déjà vus aussi, l’an dernier je crois) qui présente le numéro qui pourrait être le plus bad-taste du monde. Un type sculptural façon gladiateur de film des années 70. Une femme musclée genre body building. Les deux sont peints en or et paillettes et font un numéro sur musique du style Hans Zimmer pour Gladiator. Et c’est super bien, notamment parce qu’ils savent jouer du côté statue antique, posée. Ces deux là font du tissu aérien au ralenti, ce qui nécessite une force et une maîtrise particulières. Et c’est très beau.

Ces deux costauds roumains forment le duo Ballance et mon numéro favori du spectacle de cette année. C’est un numéro de portés (j’explique simplement : le costaud 1 – 90 kilos au moins est porté par le costaud 2 – 100 kilos de muscles pendant tout le numéro). N’allez pas regarder la vidéo qu’on trouve sur youtube (le cirque ne rend rien en vidéo, on perd toute la beauté, ne reste que des images crues et froides), croyez-moi simplement : voir ces deux hommes, l’un portant l’autre, bouger avec force et lenteur dans des rayons de lumière bleue, m’a procuré une immense émotion.

Le spectacle de cette année était une grande réussite, dans le registre de cirque de Knie, je le recommande vivement. 

Merci au service média du cirque pour les photos.

Extra – au cirque d’hiver

Une expérience intéressante, cette année : aller voir un spectacle de cirque en début de saison. Bouglione fonctionne un peu comme Knie : une troupe permanente réduite (monsieur loyal, les écuyers, les danseuses, l’orchestre live, ouvreuses et garçons de piste), des artistes internationaux de très haut niveau pour un spectacle qui tient ou ne tient pas ensemble. Celui de cette année était réussi, avec une belle unité et ce côté scintillant et plein de lumière (quels éclairages !) qui fait le charme du cirque d’hiver.

Un petit retour rapide sur les numéros:

Au début, un numéro de cavalerie complètement raté de Joseph Bouglione. Début de saison je disais, chevaux un peu en bazar… Curieusement ça a rendu le moment très touchant, montrant une relation tranquille entre dresseur et animaux. Aussi parce que je considère que se louper et réessayer fait partie du cirque : l’exploit n’est pas véritable s’il n’est pas accompagné de quelques échecs.

Un numéro de clowns acrobatiques, les wolf brothers, plein de bonnes idées mais mal calé (encore le début de saison ?). Je serais curieux de le revoir dans six mois.

Steve et Ryan, des clowns burlesques ambiance film burlesque: plutôt crétin, mais on a ri de bon cœur.

Ty Tojo, un jeune jongleur japonais qui jongle avec sept balles dans son dos (Ooooh !).

Le duo Golden dreams, qui représente tout ce que le cirque peut avoir de plus kitsch : un grand costaux musculeux, une grande costaude musculeuse en string cotte de mailles (si !), les deux avec la peau couverte d’or… dans une mise en scène péplumissime d’un numéro de tissu aérien au ralenti : c’était magnifique ! C’était très incongru et très beau.

Trapèze aérien les Flying Mendoças : belle exécution technique, belles filles et beaux gars, j’ai trouvé toutefois que la machinerie déployée gâchait un peu le rythme du numéro.

Duo Frénésie, au mât chinois : beau numéro d’un point de vue esthétique et technique (et j’adore cette discipline), mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être pleinement convaincu.

Chloé Gardiol aux cerveaux aériens, encore une très belle discipline et un beau numéro, sobre et réussi.

Régina Bouglione dans un numéro de colombes : ce n’est pas ma tasse de thé, mais les beaux oiseaux blancs rendaient bien dans la lumière et il y avait de belles images. Les enfants ont adoré l’intervention du petit chien touffu tout blanc.

Andrey Romanovsky, dans un numéro de contorsions ambiance tuyau de poêle : magnifique, dans les images et l’ambiance belle époque. 

Liviu Tudor offre un numéro d’assiettes en équilibre avec petit chien débile que j’ai adoré, mêlant le suspense des objets suspendus à l’imprévu de l’interaction avec la bestiole. Incroyable.

En conclusion, à la grande joie de Rosa et Marguerite, un numéro d’éléphants, animé par… les éléphants de Knie ! (puisqu’ils ne peuvent plus se produire en Suisse)

Je trouve toujours ces numéros très étranges, qui ajoutent au côté artificiel et lamé or du cirque la grosse peau, les poils et les formes grotesques des pachydermes. Le numéro cette fois m’a frappé par une image, celle de la bête arrêtée en position de marche suspendue au-dessus des trois jolies filles allongées sur le sol.

Une très bonne année chez Bouglione, nous étions émus en quittant la salle. Si vous voulez du scintillant et de l’épatant, allez-y !

Merci au cirque Bouglione pour la sélection de photos illustrant cet article.

Knie 2018

Petite année chez Knie en 2018, malgré le titre ronflant du spectacle (Formidable). La recette est toujours la même : numéros familiaux avec chevaux, jolies danseuses (et danseurs) énergiques et numéros internationaux de grande classe.

Voyons les points positifs : on a vu un contorsionniste dément (et terrifiant) : Alexandr Batuev, qui fait des trucs avec ses jambes, ses bras, son corps, tout en étant vêtu en veste et pantalon droit, qui lui donne l’air plus raide. 

Les Fratelli Errani ont recommencé à faire du trampoline (avec les acrobates du Spicy Circus): le résultat dépote tout autant que le numéro de l’an dernier. Trampolines sur la longueur, sauts hallucinants, là aussi la grande classe.

Le couple canadien 2-zen-O a monté un numéro de force en aérien avec un double cerceau, qui rendait très bien mais que je n’aurais pas mis en conclusion.

Enfin, une troupe d’acrobates féminines russes, la troupe Shokov, a montré qu’on pouvait faire des sauts périlleux en jupe longue dans un numéro de balancelles très joliment mis en scène. A les regarder, j’ai ressenti ce sentiment de grande étrangeté surnaturelle qui ne me touche que sur certains numéros est qui est la drogue la plus forte que le cirque me procure. Rien que pour les numéros sus-nommés, cela vaut le coup d’aller voir le spectacle.

J’ajoute à la liste le clown Coperlin, dans un registre de faux numéro de magicien de Las Vegas, dont les tours vraiment très bêtes m’ont bien fait rire.

Les numéros de chevaux et d’animaux, spécialités de la famille Knie, étaient cette année propres et bien montés, agréables à voir mais pas mémorables, à l’exception d’un drôle de tour de corde à sauter à cheval, avec un très beau grand cheval noir.

Du côté des ratés, le numéro cerceau-aérien-piscine de Laura Miller était vraiment du too much n’importe quoi. Ca ne ressemblait à rien. On voyait la tentative, l’idée, mais c’est une idée qui aurait dû être abandonnée.

La seule belle image de ce numéro. On dirait que numéro a été monté uniquement pour la photo.

Côté: ça aurait pu marcher, mais… le numéro en hommage aux éléphants interdits de représentation, sur fond de Dream On, d’Aerosmith, avec les dresseurs en numéro suspendu minimal entouré d’une nuée de drones à led. Alors oui, c’était joli et techniquement impec, mais les robots ne me procurent aucune émotion, sinon un sentiment de peur. L’impression de voir sous le chapiteau des mouvements modélisés d’abord en image de synthèse me paraît tout le contraire de ce que j’attends d’un spectacle de cirque. Et le discours était trop flou (« vous nous avez interdit les éléphants, vous aurez des robots » ?)

Enfin, quelle idée de structurer le spectacle autour de Marie-Thérèse Porchet. Je n’accroche pas du tout à ce personnage vulgaire, criard et ringard, qui fut peut être drôle il y a dix ans mais que j’ai trouvé là très pénible. Résultat de tout ça, si les numéros individuels (à quelques exceptions près) restent de très haute tenue, le spectacle en lui-même ne prend pas. Pas d’univers, pas de lien, pas d’émotion teintant l’ensemble de la représentation. J’ai quand même envie d’aller voir le spectacle l’année prochaine !

Photos (c) presse Knie, merci à eux

Exploit – Bouglione

On pourrait croire à la lecture de ce blog que nos sorties circassiennes se limitent à Knie et à Starlight, mais nous sommes également des amateurs des spectacles du cirque Bouglione, à Paris. Bouglione joue (en hiver, du moins) dans la magnifique salle « en dur » du cirque d’hiver, sorte de meringue 1850 pleine de fauteuils rouges et de lumières scintillantes. Leur programmation est dans un registre de cirque traditionnel international. Clowns, animaux, acrobates, avec des artistes invités venus du monde entier. Tout comme pour Knie, la qualité du spectacle dépend autant des artistes que de la capacité à tout faire tenir ensemble, ce qui tient à des règles subtiles que je ne saurais pas expliciter. Alors, à ce registre que vaut Exploit, leur spectacle 2017 ?

Il est excellent.

Des danseuses, des fauves, un jongleur, des clowns, monsieur Loyal et monsieur Caroli, un orchestre très en forme, des numéros qui font faire oooooh ! et waow !, un bon rythme et une fin un peu mélancolique, tout ce qui fait un grand spectacle de cirque !

Ce qui est assez rare, je suis capable de citer presque tous les numéros de mémoire : du dressage de fauves avec un tigre qui fait des bonds impressionnants. Un numéro de main à mains de deux acrobates espagnoles. Du mât chinois aérien (étrange, oui), très technique et fluide. Un incroyable numéro de clown acrobate de Max Weldy, à base de plongeoir et de trampoline. Une femme-canon (au sens propre). De la voltige équestre hongroise, des petizanimaux mignons pour les petizenfants, un peu de haute école, du jonglage au diabolo très bien mis en scène avec effets de lumières incroyable, un numéro d’équilibre sur les mains hallucinant d’Encho Keryazov, dont la silhouette d’hercule est fascinante, et, en finale, les Navas, un duo pratiquant la roue de la mort. Nous connaissions déjà la plupart des numéros de clown de Rob Torres, mais il était très agréable de voir comment il réutilisait et remixait certains éléments, et nous avons eu du plaisir à le revoir.

A l’exception du travail de Max Weldy (exceptionnel), nous avions déjà vu ce genre de numéros ici ou là, mais le niveau général, la qualité de mise en scène et d’exécution emportait tout. On vient au cirque voir des corps (humains, animaux) accomplir des exploits avec le sourire. Nous avons été gâtés.

Knie 2017

Voici mon billet marronnier : le froid arrive sur la Suisse romande, c’est le temps de la foire aux livres et des 24 heures de lecture à Romainmôtier et celui des premières soupes à la courge, et le moment où le cirque Knie passe dans la région. Chapiteau géant, affiches partout, caravane de dizaines de camions, transportant des centaines de personnes et d’animaux, Knie est comme une vague de paillettes et de spots colorés traversant la Suisse sur un trajet comme un manège, durant toute l’année et passant près de chez vous toujours vers la même période, une sorte de phénomène naturel, inévitable.

Nous sommes allés voir le spectacle, Waow, Rosa, Marguerite et moi et avons passé un très bon moment, avec les belles danseuses-acrobates de la troupe Bingo, le clown Housh-ma-Housh, le comique Cesar Dias avec son joli personnage de séducteur gominé et une scène de chanson déglinguée très marrante. Comme c’était Knie, il y avait de très beaux chevaux, une petite fille en scène avec un poney tellement mignon, un numéro d’enfants avec des chèvres que les filles ont adoré (je ne suis pas trop preneur de ces fantaisies fermières), une mise en scène de leurs chameaux de Gobi, mais aussi un tout jeune homme dans un très beau numéro de poste hongroise, avec deux chevaux noirs et dix chevaux blancs, qui a été un des clous du spectacle. Pour le reste, c’était du très bon niveau, mais du classique : Michael Ferreri sur un numéro virtuose de jonglage avec de petites balles blanches  , un duo sur patins à roulettes tournoyant sur une plate-forme à trois mètres du sol (flippant…), deux numéros d’aériens assez kitsch : Jason Brügger en néo-Icare tout de blanc vêtu, et, dans une mise en scène bateau de très belles figures de sangles aérienne en couple par Valeriy Sychev et Ekaterina Stepanova. Jusque là on est dans du cirque international très classique, très technique, bien exécuté (waow !) mais sans aspérités particulières, ni dans le mauvais goût, ni dans l’émotion.

Deux numéros sont selon moi vraiment sortis du lot : celui de trampoline des frères Errani, par son énergie, sa musique, son rythme et la capacité de ces artistes de se renouveler tout le temps (ils font partie des permanents de Knie). Ce numéro de frimeurs ritals souriants et bondissants était très classique, mais réalisé avec joie et amour, et le trampoline est un agrès qui permet des effets circassiens très étranges de suspension aérienne (j’ai une hypothèse intérieure, mal formulée, qui dit que la beauté du cirque tient à des immobilités étranges dans des formes sans cesse en mouvement – comme les balles du jongleurs qui paraissent suspendues dans la lumière des spots quand le mouvement devient régulier).

Le plus grand waow du spectacle, c’est la troupe Xinjiang, dans un numéro de pyramides humaines ahurissant, et surtout, dans une improbable composition graphique et physique à base de lassos, un très grand moment de cirque.