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Je finis de lire Itinéraires nocturnes, de Tim Powers, et je recherche une manière juste d’en parler quand je tombe soudain sur ce billet.

Voici exactement ce que j’aurais pu dire (merci Philippe !).

[Tim Powers écrit] un fantastique proposant un léger décalage de la réalité, comme celui provoqué par des lunettes mal ajustées. Les fantômes ne sont pas des draps blancs agitant des chaînes ou des zombies suceurs de cerveaux, mais des souvenirs évanescents, un téléphone débranché qui sonne dans une pièce vide… La nostalgie, le regret, les remords, sont leurs motivations : nostalgie du jardin en friche où l’on jouait enfant, regrets des choses jamais dites, remords des fautes et des crimes. C’est d’ailleurs dans la contrition et le pardon que l’on retrouve les racines chrétiennes de l’auteur, très explicitement mises en scène.

Tout comme mes voisins, j’aime beaucoup l’oeuvre de Tim Powers. J’avais d’ailleurs beaucoup apprécié de renouer avec ses romans en lisant A deux pas du néant.

La boussole d’or – Chris Weitz

Le pendu et Cecci ont vu : la boussole d’or

Dans ce film adapté d’une saga de fantasy pour la jeunesse, on trouve : une école anglaise stricte, une jeune fille audacieuse, des gitans des mers, un dirigeable, Nicole Kidman dans des robes étonnantes, des ours polaires en armure en 3D (malheureusement), des animaux qui parlent (ouh la la la, bien trop), des méchants ecclésiastiques, des combats où le gentil commence par perdre mais en fait il gagne à la fin, un thruth-o-meter, des Concepts avec des Majuscules.

Cecci a dit : on dirait un monde créé par un organisateur de GN qui voulait faire plaisir à tout le monde. On peut dire que ça ne nous a pas trop intéressés.

Paprika – Satoshi Kon

Revu hier cet excellent film vu il y a cinq ans au cinéma. Aperçu beaucoup de citations manquées lors du premier visionnage (notamment la scène de Bons baisers de Russie). C’est toujours aussi intelligent, toujours aussi bien. Ce que j’avais dit dans mon billet de l’époque reste valable.

La modernité urbaine, la poésie dans les détails, les rêves dont on ne parvient pas à se sortir, les réseaux connectés à la psyché, une légèreté pop, les fantasmes qui nous habitent, la grâce, la joie, la mort. Mon monde.

Relisez aussi l’ancienne chronique d’Olivier Paquet. Cette histoire a quelque chose d’énergique et joyeux. Je pleure la mort de Satoshi Kon.

L’Affaire de l’esclave Furcy – Mohammed Aïssaoui

Je me suis fait offrir ce livre, lu avec une grande curiosité. Il y est question de Furcy, esclave d’origine Indienne à l’Ile Bourbon (la Réunion) au début du XIXème siècle. L’homme (qui n’a pas de nom de famille, comme tout bon esclave) découvre que son esclavage est indu : sa mère était libre, il est donc né libre. Il intente donc un procès à son propriétaire pour se voir reconnaître officiellement libre. 

Furcy

Mohammed Aïssaoui raconte ce procès, de 1817 à 1843, les pressions des esclavagistes, la volonté opiniâtre d’un homme qui ne veut pas renverser l’esclavage mais juste voir reconnaître ses droits.

Deux choses fascinantes dans ce récit : les extraits de textes d’époque, notamment les petites annonces de ventes d’esclaves ou les documents d’héritage. Liste de meubles, argenterie, esclaves. J’aurais dû le savoir, ça fait mal de le lire… L’autre chose, l’idée la plus importante : il n’y a pas presque d’archives sur Furcy. S’il n’avait pas intenté ce procès, si personne ne s’était penché sur son cas, personne n’aurait jamais rien su de son existence. Il n’y a pas de documents, juste le silence… Le livre contient un très beau passage sur l’importance des papiers pour les personnes illettrées. C’est grâce aux papiers conservés par sa mère que Furcy mènera son combat.

Pour le reste, l’auteur n’est pas historien mais romancier. Comme il l’explique par de fastidieuses digressions, il a voulu combler par la fiction les trous des archives… Mais autant les textes d’époques sont frappants, autant les passages de fiction sont faiblards, écrits sans grande inspiration et surtout sans audace. Comme si le romancier, pour dire la vérité des êtres et des choses, devait coller à ce que nous savons des faits…

En bref, un bon sujet, de bonnes intentions, mais pas un bon livre.

La romance de Ténébreuse, sur le blog d’Urgonthe

Je signale un très bon post sur le très bon blog d’Urgonthe, synthèse de lecture de l’ensemble de la romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley.

J’ai été un grand fan de cette série quand j’avais 17 ans, j’y ai découvert des personnages féministes, des personnages homosexuels, des brutes, des psykers, des écossais… Je crois bien avoir lu tous les livres recensés par Urgonthe et je n’en ai plus qu’un souvenir très flou. Je songe une fois tous les cinq ans à faire jouer des histoires dans cet univers de science-fantasy et je me demande si un background de jeu a déjà été publié (quelqu’un sait ?). Les lecteurs attentifs (très attentifs) auront noté qu’on voit des hommes-chats dans le Royaume Blessé. La lecture de ce post m’a rappelé d’où, à la base, ils venaient.

Je ne me sens pas tenté par une relecture. Mais ce sont de bons souvenirs… Merci Urgonthe !

La machine à explorer l’espace – Christopher Priest

Dans la très intéressante interview qu’il accord à Thomas Day dans Bifrost numéro 41, Christopher Priest dit qu’il lui a fallu plusieurs romans avant de trouver ses thèmes, son écriture, avant de découvrir l’écrivain qu’il est maintenant. Thomas Day propose Futur Intérieur comme premier roman du véritable Priest, lui dit (je crois) qu’il s’agit plutôt de la fontaine pétrifiante.

Ce n’est sans doute pas la machine à explorer l’espace.

Ce dernier est une variation amusante et pré-steampunk (il date de 1970…) sur deux romans de Wells : la machine à explorer le temps et la guerre des mondes. Si l’idée de départ est sympathique, j’attendais de Priest un peu plus qu’un pastiche laborieux de romance scientifique victorienne. Hommage fidèle, le roman colle à Wells jusque dans ses défauts: narration pauvre et personnages inconsistants. De plus, une fois compris que Priest ne dévierait pas de la ligne narrative wellsienne, la fin ne cause aucune surprise. Bref, une lecture amusante mais faiblarde, sans grande matière imaginative.

Au Service Secret De Sa Majesté – Peter Hunt

Le pendu et Cecci ont vu : Au Service Secret De Sa Majesté, de Peter Hunt

Dans ce film, on trouve : un beau gars viril, une garce insupportable, une base secrète dans la montagne, une horde de dindes gloussantes, des paysages suisses typisch, une scène prégénérique en nuit américaine plutôt potable, un méchant qui ressemble vraiment trop à l’affreux Dr. Evil (on me souffle que c’est l’inverse…).

En fait, ce James Bond un peu mythique est surtout un peu mauvais. Le film n’a aucun rythme, George Lazenby ne joue pas très bien (et moi je n’aime que Sean Connery, en fait), les gags sont idiots et nombre de passages sont ratés. J’ai bien aimé toutefois le cambriolage du coffre-fort.

Renaissance – Christian Volckman

Le pendu et Cecci ont vu : Renaissance, de Christian Volckman

Dans ce film on trouve : du noir très noir et du blanc très blanc (comme dans Sin City) ; un flic bourru et une belle femme, comme dans Blade Runner ; une vision du futur insolite et grandiose ; de belles idées graphiques ; des journées pluvieuses, une intrigue de science fiction qui traite de grands-thèmes-qui-font-réfléchir et des personnages animés qui jouent et parlent comme dans un film français ™. Ça reste tout à fait regardable et sympathique.

La mort aux trousses – Alfred Hitchcock

Le pendu et Cecci ont vu : La mort aux trousses, d’Alfred Hitchcock

Eva Marie Saint dans La Mort aux trousses

Dans ce film classique, palpitant et drôle on trouve : des gens qui ne mentent pas mais qui exagèrent la vérité, un homme mûr qui s’excuse d’avance face à sa maman de boire du Martini, une femme blonde fatale qu’on aimerait croiser dans un train, une vente aux enchères palpitante, un avion qui saupoudre des récoltes qui n’existent pas, des plans fabuleux, des images du sièges des nations unies qui ressemblent à des peintures de SF des années 50, des paysans qu’on croirait sortis d’un tableau de Hopper, le nez de George Washington en vraiment gros plan, un M. Leonard assez inquiétant, une statue remplie de microfilms dont tout le monde se préoccupe mais dont on se moque.

Je le vois pour la troisième fois et je le reverrai encore volontiers.

Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason dans La Mort aux trousses

Millenium – le film

Le pendu et Cecci ont vu : Millenium, le film de Niels Arden Oplev

Dans ce film, on trouve : une geekette avec un macbook, un journaliste un peu empâté, des vieux nazis, un tueur en série, deux viols, une île suédoise, des malversations maléfiques, une enquête avec des ordinateurs et de vieilles photos.

Bon, j’étais curieux de connaître l’histoire pour savoir si je lirais le livre. Au final, la réponse est non. Le film est par ailleurs plutôt moche et lourdaud et on ne comprend pas comment cette jeune fille tellement rebelle peut-être attirée par un vieux beau tellement vieux beau. Pour un voyage en Suède, j’ai préféré Morse.