Digger – Alejandro Gonzales Inarritu

« Digger » Rockwell est un patron d’entreprise pétrolière qui vit avec sa mère et sa vieille chatte Maggie âgée de 38 ans (!) dans une demeure somptueuse aux décors baroques. Il est à tu et à toi avec le président des Etats-Unis, une sorte de Trump joué par John Goodman (très bon). Au début du film, sa firme, en plus de faire partie des causes du global warming, devint responsable de la plus grande catastrophe environnementale de tous les temps. Méthane, iceberg géant, tsunami, wonderful.

A part ça, Digger est joué par Tom Cruise, qui est très bien.

Le film est une comédie satirique très noire sur la catastrophe environmmentale qui permet de haïr joyeusement tous les connards qu’elle représente. Les décors sont somptueux, la mise en scène très baroque (j’ai lu l’adjectif ailleurs concernant le cinéma d’Inarritu et c’est vrai que ça lui va bien), les acteurs sont super, Tom Cruise included.

Aparté : j’ai toujours une détestation particulière pour Tomtom parce qu’il est scientologue mais il y a plein de films où je l’adore (genre Entretien avec un vampire, Magnolia… et Digger).

Il y a plein de scènes superbes, de personnages bien écrits et bien joués, de décors géniaux, d’idées drôles, c’est dense et c’est souvent beau. Un grand plaisir de cinéma.

Maintenant ce film a un truc particulier que je vais spoiler en-dessous de la photo ci-dessous et dont j’ai quand même envie de parler donc faites gaffe, j’y vais. Ne lisez pas plus loin si vous voulez ménager la surprise.

Donc le film offre le discours et le méta discours. Parce que, en fait, on ne voit pas uniquement cette histoire mais l’histoire de gens qui, 25 ans après la catastrophe, montent une pièce de théâtre racontant l’histoire, et Tom joue non seulement Digger mais l’acteur-qui-joue digger.

Ce truc du discours à deux niveaux est très bien monté, très joli dans sa réalisation, et vise clairement à nous impliquer dans le récit et ses enjeux, jusqu’au mini-twist final (Level 4). Maintenant, ça a deux effets : 1) nous éloigner de l’histoire. 2) nous dire quoi penser et comment réagir vis à vis de tout ça. 3) montrer que le réalisateur est malin (moi aussi, j’annonce deux effets, j’ai écris trois, ha ha ha je vous ai eus).

Moi, ça m’a réellement intéressé. J’ai admiré la manière dont c’était bricolé, mais je suis resté dehors émotionnellement sans doute parce que je n’avais pas envie d’être manipulé (gentiment, mais quand même).

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