Meurtre en la majeur — Morley Torgov

Ce roman policier, publié dans une collection de romans noirs, a un pitch et un cadre tout à fait rigolos. Il se passe à Düsseldorf vers 1850. Le narrateur est un inspecteur de police et pianiste amateur, et il se fait convoquer chez Robert Schumann, qui se plaint d’entendre en permanence une note persistante et demande de l’aide. L’inspecteur accepte de l’aider. On ne sait pas trop pourquoi — peut-être parce que l’épouse de Robert Schumann, Clara, la pianiste virtuose, lui fait une très forte impression.

Le roman est réussi dans sa description du couple Schumann, entre Robert, très instable mentalement, et Clara, dure à la tâche et de caractère pas facile, qui élève leurs six enfants et gagne de l’argent pour la maison. Leur portrait et l’évocation de leur vie, entre concerts, compositions, réceptions et visites de l’accordeur de piano, est souvent émouvante. L’auteur s’en sort également bien pour créer des personnages vivants et plutôt attachants.

Par contre je n’ai jamais vraiment cru à cette Düsselfdorf de 1850. Je ne l’ai jamais vue, jamais sentie, j’avais à chaque fois l’impression d’un décor un peu toc. Enfin, la promesse narrative autour du mystère n’est jamais vraiment tenue. Alors qu’on aurait pu glisser vers un brin de fantastique, le roman n’y va pas. Et le véritable meurtre, assez intéressant, arrive vraiment très tard dans le récit.

Ca reste une lecture amusante sur de mes compositeurs préférés. Merci Antoine pour le cadeau !

Clara, peu après la fin du roman.

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