Altstein

J’ai une idée d’histoire. Aucune idée de ce que ça vaut, ni de sous quelle forme la raconter, mais on en a parlé, Cecci et moi, pendant les vacances. Je la mets ici.

Ca commence comme une intrigue familiale contemporaine. Clara Grünwald (mettons ce nom) est une trentenaire à la vie indécise. Sa grand-mère Ilse vient de mourir, elle avait avec elle une relation riche, un peu difficile. Elle part rejoindre le reste de la famille à Altstein, en Autriche, un beau village, très pittoresque, au bord d’un lac de montagne, dans le centre du pays.

Réunion de famille dans le petit hôtel restaurant que tenait la Oma. Personnages matérialistes/pittoresques, un peu de comédie sociale. Dispute autour d’une disposition testamentaire de la défunte : après quinze années dans la tombe, on sortira ses ossements et son crâne et on installera ce dernier dans l’ossuaire du village, orné de motifs de feuilles de lières, avec son nom Ilse Grünewald, peint sur le front d’os blanchi en lettres gothiques. J’aimerais que ce soit toi, Clara, qui peigne mon nom. Le reste de la famille se moque de cette coutume locale un peu crado mais le notaire, venu de Bad Ischl, indique qu’elle sera respectée.

Une partie des descendants veut garder la maison et maintenir le petit hôtel, une autre partie veut vendre. Altstein est une destination touristique super instagrammable, le village est apparu dans une série TV chinoise hyper populaire, depuis des cars de touristes débarquent en été et repartent au soir.

Scènes de nuit, brumes silencieuses sur le lac, Clara fume ou rêve, assise sur le ponton.

Puis c’est elle qui reprend l’hôtel (scènes familiales ? Elle a peut-être un compagnon, une compagne, un enfant ?). Dans l’hôtel, la femme de chambre la plus expérimentée est d’origine philippine, relation compliquée avec Clara. Elle fait vivre à Clara un chemin initiatique déguisé pour lui permettre de prendre vraiment la direction de l’hôtel.

L’hiver, le carnaval, des scènes mi-ridicules, mi-inquiétantes, avec un personnage du village déguisé en diable avec un masque très étrange. Exotisme mittel Europa. A Pâques, chemin de croix le long d’une série de chapelles où des statues de bois effrayantes, taille humaine, représentent le pauvre Jésus et ses tourmenteurs.

Intrigue politico immobilière autour de la réhabilitation (touristique) des mines de sel situées dans les hauteurs de la montagne. Clara est impliquée là-dedans et décrouvre l’implication d’Ilse dans toutes ces affaires, elle se mêlait de tout. L’intrigue fait venir un.e archéologue venue d’un centre urbain, des personnages locaux folkloriques plus ou moins bizarres et la recherche de la tombe du salzmann, l’homme trouvé intact dans les mines en 1738 et enterré dans le minuscule cimetière de l’église forteresse appuyée au flanc de la montagne. Son crâne a-t-il été placé dans l’ossuaire, comme tous les autres ?

Des objets disparaissent de l’extraordinaire petit musée local consacré à l’âge du fer. Des pendentifs composés de trois roues, de spirales. Un chaudron.

Le passé infuse dans le présent. L’âge du bronze et le grand effondrement de la montagne. Les princes de l’âge celte, les Romains, les temps de fortune du Moyen-âge, les protestants cachés dans la montagne durant la réforme, le grand tunnel creusé du temps des Habsbourgs, les découverts archéologiques.

Clara voit se former un dessin. Quelque chose dort dans la montagne. Sa grand-mère le savait. Certains, certaines, savent encore dans le village. Quelque chose tremble et gronde depuis qu’on cesse d’accumuler des crânes sous la chapelle qui est plus qu’une chapelle. Un verrou, une sécurité.

Le Salzmann apparaît en rêve.

Vers la fin du récit, quand tout devient trouble, des entrepreneurs chinois viennent prendre les mesures du village, ils vont le reproduire à l’identique dans le Huizhou.

Le récit parle du tourisme, de ces lieux qu’on visite en une journée, de la vie d’un village de montagne plus chanceux que les autres, des commerces locaux et du tourisme mondial.

Je ne sais pas trop comment ça se termine. Léo Henry en ferait sans doute quelque chose de très cool s’il n’avait pas déjà traité ce genre de sujet dans son très bon La Panse. Tristan Lhomme en ferait un classique scénario cthulien. Moi, j’en ferai peut-être, un jour, quelque chose. En tous cas, le village de Hallstatt est vraiment extraordinaire. Mais on garderait le nom Altstein pour ne pas embêter ses habitants, qui ont dû en voir passer des gugusses racontant des âneries !

(photos de vacances LLK, à l’exception de l’ossuraire)

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