Le pays du passé – Guéorgui Gospodinov

Je me rends compte que je n’ai pas parlé ici de cette lecture faite il y a quelques mois. Je vais faire une brève, pour m’en souvenir.

Nous avons écouté l’auteur parler lors d’une rencontre littéraire en Suisse. Gospodinov est charmant et roublard, un type intéressant, il parlait bien de son travail d’écriture alors nous avons acheté son pays du passé. L’idée de ce bouquin, un peu fable, un peu SF, est qu’un personnage mystérieux, Gaustine, à la fois ami, double de l’auteur et diable, met en route une idée à la fois évidente et profitable. Pour des personnes âgées riches, atteintes d’Alzheimer ou d’autres maladies de la mémoire, il crée des cliniques où, dans une pièce ou à un étage, on reconstitue par des objets, des papiers peints, des jouraux, l’ambiance de la période passée favorite des hôtes. L’idée est si évidente que je suis surpris qu’elle n’existe pas en vrai, tant la tentation d’une « utopie dans le passé » (pour citer luvan) me paraît évidente – regardez les conflits autour du récit historique présents en France, par exemple.

Et là où le bouquin devient SF, il imagine que ces abris de passé (la traduction anglaise « time shelters » est particulièrement parlante) se répandent, devienent un objet de discussion politique dans les pays européens, voire la tentation pour eux de faire retourner des pays entiers dans certaines décennies du 20ème siècle. Certes, mais lesquelles ?

Le pays du passé est un roman caustique, assez méta, qui se moque des tentations et des nostaligies de la Vieille Europe (qui le mérite bien). Cecci et moi avons beaucoup aimé.

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