Rango — Gore Verbinski

Rango est un caméléon qui se vit acteur dans un terrarium posé à l’arrière d’une voiture qui file sur la route au milieu du désert. La voiture freine un coup de trop, le terrarium s’envole, s’écrase sur le bitume et la petite créature animée et élastique s’écrase à côté. Le petit parasol de son cocktail retombe du ciel, lentement, manque de rejoindre le contenu du verre, rebondit sur le rebord, touche le bitume, s’enflamme. Des voitures passent à toute allure.

Fin du court métrage d’ouverture, absurde, étrange, drôle et un peu flippant.

Ensuite Rango va quitter la ligne de la route, rencontrer un vieux plein de sagesse mystique du désert, puis finir par rejoindre une ville de cow boys peuplée d’animaux où il va déployer son goût de l’imposture (Rango est un caméléon qui passe sans cesse pour un autre mais ne change jamais de couleur)

Ce film essaie de jouer sur plusieurs tableaux en même temps. Animaux anthropomorphes, animations comiques, vannes au premier et deuxième degré, « pour les enfants et leur parents ». Mais derrière il y a aussi un film plus méta qui parle de la perte de soi, de l’identité, de quêtes mystiques bizarres, d’angoisses existentielles. Ce film dans le film est plutôt weird et intéressant. J’ai une hypothèse liée à la présence des humains dans le film : ils sont là sur la route, puis disparaissent après (à l’exception de Clint Eastwood) – mon hypothèse est bien sûr que Rango est mort sur la route et que tout se passe dans sa tête, dans les dernières secondes avant l’anéantissement.

Notre époque nous a offert pas mal de métafilms (Everything everywhereSpiderman into the spiderverse… Tiens, je n’ai parlé d’aucun de ces films ici !). On n’en est pas là avec Rango, mais on louche un peu vers ça et c’est pas mal.

Note encore : le film ne passe pas le test de Bechdel. Johnny Depp joue dedans. Je vous laisse relier ou pas ces deux faits.

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