Itinéraire d’un enfant gâté – Claude Lelouch

J’étais persuadé sans en avoir jamais vus que je n’aimais pas les films de Lelouch. Puis, cet hiver, on a regardé un homme et une femme, et on a eu la curiosité d’en regarder un autre.

Itinéraire a d’abord pour lui un pitch vraiment très improbable. « Alors, tu vois, le héros s’appelle Sam Lion, il a été abandonné dans un manège quand il avait trois ans, a grandi dans un cirque, est devenu balayeur puis patron multimilionaire d’une société qui vend des sanicrottes ». Déjà, WTF.

Et déjà, cet aspect là est cool : on va voir un film qui raconte une histoire, entre le conte de fées, Starmania, un spectacle de cirque et la vibe de la crise et de l’entrepreneuriat des années 80. Et c’est une vraie histoire, avec un univers personnel, très graphique, très visuel et très cinématographique, plein de couleurs et d’idées et, disons le, pas trop trop réaliste, mais on s’en fout.

Ensuite, Lelouch aime le cinéma et il fait du cinéma. Cette histoire de ce vieux type qui a tout connu et tout vécu et qui tente d’échapper à sa propre vie ne peut être qu’une histoire de cinéma. Par les décors, le rythme, l’élan musical, la manière dont ça s’enchaîne et dont ça danse… Cecci et moi étions fatigués le soir où on a commencé à regarder, du genre allez, on regarde une heure, et la suite demain. Moralité, on s’est couchés à minuit, ce qui, dans notre cas, est un acte assez punk.

Alors, oui, c’est exaspérant de voir Belmondo jouer ce personnage autour duquel tout tourne, qui est le centre et le moteur du monde. Mais, en même temps, c’est un peu le propos du film (voir le générique, où les personnages n’apparaissent pas par leur nom, mais par leur relation à Sam) et c’est un propos intéressant, un portrait un peu distancié d’un mec qui se perçoit en centre du monde (=Lelouch ? =Belmondo ?) qui est l’animateur de l’histoire, celui qui dirige tous les personnages (ce ne serait pas un réalisateur ?) . Le film montre les images, le récit, mais ne force pas l’interprétation, et ça s’est bien aussi.

Et Anconina est très bien, en clone et grouillot.

Bon, à part ça, le test de Bechdel ne passe pas. Les personnages féminins ne sont que ça, « des femmes ». La fille de Sam n’est pas publiée grâce à son talent mais grâce à l’entregent de papa et elle ne rêve que de papa. Un cauchemar de relation de parentalité, selon moi, mais d’une certaine manière cette relation malaisante abonde aux discours du film.

Daniel Gélin est un super second rôle, « à la française »

Donc je ne sais pas si j’aime tout là-dedans, mais c’est un film intéressant et surtout, c’est du cinéma. (la veille on avait tenté de regarder une série netflix et le manque de densité narrative associée au manque d’intérêt de l’image nous ont fait décrocher très vite, de bleu, c’était de la soupe et de la soupe pas très dense).

En cherchant des trucs sur le film, je suis tombé sur cet article que je colle là-dessous parce qu’il contient des idées qui m’intéresse et que je suis, en gros, d’accord avec lui. (et ça me permet de tester cette fonction d’insertion de lien de wordpress)

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