Ses cheveux blonds étaient défaits, emmêlés

Ses cheveux blonds étaient défaits, emmêlés, collés par la sueur et la peur à son front, sa longue chemise rouge déchirée la rendait aussi troublante que plus tôt dans le kiosque… Elle était griffée par endroit et la chair de ses poignets portait les marques se ses liens.. Si je me fais enlever par un dragon, viendrez-vous me sauver ?

Voici la cinquième et dernière partie de Mademoiselle Belle, le récit commencé dans ce billet.

Résumé de l’épisode précédent : Jaël est tombé dans le labyrinthe, il est temps de faire face aux monstres…

Ici, la page du recueil aux éditions Mnémos, qui m’ont donné l’aimable autorisation de lire ce texte en ce lieu.

Une page consacrée à Jaël, sur le site de l’auteur.

Image (c) Fragonard

Comme je l’ai déjà dit à Effelle, cette version du texte est très différente de celle publiée aux éditions Mnémos. Le style a été énormément retravaillé, et mériterait d’être travaillé encore. 

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Générique : extrait de Fridj, par Norn. Tous droits réservés.

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Une fenêtre lui révéla le jardin plongé dans la nuit sous la lune encore haute.

Il était dans un des couloirs du palais, longeant les murs, l’esprit brumeux et le pas hésitant. Il avait dû sortir de la salle aux plafonds étoilés, mais impossible de savoir quand ou comment… Une fenêtre lui révéla le jardin plongé dans la nuit sous la lune encore haute. Il avançait en titubant dans un couloir indistinct au milieu d’une aile déserte. Pas de musique, pas de rires ni de conversations, pas même les murmures des alcôves ; il faisait froid.

Voici enfin la quatrième (et avant-dernière) partie de Mademoiselle Belle, le récit commencé dans ce billet.
Résumé de l’épisode précédent : Jaël tente d’oublier dans les distractions, jeux et drogues, le fait d’avoir abandonné Cidalise à son sort. Et il y arrive plutôt bien, d’autant que la compagnie de madame Meriel est bien agréable. Mais après l’ivresse viennent toujours des moments de lucidité…

Ici, la page du recueil aux éditions Mnémos, qui m’ont donné l’aimable autorisation de lire ce texte en ce lieu.

Une page consacrée à Jaël, sur le site de l’auteur.
Image (c) Fragonard

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La cité du soleil – Ugo Bellagamba

La cité du soleil est un récit à la thématique élégante : une jeune femme parcourt la Provence, au printemps, pour retrouver celui que son coeur aime : Paul, chercheur, obsédé par la cité du Soleil, une utopie de Tomasso Campanella, un dominicain du 17ème siècle. La disparition de Paul a ceci d’inquiétant qu’il prétend, au mépris de son travail de thèse en cours, retrouver la fameuse cité utopique, quelque part en Provence.

Avec sa cité disparue et son goût pour l’utopie, ce récit rappelle Nulle part à Liverion, la remarquable nouvelle de Serge Lehman. Le thème du soleil est décliné avec humour et élégance, entre références au grand roi Soleil, aux Cités d’or, etc, et la visite de la Provence est, ma foi, tout à fait agréable, comme chaque fois que j’ai le plaisir de visiter dans un récit des lieux que je connais et que j’aime. Reste que les personnages ne sont pas loin du cliché (notamment cette pauvre Laura), que les dialogues sont carrément didactiques et le récit de quête un peu mou. La progression psychologique de l’héroïne n’est pas tout à fait plausible et je ne comprends pas tellement pourquoi elle parvient à rejoindre son amant.

Un récit intelligent, donc, porté par une narration un peu faible. Une bonne lecture toutefois, que je recommande. Je m’attaque bientôt aux deux autres nouvelles de ce recueil.

Bifrost 58 – nouvelles de SF francophone

De la vraie science-fiction, avec des extraterrestres, des robots et des voyages interstellaires dans ce numéro 58 de Bifrost.

En voici une brève critique :

Trois hourras pour Lady Evangeline, de Jean-Claude Dunyach

Une jeune garce de la meilleure société est envoyée dans une pension privée de l’autre côté de la galaxie, loin de ses parents. Mais la première journée dans l’institution ne va pas du tout ressembler à ce à quoi elle s’attendait… 

Un texte très distrayant, une vraie aventure spatiale, avec un propos somme toute classique sur l’adolescence et l’évolution du corps, mais incarné de manière… originale. On voit dans ce récit combien la science-fiction est un très beau terrain pour prendre les métaphores au pied de la lettre.

Miroirs mutilés, de Claude Ecken

Un couple de la classe moyenne japonaise. Une visite à la vieille maman et un repas familial sous les cerisiers en fleurs. Et le robot chargé d’assister la vieille femme dans sa vie de tous les jours est encore en panne. Heureusement que son gendre (qui travaille pour la firme de robotique) va pouvoir le réparer…

Malgré un certain nombre de contraintes périlleuses, Claude Ecken écrit ici un texte très délicat. Je ne connais pas assez le Japon pour juger de la pertinence du cadre familial et des coutumes qu’il décrit, mais tout sonne juste. Le texte évoque de façon curieuse et intéressante la manière dont la présence de robots peut peser sur les histoires familiales.

Je regrette juste la petite digression explicative lors de la visite dans la firme de robotique qui, si elle n’est pas honteuse, détonne un peu avec la finesse psychologique et narrative du reste du texte.

Rempart, de Laurent Genefort

Une histoire distrayante encore qui la aussi incarne de manière tout à fait radicale un des maux de notre société : la prolifération des étrangers dans les pays industrialisés. Ils se cachent partout, s’installent partout, et certains bons citoyens sympathisent même avec eux…

La narration très énergique et efficace montre tout le métier de l’auteur. Une lecture sympathique même si on n’a pas là un grand texte.

Ces trois nouvelles témoignent de trois auteurs tout à fait matures, au métier solide, qui savent mêler un propos intelligent avec une narration distrayante. J’ai une préférence marquée pour le texte de Claude Ecken, avec sous-entendus sont inquiétants…

Constellations – Daryl et Popcube

Constellations est une BD un peu manga dessinée par Popcube, scénarisée par Daryl. Des adolescents, dans un stade, après une étrange apocalypse. Une vie de débrouille, de petites guerres, de musique, dans une montagne de détritus. Parfois les ombres descendent du ciel et raflent les vivants. Quatre personnages : Efrim, celui qui explore, Daniel, celui qui écrit, Minia, celle qui subit et qui inspire, Fanny, celle qui crée.

On reconnaît dans ces albums la voix unique de David Calvo. Des doutes, des questions, des aphorismes mystérieux et des métaphores incarnées (le stade, les étoiles, les trous, les anoraks, la musique, la lumière) – de la poésie, en fait. On y voit son goût pour les systèmes fermés où toutes les questions importantes peuvent être posées et résolues (comme dans Ak, même si Constellations n’a rien d’humoristique). Si on ne comprend pas tout on se laisse bercer par le mystère et on s’accroche à ces quatre personnages qui vont changer leur monde. L’histoire n’est pas finie à la fin du tome 2 et je ne crois pas qu’elle puisse vraiment bien se terminer. Je suis sûr, simplement, que quelque chose va briller et se manifester, qui donnera à ces prisonniers la lumière d’un ailleurs.

Le dessin de Popcube est faussement simple, malin, expressif.

L’histoire n’est pas facile, troublante comme un mauvais rêve.

Les constellations valent la peine d’être découvertes.

Inception – de Christopher Nolan

Après l’exposition Hopper, nous avons cédé à la mode du moment.

J’ai été séduit par le propose de ce méta-film-d’action : jouons à construire des labyrinthes, des labyrinthes dans les labyrinthes. Ralentissons le temps, suspendons les corps, et que les chutes durent des éternités, le tout jusqu’au vertige. A défaut de personnages sévèrement construits, on a des acteurs sympathiques et aimables à suivre dans tout ce kaléidoscope bruyant.

Cecci a eu du mal à accrocher, rebutée par la lourdeur du mélange, de la musique et de la psychologie des personnages. La présentation des relations père-fils dans le cinéma hollywoodien est pleine de clichés affligeants.

Le tout est filmé avec une certaine élégance et se laisse bien regarder par un bel après-midi d’été.

P.S. : j’avoue avoir été amusé par le rapprochement entre ce film et cet article de Rafik Djoumi, lu sur le site de l’excellent @rret sur images (abonnez-vous!).

Exposition Hopper à l’Hermitage

Hier dimanche était une belle journée pour nous rendre à l’Hermitage voir l’exposition Hopper.

Je dois à Alain Korkos d’avoir appris à regarder les tableaux de ce peintre. Ses images dégagent tout de suite une impression de familiarité : on est dans un univers codifié, celui des Etats-Unis de l’entre deux guerres, les Etats-Unis universels. A partir d’une peinture faussement réaliste, Hopper nous présente des situations simplifiées, tendant vers l’universel. Il fait rejaillir l’infinie étrangeté du réel et c’est en ça qu’il me touche.

Très belle, l’exposition comprend notamment les moments suivants :

– une salle consacrée à la période parisienne de Hopper, dont le fameux soir bleu, mais aussi de très belles représentations des quais de Seine.

– plusieurs présentations des illustrations et des eaux-fortes qui lui permirent de gagner sa vie au début de sa carrière.

– une salle consacrée à des images « érotiques », dont le très frappant Girlie Show, avec sa strip-teaseuse sur fond noir portant un visage comme un masque. 

– une salle consacrées à ses aquarelles. Nous avons beaucoup aimé ses marines (avec chalutiers rouillés) et un curieux petit tableau représentant des automobiles en haut des rochers. (impossible d’en trouver une image sur le net…)

– une salle présentant quelques tableaux fameux (Blackwell’s Island, Morning Sun) accompagnés des dessins préparatoires : études de composition, choix des couleurs etc.

– et un bien sûr quelques compositions magnifiques (The Sheridan Theater, Pennsylvania Coal Town, Second Story Sunlighyt, a woman in the sun….)

Nous avons aimé les paysages new-yorkais simplifiés jusqu’à en extraire l’essence, cette mélancolie qui est aussi la possibilité d’un retour sur soi, loin des douleurs de la vie. La peinture de Hopper est baignée par la lumière d’un été éternel, qui caresse les murs des maisons, donne sa chaleur aux hommes et les aide à relever la tête.

The Lies of Locke Lamora – Scott Lynch

Parlons un peu de mes lectures de plage.

Surmontant mes préjugés envers la fantasy de supermarché (culturel), je suis parti en vacances avec deux livres que leur réputation avait amené dans ma pile à lire. Le premier d’entre eux, The Lies of Locke Lamora, fera l’objet de cette note. Tout comme les corbeaux de-chez-Smith-d’en-face, j’avais été séduit par le thème, la jolie couverture de Benjamin Carré (l’édition américaine dont je dispose est par contre proprement hideuse) et la description enthousiaste qu’en faisait l’éditeur. Je ne le cache pas, j’aime bien les histoires de voleurs. En fait, non : j’aime Lankhmar et les aventures de Fafhrd et du Souricier Gris.

Dans The Lies…, on suit les aventures d’une bande d’audacieux gaillards, les Gentlemen Bastards, menés par Locke Lamora, petit type aux talents de déguisement proprement déments, Jean Tannen, costaud amateur de hachettes et de littérature, les frères Sanza, tricheurs aux cartes et Bug, apprenti de la bande. Ces joyeux lurons amateurs de bonne chère déambulent dans la cité-Etat de Camorr, qui doit ses canaux à Venise, son nom et ses moeurs à Naples (j’imagine que l’assonance Camorr / Camorra n’est pas fortuite).

Le début du livre est très prometteur : par le jeu d’une narration très amusante, on apprend la petite enfance du jeune Locke, ses très grosses bêtises, son incroyable astuce, dans un échange de discussions plein d’humour avec Father Chains, le maître et initiateur de notre héros. J’ai beaucoup apprécié. Et j’ai lu le livre avec un grand plaisir jusqu’à la page 100 environ (comme tout bon pavé, il fait un peu plus de 600 pages). Les cinq cents pages suivantes m’ont fait : bailler d’ennui, trépigner d’agacement, crier contre des héros et des méchants aussi bêtes, et, au final, réfléchir sur ce sujet : pourquoi les joueurs et maîtres de jeu de jeu de rôle ne devraient pas (jamais) écrire de roman. (attention, petits spoilers)

  • Ils n’ont jamais peur du cliché : pourquoi un bon scénario de jeu de rôle fait-il en général un piètre roman ? Parce que dans un scénario, les joueurs pardonneront tous les clichés, toutes les situations vues mille fois, parce que ce sont eux les héros, parce ce que c’est leur aventure. Dans The Lies… on a : une histoire de vengeance-parce-que-tou-as-toué-mon-père-tou-va-mourire (avec la voix d’Inigo Montoya), un Mystérieux Chef des Services Secrets du Vatican, un Vieux Maître Bourru Mais Plein de Sagesse, un Grand Méchant Méchant (la tenue, et la manière de parler, et tout), une bombe qui menace le président des Etats-Unis (si, si, là je me suis tapé la tête sur le mur pour y croire, les lecteurs comprendront). Les personnages secondaires sont quasiment tous ratés, ils sont là pour remplir des rôles mais ils n’ont aucune épaisseur humaine. Pas trop grave, ce sont des PNJs.
  • Ils ont le syndrome du gros bill : je ne pense pas tellement à Locke et ses copains, qui sont très forts mais bon, on ne va pas leur reprocher, mais plutôt au Mago 27, vous savez, celui de Mongol et Gotha (pas trouvé de référence sur le web pour ce merveilleux strip…). Et bien oui, il est là, il vole, il lit dans les pensées, il fait se tordre les gens dans d’atroces souffrances et il a un look issu d’un comic book de super-héros). Il ne fait pas peur, non plus. J’ajoute à ça l’effet Dragon Ball de l’histoire : le super-chef-de-la-pègre est bluffé par les super-super-voleurs-de-la-mort, qui affrontent les super-super-super-services-secrets qu’ils sont tous trop forts, tous coiffés au poteau par le super-super-super (etc) méchant et le mago 27.
  • Ils adorent rédiger des suppléments de background : Camorr est un décor assez réussi : l’Elderglass, les ponts, la profusion des populations, les docks, les cinq grandes tours, le Echo Hole, la Floating Grave où siège le roi des voleurs… J’ai malheureusement eu très souvent l’impression de lire : Camorr, the campaign setting. Les fréquentes interruptions de récit pour me présenter le pourquoi de ceci ou cela, la vérité sur tel ou tel décor… sont contraires à tout sens du bon goût. Ca intéressera, voire ça passionnera le MJ mais ça n’intéresse pas le lecteur qui aimerait lire un roman. Par ailleurs, Lynch a une conception toute rôliste de la religion. Donc son polythéisme ressemble à l’habituel ramassis de cliché de tout monde de JdR et n’offre aucun intérêt et n’a aucune crédibilité.
  • Ils ont l’esprit de système : et ça, c’est affreux. Dans ce roman, tout effet a une cause, tout ressort psychologique s’explique, toute scène a un précédent. Si Locke se comporte comme il le fait, c’est parce que, et parce que… et si Jean est bon à la bagarre, c’est parce que et parce que. Et si Father Chains (bon perso, bien gâché) enseigne comme il le fait, c’est parce que et parce que.

Je ne met pas dans cette liste les incohérences débiles du récit : Locke est un super concepteur de plans géniaux et le méchant passe son temps à le surprendre, il n’est pas capable d’essayer de devenir ce qu’il va faire (moi, je l’avais fait). Barsavi est un super parrain de la pègre très balaise et il n’est pas capable de comprendre comment on massacre ses hommes (il ne pense pas loin, le pauvre type). The Spider est un super chef des services secrets, qui n’a pas un seul garde du corps pour veiller sur lui. (méga spoiler ici : les Bondsmages sont tellement balaises qu’ils n’ont jamais envisagé que quelqu’un puisse vouloir estropier l’un des leurs). Je ne parle même pas des Gentlemen Bastards capables d’accumuler une somme folle en or pendant des années sans avoir aucune idée de ce qu’ils peuvent en faire.  Et des magiciens capables d’abattre des empires mais qui demandent de l’or pour leurs faux-frais. Aberrant.

Et tout ça est bien dommage parce que le récit comprend quelques (très) bons moments : l’arnaque au Floating Market pendant que des prisonniers se font déchiqueter par des requins, l’assaut des Midnighters sur la maison du Don (j’ai bien aimé l’effet « envers du décor ») et la longue scène où Locke, désespéré, doit se procurer des vêtements. J’aurais bien aimé aimer ce livre, mais il a bien trop de défauts pour moi.

Si vous avez aimé ce bouquin, n’hésitez pas à me dire que je ne sais pas lire, c’est sans doute le cas. Et je suis bien conscient que les remarques ci-dessus ne sont pas valables si on se dit qu’un livre comme The Lies… vise surtout à distraire, à s’amuser, à « ne pas se prendre la tête ». Mais si c’est là son seul but, il ne m’intéresse pas.

PS : je n’avais pas vu le commentaire de Munin en rédigeant ce post. Il remplacerait avantageusement mon billet. (le tout dernier du billet, à l’heure où j’écris)

Let the right one in

Un grand merci à Hugin & Munin de chez Smith d’en face pour ce conseil.

Je ne dirai pas grand chose, leur billet est très bien. Je suis d’accord avec eux, c’est sans doute un des meilleurs films de vampire qui soient, qui arrive à retrouver ce qu’il y a de plus fort dans ce sujet.

Certes, il y a une banlieue un peu moche, des gros Suédois qui boivent de la bière et des histoires familiales pas marrantes, mais il y a aussi le beau rêve d’un gosse qui se fait une amie extraordinaire.

L’histoire est très délicate, pleine de non-dits et de belles situations. Et une forme de grâce, si, si.

L’appel de Cthlhu – le film

Une brève pour dire que nous avons enfin eu l’occasion de regarder le moyen métrage basé sur la nouvelle l’Appel de Cthulhu.

J’avais le texte de la nouvelle relativement présent à l’esprit puisque je l’ai relue il n’y a pas longtemps. Le film en est une adaptation fidèle, suivant les récits gigognes qu’elle contient et essayant de reproduire le sentiment de découverte progressive de l’horreur.

Le plus intéressant dans cette adaptation, c’est d’avoir tenté de faire une version « années 20 » : le film est muet, dans un joli noir et blanc. Les acteurs, sur-maquillés, joue de façon expressionniste et les décors de R’lyeh sont faits dans le style torturé des expressionnistes allemands. La musique symphonique accompagnant le film est tout à fait réussie, le montage du récit aussi et les astuces de la narration masquent la (relative) faiblesse des moyens engagés. J’ai par exemple beaucoup aimé l’animation image par image de la créature, à la façon de King Kong, ou bien la disparition des pauvres marins dans des angles non-euclidiens… Bref, on a là 45 minutes de film tout à fait distrayantes et intéressantes surtout pour ceux qui, comme moi, sont des admirateurs de la formidable nouvelle de Lovecraft [1].

N’est pas mort qui à jamais dort et qui au long des ères peut mourir même la mort

Voir ici : http://www.cthulhulives.org/cocmovie/

[1] lire la nouvelle en tant qu’auteur m’a beaucoup apporté. La narration distanciée, à travers toute une série de documents, est remarquablement menée et très habile. L’écriture est excellente, et l’effet d’ensemble tout à fait saisissant. J’adore.